Modifier la localisation Ancien couvent des Augustins à Toulouse

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Monument Historique Ancien couvent des Augustins situé à Toulouse

Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
rue d’Alsace
31100 Toulouse - France

Code Insee de la commune : 31555
Haute Garonne [31] - Toulouse - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
15 Rue d'Alsace Lorraine 31000 Toulouse

Eléments protégés :
"Ancien couvent : classement par liste de 1840 ; Aile XIXe siècle, y compris la cage d'escalier monumentale, du Musée des Augustins (cad. AB 178) : inscription par arrêté du 1er octobre 1990 ; Le musée des Augustins, en totalité, à l’exception des parties classées, ainsi que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté, ainsi que le sol des parcelles d’assiette, situés 21 rue de Metz, figurant au cadastre section 819 AB 178 et 302 : inscription par arrêté du 15 janvier 2018 ; En totalité, l'ensemble des bâtiments composants le musée des Augustins avec le sol des parcelles d'assiettes n°302 et n°178, de la section 819 AB, tels que délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : classement par arrêté du 23 avril 2018."

Description :
Le musée des Augustins s'organise autour d'un grand cloître carré animé par quatre-vingts arcades tréflées et redentées qui reposent sur des colonnettes et des chapiteaux doubles en marbre sculptés de feuillages, animaux et têtes humaines. La galerie orientale est divisée en trois salles voûtées d'ogives (la salle capitulaire, la chapelle Notre-Dame de Pitié et la sacristie). La voûte de la salle capitulaire repose sur deux piliers prismatiques dont les chapiteaux sont ornés de blasons. La chapelle centrale est ouverte sur le cloître par deux belles fenêtres. Les ogives de sa voûte se rejoignent également sur deux piliers. La voûte de la sacristie est portée par un pilier. L'église ferme le cloître au nord. Elle se termine par un chevet plat entouré de deux absidioles de même forme, ouvrant directement sur une large nef bordée de chapelles aménagées entre les contreforts. Les retombées de la croisée d'ogives des chapelles latérales sont ornées d'élégants culs-de-lampe sculptés. Les clefs de voûtes reçoivent des appliques sculptées à personnages. Le clocher se développe sur trois niveaux octogonaux, percés au premier de baies plein-cintre et aux deux autres de baies géminées en mitre. L'ouest de l'église ouvre sur un petit cloître animé sur ses quatre côtés par trois arcades séparées par des pilastres doriques. Ce rythme est confirmé par la superposition d'une table et d'une fenêtre à meneau sculpté à l'aplomb de chaque arcade. L'aile occidentale est un long bâtiment rectangulaire bordant la rue Alsace-Lorraine constitué de deux grandes salles d'exposition superposées. L'étage est accessible grâce à un grand escalier proposant une structure particulièrement complexe et remarquable, offrant des perspectives étonnantes. Bien que se développant sur seulement un étage carré, l'ensemble a été conçu à une échelle tout à fait monumentale. Un mur ferme le cloître au sud, côté rue de Metz.

