Modifier la localisation Manoir de Mézaubran à Minihy-Tréguier

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
22220 Minihy-Tréguier - France

Code Insee de la commune : 22152
Côtes d'Armor [22] - Saint Brieuc - Bretagne

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
6239 Mezobran 22220 Minihy-Tréguier

Eléments protégés :
Manoir de Mézaubran (cad. ZE 73) : inscription par arrêté du 20 janvier 1926

Description :
Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole est situé à 1600 mètres au sud-sud-est du bourg de Minihy-Tréguier. Le manoir est implanté en bordure du Jaudy sur des terres naturellement fertiles. Ses habitants disposaient d’eau douce grâce à une fontaine (aujourd’hui déplacée) et à un puits.L'ensemble manorial - à l’origine entièrement clos de mur - se compose de plusieurs chemins bordés de talus-murs (certains sont plantés, d’autres non), d’un logis principal en équerre (amputée de sa métairie détruite à la fin des années 1970), d’une cour fermée d’un portail au nord (portail reconstruit), d’une chapelle (située dans la parcelle n° 568), d’un colombier (détruit, situé sur la parcelle "ar prat"", littéralement le pré) et deux dépendances figurant sur le cadastre de 1835), l’une à usage d’étable, l’autre de remise. Son domaine s’étend actuellement sur 34 hectares (superficie calculée à partir du Géoportail). Selon les états de section du cadastre de 1835, les parcelles sont désignées comme ""parc an graouen, labour"" (n° 883), ""parc an graouen, taillis"" (n° 884), ""ar chlos, labour"" (n° 885), ""ar chlos, jardin"" (n° 886), ""bâtiment"" (n° 887), ""jardin"" (n° 888 et 889), ""maison, bâtiment et cour"" (n° 890), ""cour et vague [barré]"" (n° 891), ""ar stang, pâture"" (n° 892), ""ar stang, taillis"" (n° 893), ""loguel an stang, labour"" (n° 894), ""parc an poutec, taillis"" (n° 895), ""parc an poutec, labour"" (n° 896), ""hent coat mesquelic, pâture"" (n° 897). Construit en moellon de schiste, de dimensions variables suivant les époques (à l’origine enduit pour les parties les plus anciennes), le corps de logis en équerre est flanqué au nord d’une tour d’escalier (en partie tronquée dans sa partie haute). Il comporte dans son état actuel quatre pièces au rez-de-chaussée.La façade nord conserve les parties supérieures de grandes baies gothique (quadrilobes et trilobes). Ces ouvertures ainsi que l’aspect ramassé du premier étage témoignent très certainement de l’existence d’une salle basse sous charpente à l’origine. Réalisée en pierre de taille de granite, la porte principale en arc brisé et à large chanfrein est surmontée d’une archivolte ornée d’une accolade (arborant un décor de feuilles denticulées) et surmontée d’un fleuron, servant de base à des pinacles aux motifs renaissant faisant pilastre. Un larmier orné de modillon protège l’archivolte. Le décor de cette porte correspond à une période de transition entre gothique et renaissance. Les fenêtres à linteau droit orné d’une accolade semblent contemporaines de cette porte. Les lucarnes à fronton triangulaire de la façade nord comportent des motifs en losange de style renaissance.Soigneusement construit en pierre de taille de granite, le mur de refend de la salle basse principale reçoit une cheminée monumentale encadrée de deux portes. L’une - au sud de la cheminée, la plus haute - donnant sur un vestibule et, via quelques marches sur une salle basse décrochée en élévation avec un bloc de chambre légèrement plus haut. La seconde porte - au nord - donnant accès à une cave à usage de cellier et souillarde. Ce sous-sol, accessible par un escalier droit, accueille une grande auge et un système d’évacuation d’eau. Un second escalier – en vis – donne accès au sous-sol. Les deux portes comportent un linteau orné d’une grande accolade. Une corniche sculptée en granite règne sur la partie sommitale : on y retrouve une frise de végétaux ponctuées de pampres et grappes de vigne. A l’instar des sablières en bois des églises et chapelles, cette corniche devait à l’origine être peinte.Au sud, la façade du logis est marquée par une avancée abritant un escalier vis en bois. Entre le logis et cette avancée se trouve une porte à linteau en accolade doublée d’un jour étroit (s’agit-il à l’origine d’une ouverture à usage défensif ?) qui donne accès à un vestibule situé entre la salle basse principale et le bloc de chambre accessible par quelques marches d’escalier.L’aile nord – aujourd’hui très restaurée – comprenait à l’étage une salle haute à deux travées de fenêtre et cheminée armoriée, édifiée sur une galerie servant de remise. La galerie comprend cinq colonnes aux chapiteaux sculptés dans le registre renaissant. La façade ouest a été modifiée par l’ajout d’ouvertures.Situé dans la cour, devant le logis, le puits à margelle circulaire comporte un décor géométrique de style renaissance similaire à celui des deux lucarnes.

Historique :
Manoir comprenant deux bâtiments reliés par une tourelle. L'un des deux bâtiments présente, en rez-de-chaussée, une colonnade. Puits sculpté avec un ange monolithe en granit de très grande dimension. A l'entrée du manoir se trouve une petite chapelle.
Le manoir de Mézobran comporte des éléments datables de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle comme des remplois d’anciennes baies gothiques. Le logis a été en partie reconstruit dans la première moitié du XVIe siècle (vers 1520, pour le mur de refend en pierre de taille, les portes et la cheminée dont la hotte en glacis sous arc mouluré est typique) et au milieu du XVIe siècle (recomposition probable vers 1540-1560 illustrée notamment par le décor de la porte principale, les chapiteaux des colonnes de la galerie servant de remise, les lucarnes ou encore le puits au décor renaissance). Le manoir a continué d’évoluer au XVIIe siècle (avancée sud et escalier en vis en bois datable de la première moitié du XVIIe siècle notamment). Lors de sa réutilisation comme bâtiment de ferme, le manoir a perdu certaines de ses caractéristiques architecturales. Selon Jacques Briand qui a étudié le fief de Mézobran, le logis manorial a été touché par un incendie en 1920.Le manoir de Mézobran est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1926. Il a fait l’objet de couvertures photographiques en 1966 (pour les Monuments historiques), 1973 et 1974 (dans le cadre du pré-inventaire). Entre 1973, date du passage des chargés d’études d’Inventaire et 2019, le manoir a connu une importante restauration tendant à lui redonner son état d’origine.

Périodes de construction :
XVe siècle, XVIIe siècle

Propriété privée