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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
46150 Catus - France
Code Insee de la commune : 46064
Lot [46] - Cahors - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
5100 Catus
Eléments protégés :
Ancienne salle capitulaire, actuellement affectée à l'usage de sacristie de l'église : classement par arrêté du 4 mars 1891 - Eglise : classement par arrêté du 10 juin 1908 - Façades et toitures des immeubles bordant la place de l'Eglise (restes des anciens bâtiments abbatiaux) : inscription par arrêté du 20 novembre 1942 - Vestiges des bâtiments conventuels situés sur la parcelle AC 185 : inscription par arrêté du 3 juillet 1995, modifié par arrêté du 30 août 1995 - Vestiges des bâtiments conventuels de l'aile est abritant la salle capitulaire et ceux de l'aile nord, à l'exception des aménagements modernes subis par la parcelle 186, et l'ancienne aire du cloître (cad. AC 497 à 499, 186, 173) : classement par arrêté du 20 novembre 1998
Description :
Le prieuré est situé au centre du bourg auquel il a donné naissance. Les bâtiments conventuels subsistent, au moins en partie, sur deux côtés de l'aire du cloître disparu, au nord de l'église. Les éléments lapidaires retrouvés en fouille permettent de restituer des galeries de cloître couvertes en charpente dont les claires-voies étaient à arcs en plein cintre et colonnettes simples posées sur un mur-bahut. Les chapiteaux, historiés ou à décor végétal, animal ou figuré, sont dus à l'atelier qui a travaillé pour la salle capitulaire. Celle-ci comporte six travées dont les voûtes d'arêtes retombent sur des colonnes adossées aux murs et deux colonnes centrales. L'un des chapiteaux centraux est historié, représentant le Christ au milieu des apôtres après sa résurrection, mais deux de ses faces sont seulement ébauchées ; l'autre est couvert de tiges végétales que crachent des têtes d'animaux. La sculpture de Catus, qui s'apparente à celles de la cathédrale de Cahors et du portail de Moissac, compte parmi les plus belles réalisations de l'art roman en Quercy. La salle capitulaire, dont les trois baies ont été restaurées à partir des années 1890, occupe le rez-de-chaussée du bâtiment oriental, dont l'étage était sans doute le dortoir des moines. Les étroites fenêtres hautes, couvertes de linteaux délardés en plein cintre, appartiennent au premier état, le niveau intermédiaire de fenêtres à large chanfrein et intrados trilobé témoignant d'aménagements intervenus après la guerre de Cent ans. A l'extrémité nord du bâtiment, une arcade au tracé brisé, à arête vive, correspond à un passage. Sur le côté nord de l'aire du cloître subsiste en particulier une grande porte à ressaut dont l'angle est souligné par un tore épais. Le principal intérêt de l'église prieurale est d'être le seul édifice du Quercy de cette importance à avoir conservé la plus grande part de son état de la seconde moitié du XIe siècle. L'étude de Mireille Bénéjeam-Lère a permis d'en préciser un peu les dispositions, mais on ne peut que regretter qu'il n'ait pas encore fait l'objet d'un relevé archéologique complet, qu'auraient pourtant dû faciliter les travaux de restauration réalisés depuis plus d'un siècle. Un premier examen extérieur permet de saisir les grandes lignes de l'édifice du XIe siècle, en dépit des reconstructions, principalement de la fin du XVe ou du début XVIe siècle, et des restaurations. Les toitures distinguent une nef constituée d'un vaisseau central et de deux collatéraux