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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
cours des Quinconces
31110 Bagnères-de-Luchon - France
Code Insee de la commune : 31042
Haute Garonne [31] - Toulouse - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
1 Montée des Thermes Romains 31110 Bagnères-de-Luchon
Eléments protégés :
Partie haute, avec ses peintures murales, du grand hall (cad. B 3234) : inscription par arrêté du 6 octobre 1977
Description :
Le bâtiment, connu sous le nom de Thermes Chambert, est constitué d'une longue aile de 97 m qui fait face à l'esplanade des Quinconces. Il est précédé d'une galerie composée de 28 colonnes d'ordre dorique, interrompue au centre par une arcade monumentale en plein cintre surmontée d'un fronton triangulaire. Cet ensemble est en marbre blanc de Saint-Béat et est constitué de blocs monolithes pour les colonnes. Le reste de l'édifice est construit en maçonnerie de schiste enduite avec pierre de la Picadère pour les encadrements d'ouverture, les corniches ou les cordons décoratifs. Les toitures sont en ardoises. La grande arcade mène à la Salle des Pas perdus, perpendiculaire au bâtiment, qui dessert deux ailes de part et d'autre (dessinant un H) et un escalier monumental situé dans son axe. Cette salle voûtée d'arêtes, couverte par un toit à longs pans porté par une charpente en bois, a reçu le décor peint de Raymond Cazes. Elle est éclairée par quatre verrières latérales et une grande verrière frontale. Son sol en marbre fait alterner brèche de Saint-Béat et griotte rouge (de Sarrancolin ?). Les poinçons de la charpente ne reposent pas directement sur les entraits : l'espace ménagé est prévu pour s'adapter aux évolutions de la toiture en fonction du poids de la neige. Les deux ailes sont ponctuées chacune de quatre pavillons qui correspondent aux sept grandes salles de bains et à la piscine de natation visibles sur le plan de 1860 cité par Lambron. Six d'entre eux sont couverts par un toit en double bâtière, les deux derniers (au centre de la partie ouest) moins élevés, sont en pavillon, terminés par une verrière. Les voûtes de ces pavillons conservent des décors peints et des verrières décorées. Les quatre pignons des pavillons en double en bâtière sont percées de fenêtres thermales qui le rendent très lumineux.
Historique :
Exploitées dès l'époque romaine, les sources furent oubliées au Moyen-Age puis redécouvertes au XVIIe siècle. Le premier bâtiment, construit en 1759, est détruit en 1803 et remplacé par la construction actuelle (vers 1850) due à l'architecte Chambert. La façade des thermes se compose de cinq pavillons juxtaposés, et précédés d'un péristyle soutenu par 28 colonnes monolithes en marbre blanc. Le pavillon central forme vestibule, et donne accès à la salle des Pas Perdus, décorée de fresques peintes de 1854 à 1858 par Romain Caze et B. Bernard pour la partie ornementale.
Dès 1848, on entreprit la construction des thermes Chambert actuels en remplacement de l'édifice précédent, détruit par un un incendie en 1841. Edmond Chambert, architecte départemental nommé en avril 1845 en remplacement de Gonin, propose un projet dès 1846. Ce dernier ne convaincant pas complètement, Chambert est envoyé en mission d'observation par le préfet, le vicomte de Duchâtel : il visite ainsi des thermes en Allemagne (Aix, Wiesbaden, Ems), en Suisse (Bade), en Savoie (Aix) et en France (Vichy, Néris et le Mont-Dore). Les nouveaux plans qu'il propose à son retour sont grandioses et le devis s'élève alors à 600 000 francs. Il soumet de nombreuses variantes pour la galerie et l'entrée (baies, arcades, fronton...) mais c'est finalement un colonnade dorique interrompue par une grande arcade qui est retenue. Les travaux s'étendent entre 1848 et 1856. Leur disposition initiale est bien connue par la description qu'en fait Lambron en 1860. Le vestibule dessert les bureaux d'accueil et d'administration, les lingeries et leurs chauffoirs. La galerie antérieure (des bains) dessert 9 salles des bains de tailles inégales (avec en tout 100 baignoires) et trois piscines (l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes, la dernière (au nord), pour la natation). La galerie postérieure mène aux nombreuses cabines de douches et aux cabines de bains de vapeurs et de massage, qui sont précédées par de petits vestibules et vestiaires. Le grand escalier conduit à une étuve et à un réseau de galeries souterraines. 3 buvettes se trouvent dans la partie sud de la galerie postérieure ; les 15 autres, rassemblées en trois groupes, sont distribuées le long du Promenoir des buvettes extérieur, qui longe l'arrière du bâtiment au pied de la montage. La destination des salles a fortement varié en fonction de l'évolution des soins mais la distribution de l'ensemble est toujours en place. Autour de 1870, au premier étage, à droite du grand escalier, une salle présentait le plan en relief des Pyrénées de Lézat, transféré par la suite au casino. On pouvait le voir pour un franc ou pour un abonnement saisonnier de deux francs, en même temps que quelques autres curiosités (Luchon-guide 1873, p. 74). Stéphen Liégeard (op. citée p. 71) raconte avec enthousiasme cette visite. Plusieurs salles ont conservé leur décor peint initial. L'édifice a été prolongé sur l'arrière (sur l'emplacement de l'ancien Promenoir des buvettes).
Périodes de construction :
3e quart XIXe siècle
Architecte ou maître d'oeuvre :
Cazes Romain (maître de l'oeuvre), Chambert Edmond (maître de l'oeuvre)
Propriété de la commune