Modifier la localisation Ancienne abbaye de Moissac à Moissac

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Monument Historique Ancienne abbaye de Moissac situé à Moissac

Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
82200 Moissac - France

Code Insee de la commune : 82112
Tarn et Garonne [82] - Montauban - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
8 Place Roger Delthil 82200 Moissac

Eléments protégés :
Tour de l'ancien logis abbatial avec sa crypte et les peintures qui la décorent : classement par arrêté du 4 décembre 1923 - Chapelle Saint-Ferréol : classement par arrêté du 21 janvier 1930 - Bâtiment attenant à la tour de l'ancien logis abbatial et comprenant l'escalier donnant accès aux étages de la tour : classement par arrêté du 12 février 1942 - Salle des Morts et château d'eau souterrain du XIIe siècle, 2 boulevard Léon-Cladel : inscription par arrêté du 5 octobre 1946 - Bâtiments de l'ancienne abbaye se trouvant à l'est du cloître entre l'église abbatiale et la chapelle Saint-Ferréal ; bâtiments qui abritent la sacristie, la chapelle du Tiers-Ordre et la chapelle Sainte-Marthe (cad. DK 91) : classement par arrêté du 26 octobre 1960 - Ancien séminaire, 2 et 2bis, boulevard Léon-Cladel, y compris les parties médiévales de l'ancienne abbaye avec leur emprise au sol (cad. DK 918, 919) : classement par arrêté du 21 avril 1998

Historique :
Abbaye fondée au milieu du VIIe siècle. Après son affiliation à Cluny en 1047, l'abbaye est consacrée en 1063. Cloître construit à la fin du XIe siècle (maître-autel consacré par Urbain II) , portail terminé entre 1115 et 1135, fortifications et arcades du cloître au XIIIe siècle. Après les troubles de la guerre de Cent Ans et les saccages dus aux guerres de religion, l'abbaye passe en commende au XVIIe siècle. Après la Révolution, l'abbaye est rachetée comme bien national et sauvée par le secrétaire de la mairie. L'église est rendue au culte en 1801 et sera restaurée à l'initiative de Viollet-le-Duc en 1847. En 1856, les bâtiments conventuels situés à l'emplacement du séminaire sont détruits et lotis pour la vente. Le rachat des lots permettra la construction du petit séminaire et d'une chapelle entre 1860 et 1865. Le séminaire est bâti sur des vestiges médiévaux de l'abbaye, en particulier la citerne et la salle des Morts, qui conserve un décor peint du XIVe siècle.
L'abbaye de Moissac a peut-être été fondée dans le 2e quart du VIIe siècle, sous l'épiscopat de l'évêque de Cahors Didier (630-655). Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, lui accorde sa protection en 781, puis devenu empereur en 814, le privilège de l'immunité. Moissac n'est probablement pas épargné par les raids des Normands qui remontent la Garonne jusqu'à Toulouse en 844, peut-être à nouveau dans les années 850 puis en 863-864. Les murs des bâtiments qui entourent le cloître conservent des pans de maçonnerie et des éléments sculptés en remploi datables du haut Moyen Age et les fouilles de 1962-1963 ont mis au jour dans le choeur de l'église la base d'un autel du VIIIe ou du IXe siècle. L'abbaye est rattachée à Cluny en 1048 et Moissac devient alors un relais majeur de l'expansion de l'Ordre en direction de l'Espagne. Le premier abbé clunisien Durand de Bredons devient évêque de Toulouse en 1059, cumulant les deux fonctions jusqu'à sa mort en 1071. Le renouveau spirituel et matériel de l'abbaye se traduit en particulier par la reconstruction de l'église dont une inscription encastrée dans le mur de l'abside actuelle rappelle la consécration en 1063, en présence de l'archevêque et de sept évêques, celui de Cahors ayant cependant été écarté pour des raisons de préséance. Le logis abbatial conserve une chapelle du XIe siècle. Le long abbatiat d'Ansquitil correspond à l'apogée de la puissance et du rayonnement de l'abbaye. Ansquitil fait reconstruire le cloître, orné de chapiteaux historiés, qui est achevé en 1100. Vers 1110, il lance la construction de la tour-porche, poursuivie par son successeur, l'abbé Roger, et achevée peu après la mort de celui-ci en 1135 ; le grand portail et son tympan doivent être datés des années 1115-1130. La reconstruction de l'église est peut-être entreprise au milieu du XIIe siècle, mais le chantier s'essouffle rapidement et la deuxième travée ne semble pas antérieure à la 2e moitié du siècle ; les coupoles projetées ne sont probablement pas construites et l'on conserve le chevet de l'édifice consacré en 1063. L'abbé Bertrand de Montaigut fortifie l'abbaye et restaure le cloître et les bâtiments conventuels entre 1260 et 1295. Dès le milieu du XVe siècle, l'abbé Aymeric de Roquemaurel (1431-1449) entreprend la reconstruction de l'église abbatiale qui ne sera achevée que par ses successeurs Pierre (1449-1485) et Antoine de Carmaing (1485-1501) dont les armes timbrent les clefs de voûte des travées occidentales. La clôture de choeur de style Renaissance a sans doute été réalisée vers 1520. Séparée de Cluny depuis 1466, l'abbaye est sécularisée en 1626. Le logis abbatial est partiellement reconstruit au XVIIe siècle. Excepté l'église devenue église paroissiale, les bâtiments sont vendus pendant la Révolution comme Biens nationaux ou sont affectés à d'autres usages : une partie des bâtiments claustraux est ainsi aménagée pour le tribunal entre 1818 et 1850. Le séminaire aujourd'hui désaffecté est construit dans la 1ère moitié du XIXe siècle sur l'emplacement de l'enceinte nord et de bâtiments conventuels ; une chapelle lui est ajoutée après 1865. Le réfectoire est détruit après 1856, lors de la construction de la voie ferrée qui épargne de justesse le cloître, pourtant inscrit sur la liste de la commission des Monuments historiques dès 1838 et alors que l'architecte Questel engage sa restauration sous la responsabilité de l'Etat. La tour-porche est restaurée dans les années 1850 par Eugène Viollet-le-Duc, architecte des Monuments historiques, dont les correspondants sur place sont Le Brun puis Théodore olivier, architectes diocésains.

Périodes de construction :
4e quart XIe siècle, XIIe siècle, XIIIe siècle, 3e quart XIXe siècle

Propriété de l'Etat ; propriété de la commune