d'où émerge la masse carrée du clocher. Les maçonneries sont en petits moellons plus ou moins soigneusement équarris, qui sont également utilisés pour les encadrements des fenêtres à large ébrasement intérieur, de minces pilastres rythment les élévations (dont certains sont encore visibles malgré l'ajout d'épais contreforts au sud et d'arcs-boutants au nord). Les observations faites dans les combles par Mireille Bénéjeam-Lère lui ont permis de montrer que la tour était à l'origine une tour-lanterne, et que seules les deux travées orientales des bas-côtés étaient voûtées d'arêtes sur arcs doubleaux. La première fonction de ces voûtes était d'étrésillonner les murs portant la tour, mais elles correspondaient également au choeur liturgique, ainsi prolongé de deux travées au-devant de l'abside et des absidioles, l'autel se trouvant sous la tour-lanterne. Le reste de la nef était couvert par une simple charpente. Le vaisseau central recevait un éclairage indirect par les fenêtres des collatéraux, et direct par les fenêtres hautes des élévations nord et sud ; la forme du portail d'origine n'est pas connue, le portail sud actuel et son porche n'étant pas antérieurs au milieu du XIIe siècle. Mireille Bénéjeam-Lère a pu proposer la restitution d'un chevet à une abside encadrée de deux absidioles, sans travées droites, grâce à un vestige de maçonnerie courbe observé côté nord, dans les combles. Le chevet du XIe siècle a en effet entièrement disparu lors la reconstruction entreprise à la fin du XVe siècle. Les travaux commencent par le chevet qui est agrandi vers l'est, une travée étant ajoutée entre l'ancienne nef et la nouvelle abside encadrée de deux absidioles, toutes trois polygonales. Les voûtes d'arêtes sont supprimées et la nef centrale ainsi que ses deux collatéraux sont entièrement voûtés d'ogives, prolongeant l'esthétique architecturale introduite par le nouveau choeur. Les clefs de voûte du choeur et des quatre travées orientales de la nef sont timbrées des armoiries des Crayssac et d'Antoine de Luzech : celles-ci sont surchargées d'une mitre ou d'un sceptre sommé d'un oiseau, ce qui pourrait indiquer que les travaux sont réalisés après 1502, date de l'accession d'Antoine de Luzech à l'épiscopat. Les deux travées occidentales sont aux armes de Jacques de Miolans, son successeur comme prieur de Catus à partir de 1511. Le choeur a fait l'objet d'une remise en couleur par le service des Monuments historiques en 2007, fondée sur les traces de badigeons du XVIe siècle qui subsistaient. La poursuite de la restauration dans la nef aura à résoudre la difficulté de conserver l'unité architecturale réalisée vers 1500 tout en permettant une lecture archéologique de l'état du XIe siècle.
Historique :
Abbaye mentionnée pour la première fois en 1095 comme dépendance de l'abbaye Saint-Michel de Cluse en Italie. L'importance du prieuré de Catus n'apparaît qu'à partir de 1216. La guerre de Cent Ans accélère le processus de décadence. Le prieuré fut abandonné à la fin du XIVe siècle. Sa restauration fut entreprise au XVIe siècle. Dès 1696, l'ancienne salle capitulaire du XIIe siècle est transformée en sacristie. L'église date des XIVe et XVe siècles. Le prieuré est vendu comme bien national entre 1792 et 1796, puis, réparti entre plusieurs propriétaires, il sert de remises et de caves. Pendant la première partie du XIXe siècle, les prêtres se chargent de l'entretien de l'église. Quelques travaux de dégagement et de confortation sont entrepris à la fin du XIXe siècle.
