Chargement de la carte...
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Visualiser sur Google Maps et Street View
Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
80090 Amiens - France
Code Insee de la commune : 80021
Somme [80] - Amiens - Picardie (Hauts-de-France)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
30 Place Notre - Dame 80000 Amiens
Eléments protégés :
La cathédrale : classement par liste de 1862
Description :
L´édifice orienté est implanté sur un terreplein dominant la vallée de la Somme. Construit en calcaire, appareillé en pierres de taille, et couvert d´ardoises, il présente un plan en croix latine à transept peu saillant et un chevet à chapelles rayonnantes. Aux clochers du massif occidental à deux tours s´ajoute une flèche en charpente, à la croisée du transept, culminant à 112, 70 m.On accède à l´édifice par les trois portails principaux du massif occidental, par les deux portails des transepts et par un portail situé à l´extrémité sud-ouest de la nef. Six escaliers en vis sont disposés symétriquement au nord et au sud du massif occidental, du transept et des chapelles du choeur, où se situent également deux accès secondaires à l´ancienne chapelle des catéchismes (nord), au cloître, à la sacristie et à la chapelle dite des Macchabées (sud). Les façades extérieures comportent un abondant décor figuré et sculpté :Sur la façade principale : le portail central, dédié au Sauveur (statue du trumeau central, dite Beau Dieu), présente des scènes du Jugement Dernier (bas-reliefs), les apôtres et quatre prophètes (statues), les Vices et les Vertus (quadrilobes) ; le portail sud, dédié à la Vierge, présente des scènes de la vie de la Vierge ; sur le portail nord, dédié à saint Firmin, sont représentées l´invention du corps de saint Firmin et sa translation solennelle dans la ville d´Amiens.Le pilier de l´angle nord-ouest de la tour nord est orné de statues représentant le roi Charles V, le dauphin Charles (futur Charles VI), Louis d´Orléans, le chambellan de la Rivière et le cardinal de la Grange.Le portail du transept Nord est orné d´une statue de saint Honoré, celui du transept sud, d´un groupe sculpté de Vierge à l´Enfant, dite Vierge Dorée, et de scènes de la vie de saint Honoré.Enfin, le portail sud de la nef est orné d´une statue de saint Christophe.A l´intérieur, la cathédrale comprend une nef, un choeur et un transept à double collatéraux ; elle présente des élévations intérieures à 3 niveaux et des voûtes d´ogives quadripartites, à l´exception de la croisée et de certaines chapelles. A l´est du choeur, le déambulatoire dessert sept chapelles rayonnantes, avec une chapelle axiale à deux travées. Le choeur, de 4 travées, est délimité par une clôture en maçonnerie et par des grilles ouvragées. La croisée du transept est couverte d´une voûte à liernes et tiercerons. La largeur du transept à double collatéraux est de 70 m. La nef à double collatéraux compte 7 travées et 11 chapelles (6 au nord et 5 au sud) séparées par les contrebutements internes. Le vaisseau central de la nef, large de 14, 60 m, présente une hauteur sous voûte de 42, 30 m.
Historique :
L'édifice est bâti au début du XIIIe siècle pour contenir la relique du chef de Saint-Jean-Baptiste. Les architectes Robert de Luzarches, Thomas et Regnault de Cormont, se succèdent au cours des travaux qui s'étendent de 1220 à 1270, bâtissant la plus grande cathédrale du Moyen-Age.
"Bien que le culte chrétien soit attesté à Amiens dans la première moitié du IVe siècle, la première mention d´une cathédrale n´apparaît qu´en 850, date d´un document décrivant une cathédrale double, dédiée à la Vierge et à saint Firmin. Cette charte, relative à une donation aux "sacro-saintes basiliques de Sainte-Marie et de Saint-Firmin", signale la présence d'un groupe épiscopal à deux sanctuaires, qui comporte également un baptistère, dédié à Saint-Jean (R. Hubscher). Cet édifice, implanté à l´emplacement de l´actuelle cathédrale, se trouvait donc en bordure de la chaussée romaine, dans l´angle nord-est du castrum, hypothèse confirmée par la présence de sépultures des VIe et VIIe siècles. Elle fut reconstruite plusieurs fois, pour la rétablir (après l´incendie de 1019) ou pour l´agrandir au début du XIIe siècle, à l´initiative de l´évêque saint Geoffroy. A nouveau très endommagée dans l´incendie de la ville en 1137, elle est reconstruite et consacrée par l´archevêque de Reims, en 1152.Le commencement de la construction de l´édifice actuel est traditionnellement daté par une inscription du labyrinthe, transcrite au XIVe siècle. Les travaux débutent en 1220 sous la direction des maîtres maçons Robert de Luzarches, Thomas de Cormont et son fils Renaud, sous l´épiscopat d´Evrard de Fouilloy. Les plates-tombes exceptionnelles d´Evrard de Fouilloy et Geffroy d´Eu, conservées au bas de la nef, témoignent de l´hommage rendu à ses fondateurs.Cet ambitieux projet répondait vraisemblablement à trois principaux motifs. Tout d´abord, l´essor démographique et la forte croissance urbaine, dont témoigne la construction d´une nouvelle enceinte, qui a entraîné également la restructuration du quartier cathédral liée à la sécularisation du chapitre qui débute à la fin du XIe siècle. Ensuite, la translation solennelle des reliques en 1206 et le développement du pèlerinage, qui contribue à l´accroissement des ressources du chapitre. Enfin, l´incendie de 1218 offre l´opportunité d´une reconstruction, comme c´est également le cas à Rouen.La chronologie de la construction, débutée par la nef, en raison de l´indisponibilité des terrains alentours à cette date (l´hôtel-Dieu sera transféré dans la ville Basse en 1236), s´appuie sur quelques repères : En 1247, l´évêque Arnould de la Pierre est inhumé dans le chœur, en 1258 un incendie endommage les chapelles rayonnantes, en 1269, la pose de la verrière de la baie axiale atteste l´achèvement du triforium et des fenêtres hautes du chœur. Le voûtement de la nef et du chœur est réalisé de 1285 à 1300, enfin le labyrinthe est posé en 1288. Les chapelles latérales de la nef, financées par plusieurs maîtres d´ouvrage, sont construites de 1292 à 1375. Le couronnement des tours de façade est achevé à autour de 1400, dans le style flamboyant. Le clocher de croisée, détruit par la foudre en 1528, est remplacé par une flèche en charpente (1529-1533) par les charpentiers Louis Cardon et Simon Taveau, sous la direction de Jean Bullant, frère du célèbre architecte de Chantilly.Des restaurations importantes ont lieu au XVIIIe siècle, accompagnées de profondes modifications de l´aménagement intérieur, et au XIXe siècle, sous la direction des architectes des monuments historiques, Auguste Cheussey (1820-1847), Viollet-le-Duc (1849-1873) et Georges Lisch (1873-1910). Ces chantiers constituent une référence particulièrement importante pour les architectes et les sculpteurs amiénois (les Duthoit et les Delefortrie) et jouent un rôle majeur dans la diffusion du style néogothique en Picardie, et plus particulièrement dans la Somme."
Périodes de construction :
XIIIe siècle
Architecte ou maître d'oeuvre :
Luzarches Robert de (architecte), Cormont Thomas de (architecte), Cormont Regnault de (architecte)
Propriété de l'État