Historique :
Le couvent des Augustins, construit au cours du XIVe siècle et du début du XVIe siècle est décrété bien national en 1789. Une partie des bâtiments est vendue en 1793 a des particuliers, notamment le grand réfectoire qui occupait tout le côté ouest. Par décret du 19 décembre 1793, un Museum provisoire du Midi ile la République est créé. En 1794, il est décidé d'installer ce musée dans l’église conventuelle ; les chapelles latérales sont alors obturées. Le musée est ouvert au public le 27 aout 1795. De 1823 · 1830, l'aile est et l'église sont endommagées par les réaménagements destinés à créer des salles d'exposition. La nef est transformée en « Temple des arts ». Le musée et le cloitre des Augustins sont classes par la première liste des monuments historiques de1840 ; le grand réfectoire et les autres bâtiments ne sont pas protégés à la même époque ·car ce sont des propriétés privées. En 1868, le grand réfectoire est rasé par la ville afin de permettre le percement de la rue Alsace-Lorraine. En 1873, Eugene Viollet-Le-Duc livre un premier projet pour l'agrandissement du musée, proposant la construction immédiate d'une aile le long du côté sud du cloitre. II dessine seulement l’emprise au sol de l'ail ouest En février 1874, le conseil municipal vote le projet de restauration du musée, soutenu par l'architecte toulousain Jacques-Jean Esquié, collaborateur de Viollet-Le Duc. En 1878, Viollet-Le-Duc et Denis Darcy proposent la construction d'une grande aile de deux niveaux longeant la rue Alsace-Lorraine. Viollet-Le-Duc meurt le 17 septembre 1879 et Darcy poursuit seul le projet. A la demande du conseil des bâtiments civils, Darcy aligne la façade ouest de la nouvelle aile sur la rue d'Alsace-Lorraine et donne plus d'ampleur au pavillon du grand escalier, agrandissement rendu possible par la destruction complète de l'aile sud, composée de la chapelle dite de l'Ecce Homo, de la bibliothèque et de la pharmacie. Les travaux débutent en août 1880 et ne s'achèvent qu'en 1893. La nouvelle aile ouest est inaugurée en 1896. Darcy dresse en 1893 les plans du pavillon sud, place à l'angle des rues d’Alsace-Lorraine et de Metz. Les travaux ne débutent qu'en 1900, sans doute faute de moyens, et s'achèvent en 1904. L'aile Darcy se distingue par la massivité de ses hautes parois de brique, rythmées par les grands arcs en plein-cintre et rehaussée d'un décor en pierre. L’éclectisme des styles, néo-roman, néo-gothique, néo-renaissance, est caractéristique du goût des années 1870-1880. Le musée à fait l’objet, à partir de 1948, d’une longue campagne de restauration et de réaménagement qui s’achève en 1980 avec la construction d’un nouvel espace d’accueil dans le prolongement de l’aile est.
Les ermites de Saint-Augustin étaient autrefois établis hors de la porte Matabiau. En 1310, ils obtiennent du pape Clément V l'autorisation d'implanter leur couvent à l'intérieur de la cité. Les travaux sont menés par l'architecte Jean de Lobres, qui édifie une église de style gothique méridional. Le chantier avance vite et voit l'édification de l'aile orientale. Le cloître est commencé vers 1341, et sa construction reprend à partir de 1396 sous la direction du pierrier Jean Maurin, qui reprend probablement le chantier de son oncle Jacques Maurin. Les ouvertures de la chapelle Notre-Dame de Pitié, au centre de la galerie orientale, ont été modifiées entre 1365 et 1368. En 1463, un terrible incendie ravage une partie de la ville et endommage le couvent. Les religieux entament alors une campagne de restauration de leurs bâtiments et en profitent pour voûter l'église. Ces travaux sont attribués en 1495 aux maçons Martin Pujol et Pierre d'Arroye. L'édifice reçoit une nouvelle consécration le 30 juin 1504. A partir du XVIe siècle le couvent des Augustins connaît une période de déclin qui se traduit par une diminution du nombre d'ermites. Le couvent doit de plus faire face à des difficultés matérielles : le 14 septembre 1550, jour de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, la foudre s'abat sur le clocher, l'amputant d'un étage et demi. L'édifice est agrémenté d'un second cloître achevé en 1626. Le couvent devient bien national à la Révolution et les ermites se voient obligés d'abandonner les bâtiments. L'église érigée en muséum de la République ouvre au public en 1795. Le réfectoire datant du XVe siècle est vendu et converti en écurie en 1793, puis est détruit en 1868 dans le cadre de l'aménagement des rues de Metz et d'Alsace-Lorraine. Le musée s'agrandissant, la nécessité d'un nouvel espace devient pressante. Il est demandé à l'architecte Viollet-le-Duc d'imaginer un nouveau bâtiment à construire à l'emplacement de l'ancien réfectoire. Après la mort de ce dernier en 1879, Denis Darcy reprend le projet et le réalise entre 1893 et 1903. Cette aile est marquée par un monumentalisme certain ainsi que par l'éclectisme des influences stylistiques en vigueur sous le Second Empire : néo-roman pour les façades méridionale et orientale, néo-gothique pour la cage d'escalier, néo-Renaissance et néo-classique pour la façade occidentale sur la rue. Dans un souci de fonctionalité, les salles d'exposition de l'étage disposent de verrières permettant un éclairage naturel des oeuvres. Le XIXe siècle voit également la disparition de bâtiments à l'est du couvent, comme en témoignent les traces d'anciennes chapelles subsistant sur la façade de la rue des Arts. En 1948, Stym-Popper, nommé architecte en chef, donne le coup d'envoi à la restauration de l'ensemble. Par la suite, un programme de réaménagement conduit par l'architecte en chef des Monuments Historiques Yves Boiret permet de rénover le musée. Le bâtiment de l'actuelle entrée du musée a été construit à cette époque. Il est orné du portail des Pénitents noirs, dont la chapelle a été démolie dans les années 1960. Les travaux ont été achevés en 1981.

Périodes de construction :
XIVe siècle, XVe siècle, 2e moitié XIXe siècle

Architecte ou maître d'oeuvre :
Viollet-le-Duc Eugène (architecte), Darcy Denis (maître de l'oeuvre)

Propriété de la commune