Modifier la localisation Tour carrée dominant la ville à Castellane

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
04120 Castellane - France

Code Insee de la commune : 04039
Alpes de Haute Provence [04] - Digne - Provence Alpes Côte d'Azur (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
29 Rue de la Mercy 04120 Castellane

Eléments protégés :
Tour carrée dominant la ville, sur les hauteurs de Castellane : inscription par arrêté du 9 mars 1927

Description :
L'enceinte médiévale nous est parvenue dans un bon état de conservation. Elle dessine encore de manière très lisible son plan d'origine dont la forme, irrégulière, a pour axe de symétrie la rue Saint-Victor. Cette dernière étant située à la rupture de pente, l'enceinte médiévale a englobé des quartiers très pentus, au pied de la colline du Serre, et d'autres, plus à plat, au bord du lit du Verdon. Cette différence de la topographie explique que l'enceinte médiévale délimite aujourd'hui deux zones très peu comparables. La première, au nord de la rue Saint-Victor, est en forte pente. Le tissu urbain y est très lâche et la végétation très présente. La seconde, au sud de la rue Saint-Victor, est constituée d'un tissu urbain très dense où les rues sont étroites et les maisons hautes. Elle est aujourd'hui délimitée par la rue nationale, la place Marcel-Sauvaire et celle de l'église. Cette enceinte comptait au moins six portes et treize tours, une à chaque changement de direction. Plusieurs portes étaient dotées d'un pont levis. Seules subsistent les traces, partielles, du pont de la porte qui commandait la voie menant au pont du Roc. Au moins une des tours semble avoir totalement disparu : celle qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel n°2 rue de la Fontaine. Toutes les autres existent encore, dans un état de vestige plus ou moins avancé pour celles qui se trouvent au nord du village ou dans un état transformé pour les autres qui ont été englobées dans des constructions plus récentes. Trois sont en très bon état (IA04001018, IA04000962). La muraille existe encore, très lisible dans la partie nord, beaucoup moins dans la partie basse où elle a été entièrement intégrée aux constructions plus récentes, parfois même détruite. Son tracé se lit néanmoins dans le parcellaire. Là où cela a été possible dans les maisons du côté impair du boulevard National, on a mesuré une épaisseur de mur variant de 100 à 125 cm du haut en bas. L'enceinte du XVIe siècle a augmenté cette première enceinte vers l'ouest, en protégeant les faubourgs de l'actuel boulevard Saint-Michel et de la rue nationale. Elle est beaucoup moins bien conservée et se voit surtout dans l'épaisseur de murs qui traversent l'ancien couvent des Visitandines et dans les deux tours qui existent de part et d'autre du boulevard Saint-Michel. Une de ces tours est adossée à l'angle sud-ouest du cloître du couvent des Augustins. La maçonnerie de ces fortifications est assez inégale. La pierre de taille a été réservée à quelques éléments des tours (encadrement des baies, mâchicoulis). Les tours médiévales ont une maçonnerie de petits moellons bien assisés, alors que celle des deux tours de 1585 sont en blocage. Le mur de l'enceinte du XIVe siècle, pour ses parties observables au pied du Serre, alterne les parties en blocage et celles en moellons assisés.

Historique :
Les fortifications de Castellane sont traditionnellement datées de 1359. C'est à cette date, selon le prieur Laurensi qui a travaillé au XVIIIe siècle sur des archives aujourd'hui disparues, que les habitants de la ville obtinrent le droit du comte de Provence d'élever une enceinte. Les sommes nécessaires auraient été réunies par la levée d'une capitation sur tous les chefs de maisons et de nombreuses autres taxes. Plusieurs éléments peuvent conforter cette datation, comme les bossages ou les coussinets des linteaux. Cette enceinte a été renforcée à la fin du XVIe siècle d'une seconde ligne de protection dont la raison d'être était de garantir la défense du faubourg qui s'était développé entre la porte Saint-Michel et le couvent des Augustins. Cette fortification n'a peut-être pas donné lieu à la construction d'une nouvelle muraille tout autour du nouveau faubourg. Elle a pu consisté, comme souvent à cette époque, en un chantier beaucoup moins coûteux : construction partielle d'un mur, fermeture des baies des maisons qu'il fallait protéger et édification de tours à l'entrée des rues (IA04001008, IA04000894, IA04000714). Signalons toutefois que Laurensi, au sujet de l'église des Visitandines, indique que trois de ses chapelles étaient « enfoncées dans la muraille » (Laurensi, p. 329), ce qui laisse penser qu'un nouveau mur avait bien été édifié au pied du Serre. Une des tours conservées porte encore la date 1585. Au XVIe siècle également, fut creusé un fossé tout autour de la ville. L’Époque moderne est naturellement un temps difficile pour les fortifications, qui souffrent régulièrement de l'intervention des particuliers dont la maison s'adosse au rempart. Ainsi, les Pères de la Merci pratiquent-ils en 1710 une ouverture vite condamnée par la justice dans le mur qui divisait leur couvent (IA04001017) en deux parts. En 1739, c'est la partie contre laquelle est construite la maison de ville, jouxtant la porte Saint-Michel, qui s'effondre à la suite de travaux effectués à la demande des consuls. Cependant, et c'est leur chance, les remparts n'ont jamais eu à subir de projet de destruction planifié par les autorités, au XVIIe ou au XIXe siècle. Seules trois tours ont été volontairement détruites, peu avant 1842 : une de celles qui, édifiées au XVIe siècle, commandaient l'accès à la rue Basse, actuelle rue Nationale, à partir de la place de la Grave (l'autre tour existe toujours, au n° 1 de la place Marcel-Sauvaire) et celles qui fermaient la rue du Mazeau. Trois tours de l'enceinte médiévale ont été protégées au titre des monuments historiques dans les années 1920.

Périodes de construction :
XVe siècle

Propriété privée