Modifier la localisation Feu solaire du cap Cerbère ; feu de jalonnement solaire à Cerbère

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Label Architecture Contemporaine RemarquableLabel Architecture Contemporaine Remarquable

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
RD 914
66290 Cerbère - France

Code Insee de la commune : 66048
Pyrénées Orientales [66] - Perpignan - Languedoc Roussillon (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
Cerbère

Description :
Pour le feu de jalonnement solaire de Cerbère, l'intégration au site est réalisée par la "peau", faite de murs de pierres de schiste, d'une conception très sculpturale. Le fût principal est un grand tube de métal cannelé, orienté au sud-ouest, qui supporte en haut les panneaux photovoltaïques qui l'alimentent. Il est posé sur un socle en pierre et enveloppé par une demi-coque en pierre aux assises régulières qui s'évase à la base de la tour. A l'arrière, deux autres "ailes", en schiste également, soutiennent l'ensemble. Elles sont détachées et deux petites agrafes de béton les relient à l'enveloppe. En vue aérienne, ces quatre pointes évasées ancrent le feu dans le sol rocheux. L'ensemble évite cependant l'effet "statique" des phares par sa forme élancée et évidée. La mise en valeur du feu répond à l'aménagement des abords ; le promontoire est accessible et sert de lieu de détente pour les visiteurs. Le feu mesure 10 mètres de haut.

Historique :
La construction de ce feu a été rendue nécessaire par la suppression du vieux feu sur le port de Cerbère. Le site des très hautes falaises du Cap Cerbère a été choisi, mais il était exclu d'apporter une alimentation électrique par ligne aérienne, pour ne pas dénaturer le paysage. L'équipement des zones isolées est souvent ralenti par le manque de sources énergétiques pures et autonomes. La conversion photovoltaïque de l'énergie solaire permet de résoudre ce problème dans de nombreux cas, en particulier pour les faibles énergies, comme dans le cas de systèmes d'alimentation de feux de jalonnement. La consommation d'énergie a lieu en site isolé, elle est faible ou très faible et la sécurité doit être totale. Pour cela, les générateurs photovoltaïques sont parfaitement adaptés. Ils fournissent de l'électricité régulièrement sans rien consommer et pratiquement sans entretien. Les modules photovoltaïques sont des dispositifs entièrement statiques transformant directement la lumière du soleil en électricité. Grâce à la seule utilisation de l'énergie solaire, ils sont totalement autonomes, silencieux et non polluants. Cependant, les aléas climatiques imposent l'utilisation d'un stockage "tampon" entre les modules solaires et l'utilisateur, afin de fournir l'électricité avec suffisamment de régularité. Leurs applications sont extrêmement nombreuses et ils se valorisent d'autant mieux si on les installe dans des zones isolées ou difficiles d'accès. En France, la question de l'énergie solaire a longtemps été traitée par les chercheurs et le CNRS ; en 1958, ils mettent au point le four solaire d'Odeillo. Les premières applications en architecture sont le fait de Jacques Michel, un architecte, avec Félix Trombe, directeur du laboratoire d'énergie solaire du CNRS. Il s'agit de l'appliquer à l'habitat domestiques, petits immeubles ou maisons individuelles. Quelques maisons prototypes sont construites, et le procédé Michel-Trombe breveté en 1971. La question du solaire se vulgarise grâce au mouvement écologiste. A la suite de la première crise pétrolière de 1973, la question devient politique. En 1975, l'Etat forme un Comité de l'énergie solaire au sein de la délégation aux énergies nouvelles (DEN) et distribue des crédits à la recherche. Les architectes Jacques Michel et Georges Alexandroff continueront d'expérimenter l'architecture solaire, par exemple. Mais malgré le militantisme de ces architectes, les contre-performances des matériels leur porte tort. Et les années 1980 voient EDF favoriser le tout électrique, grâce au lobby nucléaire et avec la participation de l'Agence française de la maîtrise de l'énergie. Dans les années 1980, de nombreuses constructions solaires, villas bioclimatiques montrent cependant l'intérêt constant des architectes dans ce domaine. Le feu solaire de Cerbère participe donc à ces expériences d'intégration du solaire, ici pour un équipement public. C'est un projet soutenu par le département des Pyrénées-Orientales qui construit alors la centrale solaire de Thémis. Le fût central de ce feu a été étudié pour être exporté dans tous les points du globe. Le feu solaire de Cerbère est l'ultime phare français avant la frontière avec l'Espagne. Son fût, jaune à l'origine, a été repeint en blanc.

Architecte ou maître d'oeuvre :
Guerra Lucien (architecte)

Datation de l'édifice :
1982

Année d'obtention du label Architecture Contemporaine Remarquable :
2025