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Monument Historique Maison situé à Tréguier

Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
14 rue de la Chalotais
22220 Tréguier - France

Code Insee de la commune : 22362
Côtes d'Armor [22] - Saint Brieuc - Bretagne

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
14 Rue de la Chalotais 22220 Tréguier

Eléments protégés :
La maison en totalité (cad. AC 124) : inscription par arrêté du 6 avril 2007

Description :
Maison de marchand construite sur une parcelle étroite et profonde, à deux étages carrés et étage de comble. Le plan irrégulier s'évase vers l'arrière : les pièces sur cour sont donc un peu plus larges que les pièces sur rue. Seule la façade sur rue est en pan de bois, à encorbellements sur poutres. Elle est formée de poteaux, de sablières et de contreventement en croix de saint André. Aux étages, les baies sont disposées en bandeau continu selon une composition horizontale issue de l'atelier de Guingamp. Le rez-de-chaussée à poteaux de bois possède une entrée latérale ouvrant autrefois sur un couloir permettant un accès indépendant à l'escalier et aux étages depuis l'extérieur. Les murs latéraux en maçonnerie assurent une fonction de coupe-feu avec les maisons mitoyennes. La façade sur cour est en pierre, remontée ultérieurement avec les chainages des baies d'origine. Le plan tripartite comprend une partie avant donnant sur la rue, séparée d'une partie arrière sur cour par un hall central de treize mètres de haut, à usage d'accueil et de réception pour les acheteurs étrangers. Un escalier en vis est situé dans l'angle du hall pour desservir toutes les pièces de devant. Autrefois, à chaque palier d'arrivée, une galerie en bois donnait accès aux pièces de derrière correspondantes. Ces trois galeries superposées par étage formaient les ponts d'allée ou pondalez surplombant le hall. L'escalier comprend un poteau de jonction de 10 mètres de haut qui permettait de relier la vis aux galeries grâce à des volées secondaires. Ce poteau fait l'objet d'un programme iconographique religieux issu de trois artisans : au niveau supérieur saint Martin, au premier étage saint Georges et au rez-de-chaussée saint Pierre d'une qualité supérieure aux deux autres.Tout le rez-de-chaussée est en communication formant une immense pièce, la boutique donnant sur la rue ne formant qu'une seule ""grande boutique"" avec le hall central. Celui-ci est chauffé par une cheminée monumentale (aujourd'hui réduite) construite sur le mur gouttereau nord. L'espace central montant de fond en comble est fermé dans les étages par des cloisons en pan de bois aveugles, les chambres hautes étant ainsi complètement isolées et sans communication visuelle avec lui. Sous la première galerie disparue, était logée une petite cuisine équipée d'un vaisselier et d'un évier en pierre toujours en place, séparée du hall par une claustra en bois également disparue. Un escalier secondaire en vis en hors oeuvre est construit à l'époque moderne, à l'arrière de la maison, pour desservir plus commodément les chambres côté cour. Il semble occuper une partie du volume initial des chambres qui auraient ainsi été réduites. Les latrines étaient adossées à la tour d'escalier dans un appentis dont il subsiste deux murs.

Historique :
Maison à pans de bois de la fin du XVe siècle, conservant certaines dispositions intérieures caractéristiques des maisons dites à " pondalez ". De nombreux éléments encore en place permettent de l'associer à cette typologie : l'espace commercial du rez-de-chaussée avec ses poteaux en bois supportant les étages en encorbellement. L'espace central est constitué d'un grand hall initialement couvert par une voûte lambrissée. Un mur de refend sous la forme d'un pan de bois vient clore cet espace central et s'échelonne du premier au dernier niveau. A l'angle, l'escalier à vis en bois sculpté dessert l'ensemble des niveaux.
La maison Saint-Pierre aurait été édifiée vers 1490 par un marchand toilier. Elle serait une des premières maisons du type dit à pondalez, conçu pour la noblesse commerçante dans des villes portuaires du nord de la Bretagne. Cet exemple précoce explique plusieurs maladresses d'exécution : le vaisselier et l'évier en pierre ménagés dans le mur sud sont en partie escamotés par l'escalier, les chambres sur rue et celles sur cour ne sont pas tout à fait aux mêmes niveaux. Dans la 2e moitié du XVIIe siècle, les galeries ou pondalez qui reliaient les chambres sur rue aux chambres sur cour sont supprimées, et un escalier secondaire en vis est construit à l'arrière de la maison pour accéder plus commodément aux dites chambres. Au XIXe siècle, la maison a fait l'objet de nombreux remaniements : modification du plan de toiture faisant disparaître le pignon droit sur rue par la création d'une croupe, façade en pan de bois recouverte d'un enduit, percement de grandes baies aux étages, création d'une devanture au rez-de-chaussée, division de l'espace intérieur. Déjà inscrite en 1964 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques pour ses façades et toitures, elle obtient une extension de la protection aux intérieurs en 2007 après la découverte de son appartenance au groupe des maisons à pondalez. A partir de 2007, l'espace central est restitué, l'escalier, les cloisons intérieurs en pan de bois et torchis restaurés. La façade sur rue est recomposée à partir des éléments d'origine selon un état supposé de la fin du XVe siècle. [Judith Tanguy-Schröer, Inventaire du patrimoine de Lannion-Trégor Communauté, 2018]En 2023, la réalisation d'une étude dendrochronologique indique un abattage des arbres durant la première moitié du XVe siècle. La poutre centrale du plancher du premier étage est attribuée précisément à l'automne-hiver 1551-1552. Une phase de reprise est marquée par des bois datés du printemps 1649, en particulier au second étage et dans les combles. [Fanny Gosselin, Inventaire de l'architecture urbaine en pan de bois, 2023]

Périodes de construction :
4e quart XVe siècle, XVIIIe siècle

Propriété privée