Modifier la localisation Maison Pitre à Saint-Jean-de-Monts

  Cherchez à partir de l'adresse et déplacez le marqueur sur la carte pour désigner précisément le bâtiment.

Chargement de la carte...

Annuler

  Visualiser sur Google Maps et Street View

Label Architecture Contemporaine RemarquableLabel Architecture Contemporaine Remarquable

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
93 avenue de la Mer
85160 Saint-Jean-de-Monts - France

Code Insee de la commune : 85234
Vendée [85] - La Roche sur Yon - Pays de la Loire

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
93 Avenue de la mer 85160 Saint-Jean-de-Monts

Description :
Bâtie en retrait de la rue, la maison n’est pas visible depuis l’espace public, cachée derrière une végétation dense. Le remarquable portail et la clôture en rusticage de ciment et toit de chaume installés par Georges Pitre dans les années 1910 ne laissent en rien présager de l’architecture de la maison. Élevée sur un niveau unique, la maison est constituée de deux ailes perpendiculaires disposées en L. Jean Bossu emploie des matériaux traditionnels pour la structure : une maçonnerie de moellons, enduite à la chaux, une charpente en bois et une couverture en tuiles. Ce choix s’explique par la pénurie de matériaux au sortir de la guerre, notamment du ciment, mais surtout par le goût de Bossu pour l’architecture vernaculaire. Il concilie cependant cette construction traditionnelle avec la mise en œuvre d’un claustra de béton armé sur la façade principale dont l’écriture évoque sa fascination pour l’architecture d’Afrique du Nord : le châssis fixe en béton, disposé à l’oblique, présente un quadrillage régulier et étroit dans la longueur, divisé en trois dans la hauteur. Ce séquençage est interrompu par deux baies droites à double battant en menuiserie bois. Contrairement au reste de la maison, couverte par des toitures mono-pentes en tuiles, l’avant-corps en béton de la façade recevant ce claustra était originellement couvert par un toit-terrasse. La porte d’entrée est dotée d’un encadrement saillant et d’un auvent droit en béton. Les autres façades sont au contraire d’une grande simplicité, percées de nombreuses baies à double battant et aux menuiseries en bois. Sur la façade nord-est, un silo à charbon rompt également la stricte géométrie de la maison grâce à son ressaut courbe. Afin de répondre à la commande Robert Pitre, les architectes conçoivent deux ailes distinctes. La première aile comprend le salon-bibliothèque lumineux et la salle à manger donnant sur la forêt, séparés par une cheminée. Ces pièces sont unifiées par un revêtement de sol en carreaux de terre cuite de Marseille mais présentent une structure radicalement différente : des poutres en béton armé prolongeant la trame du claustra au niveau du salon, un mur en moellons apparents et une charpente en bois datée de 1820 provenant d’une bourrine vendéenne dans la salle à manger. La transition entre ces structures s’effectue au niveau de la cheminée en béton, qui reçoit la poutre maîtresse, formant un élément sculptural au centre de la pièce. Cette aile comprend également une grande cuisine desservie par un large couloir se prolongeant à la perpendiculaire dans la seconde aile abritant la « zone de silence », c’est-à-dire les trois chambres, orientées au sud-ouest. Chacune des chambres est dotée de sa salle d’eau et d’une cheminée en béton au profil oblique. La chambre parentale comprend également un petit boudoir. Un soin particulier est apporté aux éléments de second œuvre et aux revêtements. Ainsi, les carreaux en terre cuite au sol sont agencés selon diverses combinaisons géométriques, et les carreaux glaçurés des cheminées reçoivent un décor abstrait coloré, dont la composition est confiée à Henry Simon ou Paul Dordet selon les sources.

Historique :
Lors de la crue de la Seine en 1910, Georges Pitre, propriétaire des chantiers navals de Maisons-Laffitte, quitte la région parisienne pour se réfugier à Saint-Jean-de-Monts. Il y achète rapidement un terrain situé sur l’avenue de la Mer. Pitre fait construire une modeste maison afin d’accueillir sa famille, ainsi qu’une clôture, un portail et un poulailler en rusticage. À la mort de leur père en 1937, ses fils Pierre et Robert Pitre héritent de la maison. En 1944, Robert Pitre commande aux architectes Jean Bossu et Jean Debarre la construction d’une nouvelle maison sur le terrain familial. À partir de 1942, Jean Bossu et Jean Debarre s’installent à Saint-Jean-de-Monts dans le cadre du chantier EAR 1425 consacré à l’architecture rurale. Cette mission permet à Bossu d’échapper au STO et de poursuivre ses recherches sur l’architecture vernaculaire vendéenne, dont il publie les premiers résultats en 1943 dans Techniques & Architecture. Vers 1943, associé à Jean Debarre, Bossu cherche à développer une agence parisienne et obtient à Saint-Jean-de-Monts ses premières commandes, notamment la maison Pitre, le projet de l’hôtel Guériteau (non réalisé) et la maison Tartrou (1946-1949, détruite). Peu d’archives ont subsisté concernant ses premiers projets vendéens, cependant les décomptes d’honoraires permettent d’affirmer que le projet a démarré dès 1944 et les travaux dès 1945. Les premiers plans datés de la maison Pitre sont des rectificatifs de janvier 1946, abandonnant la construction d’une annexe dédiée au personnel et augmentant l’aile sud-est d’une chambre de bonne. Une autorisation préalable est demandée par Jean Debarre et Robert Pitre le 15 octobre 1946 avant le dépôt du permis de construire le 1er novembre, bien que les travaux aient déjà démarré. Il s’agit alors encore des premiers pas de cette formalité administrative instituée en 1943, confirmée par ordonnance en 1945 mais dont le décret d’application n’est paru qu’en août 1946. Le permis de construire de la maison Pitre constitue ainsi le 2e permis déposé à Saint-Jean-de-Monts. Ce permis est accordé le 30 mai 1947 bien que le gros-œuvre soit alors déjà achevé. Jean Bossu dessine les aménagements intérieurs de la maison (placards et bibliothèques) avec Christian Trudon, chef d’agence de l’architecte à Paris. Dès 1953, la maison fait l’objet de plusieurs articles, qui, outre l’architecture mêlant matériaux traditionnels et formes nouvelles, s’intéressent également au mobilier dessiné par Charlotte Perriand et aux cheminées ornées de céramiques. Au décès de Robert Pitre en 1983, la maison est toujours occupée par la famille. Peu de modifications ont été faites depuis la construction.

Architecte ou maître d'oeuvre :
Bossu Jean (architecte), Debarre Jean (architecte), Préveral Jean (architecte), Simon Henry (céramiste), Dordet Paul (céramiste), Trudon Christian (architecte d’intérieur), Perriand Charlotte (architecte d’intérieur), Entreprise Chaigneau (entrepreneur), Entreprise Bonamy (entrepreneur)

Datation de l'édifice :
1944, 1950

Année d'obtention du label Architecture Contemporaine Remarquable :
2026