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Label Architecture Contemporaine Remarquable
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
rue Louis-Pergaud
11000 Carcassonne - France
Code Insee de la commune : 11069
Aude [11] - Carcassonne - Languedoc Roussillon (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
Rue Louis Pergaud 11000 Carcassonne
Description :
Le programme comprend l'église elle-même avec une sacristie, les fonds baptismaux, une chapelle latérale. Dans le cadre de la nouvelle pastorale, il comprend également une annexe avec deux salles autour d'un patio, des dégagements et deux w.c. Le plan de l'église est relativement simple : une entrée par un couloir formant narthex qui décale la porte à droite de la nef rectangulaire ; il est ouvert à claire-voie côté ouest. Les fonds baptismaux se situent dans le prolongement du narthex, une pièce carrée en léger ressaut, accessible également depuis la nef. La nef se termine par un choeur triangulaire. Une série de cinq piliers tronqués le long de la nef au sud crée une sorte de bas-côté ouvert ; les poteaux métalliques de soutien du toit ont été habillés par des caissons en béton cyclopéen. A gauche, le long du choeur, s'ouvrent la chapelle et la sacristie. L'autel est surélevé par une estrade en béton. A l'angle nord-ouest, accessibles depuis l'extérieur, se trouvent le patio flanqué dans l'angle de la réserve et des deux salles situées à l'opposé, orthogonalement. Les toilettes sont entre les deux salles. C'est en jouant sur les volumes que l'architecte donne son caractère à l'édifice. Les murs sud et nord comportent une très légère pente de 4% vers le choeur. Au sud, le mur est traité en épis et le bas-côté couvert d'un pan de toiture à pente inversée et débordant, formant auvent. Le toit de la nef est également à une pente, montant vers le nord. L'espace intérieur (plafonds lambrissés, couleur palissandre) reprend ces pentes. Le toit triangulaire de la nef plonge vers l'arrière, formant une arête au-dessus de l'autel, et définit ainsi à l'intérieur un triangle dont la pointe se trouve au-dessus de l'autel (le symbole de la Trinité?). A l'arrière, l'espace du patio et des deux salles forme un angle très sortant. Sur la salle la plus grande, la pente de la toiture est également inversée, les autres sont plates. La seule courbe du mur extérieur se trouve dans l'angle sous le triangle du toit du choeur. Côté nord se trouvent deux portes, une porte double de secours donnant dans la nef et une porte plein-cintre pour accéder au patio. Le traitement de la lumière est particulier : les ouvertures de l'église se font uniquement par de très étroites baies. Côté sud, les refends en épi ménagent six "meurtrières" ouvertes sur toute la hauteur du mur, donnant une lumière indirecte. Une autre ouverture se trouve à l'angle du bâtiment dans l'espace des fonds baptismaux. Une fenêtre bandeau est ouverte sous toute la pente du toit côté nord. Sous le triangle du plafond du choeur, l'éclairage artificiel sur les deux côtés donne du relief au triangle sombre de l'intrados du toit. Il n'y a aucun vitrail dans l'église. Le traitement des murs est simple : béton banché cyclopéen avec pierre de garrigue, pas d'enduit intérieur (sauf pour les salles de réunion), sols en dallage ciment, poteaux métalliques du bas-côté, plafonds en lambris, y compris en sous-toit et dans le narthex. La toiture en linex vert rappelle la couleur du cuivre. Castella avait dessiné un clocher qui a été simplifié. Il comporte trois cloches dans une structure métallique, située au-dessus des fonds baptismaux. Quelques éléments comme la pente du toit visible à l'intérieur et la fenêtre bandeau sous le toit rappellent l'espace et l'éclairage voulus par Le Corbusier à la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (1953-1955). Avec des volumes simples, une attention particulière portée sur la diffusion de la lumière vers l'intérieur, Castella a réussi à créer une église moderne, qui correspond bien aux réformes liturgiques de cette période. A Carcassonne, Henri Jaulin construit l'église de Grazailles (1980) selon les mêmes principes de simplification voulus par le concile Vatican II. On peut aussi citer l'église du Saint-Esprit à Montpellier (Marcel Pigeire, 1968, Label ACR) pour l'emploi de matériaux simples et peu chers, ici la structure triangulaire en lamellé-collé.
Historique :
Dans les années 1950-1960, comme dans la plupart des villes grandes et moyennes en France, Carcassonne doit faire face à l'augmentation de la population, à cause du baby-boom. Dans cette ville du sud, à cause également de l'arrivée des rapatriés d'Algérie. Il faut aussi compter avec le désir du confort moderne, peu présent dans les quartiers anciens des centre-villes. La Ville décide alors de lotir des terrains situés à l'ouest de la Ville autour de la ferme Saint-Jacques pour loger 3000 personnes "de condition modeste". Henri Castella (1921-2001), alors architecte départemental, est chargé de construire ce nouveau quartier, qui est édifié entre 1957 et 1972. Il construit des maisons jumelées et de petits immeubles ne dépassant pas quatre étages pour ne pas avoir besoin d'installer des ascenseurs (368 appartements pour 1100 personnes). Viennent ensuite les immeubles du Viguier (Languedoc, Gascogne, Flandres, Provence), puis la tour du Béarn et les bâtiments Berry. Enfin ce sont des pavillons individuels qui viennent diversifier l'offre de logement. En octobre 1966, la Société audoise de logements à loyer modéré vend à l'Association diocésaine quatre parcelles (527 m²) situées au coeur du nouveau quartier, dans un secteur réservé aux équipements : école primaire, collège, piscine, clubs de sport, foyer des jeunes travailleurs. Le diocèse doit y construire une église pour remplacer l'installation provisoire (un baraquement en bois, provenant du camp de prisonniers allemands de Mimizan). La construction de l'église est financée par huit personnalités de Carcassonne (propriétaires, médecins, chirurgiens) qui empruntent les fonds, versés dans la caisse du comité paroissial, pour un total de 225 000 francs. Des lotos successifs permettront de contribuer à rembourser une partie des dettes, le dernier versement étant effectif en 1974. Le permis de construire est déposé le 26 avril 1967, et accordé le 29 juin 1967. L'architecte de l'église est Henri Castella. La bénédiction de l'église a eu lieu le 4 mai 1969. L'église a été construite selon les principes liturgiques nouveaux institués par le concile Vatican II. Le dossier de l'église dans les archives de l'architecte comporte un livret détaillé, "L'église, maison du peuple de Dieu. Réforme liturgique et architecture". Les différents calques présents dans le fonds Castella, conservé aux archives départementales de l'Aude, montrent que les intentions de l'architecte ont évolué depuis les esquisses (premiers plans plus simples, formes générales arrondies), mais une simplification a été opérée après les plans définitifs : les murs sud et nord de la nef devaient être obliques, plus hauts côté choeur, ce qui n'a pas été fait. Le devis de l'église est évalué à 400 000 francs. Castella a proposé une église à la fois simple et très travaillée pour cette somme modeste. Pour les 30 ans de l'église, une artiste audoise, Marie Aveline, a décoré à fresque les cinq piliers de la nef. Cinq grandes figures de l'Ancien Testament ont été choisies : Abel, Abraham, Melchisedek, Moïse et Elie.
Architecte ou maître d'oeuvre :
Castella Henri (architecte)
Datation de l'édifice :
1967
Année d'obtention du label Architecture Contemporaine Remarquable :
2025
Fiche Mérimée : ACR0002025
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-07-03
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