Le prieuré Saint-Jean de Catus, dont l'église est aujourd'hui église paroissiale sous le vocable de Saint-Astier, a été fondé par l'abbaye bénédictine Saint-Michel de Cluse, en Italie, dans la seconde moitié du XIe siècle. Les vestiges conservés de la première église, l'exceptionnelle qualité de la sculpture romane de la salle capitulaire et du cloître, et la reconstruction entreprise à la fin du XVe siècle en font un lieu important de l'histoire architecturale et artistique du Quercy au Moyen Age. Notre connaissance du prieuré a été renouvelée par l'étude de Mireille Bénéjeam-Lère en 1980 et par la fouille archéologique réalisée sur l'emplacement du cloître en 1991-1995. Catus est mentionné dans une bulle en 1095, et c'est entre cette date et 1050, moment à partir duquel il est possible de suivre l'expansion de Cluse en Languedoc, qu'il faut situer la fondation du prieuré, qui est à l'origine du développement du bourg. Les conditions de la donation à l'abbaye de Cluse ne sont pas connues, mais on sait que le prieur est également seigneur du lieu. Des bâtiments construits dans la seconde moitié du XIe siècle subsistent en grande partie la nef de l'église et ses deux collatéraux. Le style de la sculpture du cloître et de la salle capitulaire permet de dater la construction, ou la reconstruction des bâtiments conventuels du milieu du XIIe siècle. A la fin du XIIIe siècle, la richesse du prieuré est encore telle qu'il sert de garantie à un échange de prieurés entre Cluse et Moissac. La guerre de Cent ans met fin à cette prospérité et dès les années 1385-1405, le prieuré est déclaré sans ressources et désert. Ce n'est qu'après quatre décennies de reconstitution du temporel qu'Antoine de Luzech, prieur commendataire à partir de 1485 puis évêque de Cahors de 1502 à 1509, date de sa mort, peut engager des travaux de reconstruction. Ses armoiries qui timbrent les clefs de voûte permettent de lui attribuer la reconstruction du chevet de l'église et le voûtement des premières travées de la nef, mais ne permettent pas de préciser la date du début des travaux. Le voûtement de la nef est achevé par son successeur Jacques de Miolans, prieur de 1511 à 1521 et parent d'Urbain de Miolans, abbé de Cluse de 1503 à 1522. Des procès provoquent cependant la mise sous séquestre du bénéfice de Catus, empêchant la restauration des bâtiments conventuels qui, au XVIIIe siècle, sont loués comme cave vinaire, excepté l'ancienne salle capitulaire. Entre temps, le mauvais état de l'église Saint-Astier avait entraîné le transfert du service paroissial dans l'église prieurale. Pendant la Révolution, le prieuré est vendu comme bien national, sauf l'église, désormais uniquement paroissiale, qui fait l'objet de travaux dès 1800 : le clocher est réparé, puis le sol de la nef est exhaussé. Les abords de l'église sont dégagés au sud et à l'ouest en 1831. En 1890, l'abbé Gintrand rachète la partie de la salle capitulaire utilisée comme cave et en fait don à la commune, ce qui a pour effet le classement au titre des Monuments historiques de la salle capitulaire l'année suivante, dont la restauration des baies est exécutée par le sculpteur cadurcien C. A. Calmon en 1894. Le classement de l'église intervient en 1908. De 1910 à 1990, d'importants travaux d'entretien sont réalisés : remise en état des maçonneries extérieures, des toitures et des voûtes, consolidation du clocher... Dans les années 1991-1994, les travaux d'assainissement ont été accompagnés de fouilles archéologiques qui ont en particulier permis de mettre au jour nombre de fragments de chapiteaux du cloître roman. Depuis le début des années 2000, la restauration de l'église s'est poursuivie avec la remise en couleur de l'abside et des absidioles.
Périodes de construction :
XIIe siècle, XIVe siècle, XVe siècle
Propriété de la commune ; propriété privée
Ouvert ou fermé à la visite, location de salle, chambres d'hôtes ?
Eglise Saint-Astier : Façade nord
Eglise Saint-Astier : Façade sud
Eglise Saint-Astier : Façade sud
Eglise Saint-Astier : Façade nord
Eglise Saint-Astier : Façade nord
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean)
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean) - Façade occidentale
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean) - Chapiteau du porche
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean) - Nef
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean) - Chevet
Français : Catus - Eglise Saint-Astier (ancien prieuré Saint-Jean) - Choeur
Français : Église Saint-Astier Ancien prieuré Saint-Jean
French architect
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Fiche Mérimée : PA00095053
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-05-26
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