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Monument Historique Église situé à Duravel

Crédit photo : Hubert DENIES - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
46700 Duravel - France

Code Insee de la commune : 46089
Lot [46] - Cahors - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
6 Place de l'Église 46700 Duravel

Eléments protégés :
Crypte : classement par arrêté du 3 septembre 1912 ; Eglise, sauf partie classée : inscription par arrêté du 9 février 1927

Description :
Les bâtiments conventuels ayant entièrement disparu, seule subsiste aujourd'hui l'église prieurale devenue église paroissiale. L'édifice se compose d'une nef de trois vaisseaux, d'un transept, dont la croisée est surmontée d'une tour-clocher, et d'une abside précédée d'une travée droite et encadrée par une absidiole pentagonale, au sud, et une chapelle carrée, au nord, ouvrant sur les bras du transept. La nef possède deux portails principaux, l'un roman, au sud, l'autre gothique et surmonté d'une rose à l'ouest, où la façade semble avoir été largement reconstruite. De plan trapézoïdal, elle est moins large à l'ouest qu'à l'est. Les deux piles cruciformes des travées ne présentent pas une composition centrée et leurs pilastres latéraux sont sans correspondance dans les murs latéraux ; en outre, les voûtes, en berceau brisé sur le vaisseau central et en demi-berceau sur les collatéraux, sont dépourvues de doubleau : ce défaut de cohérence serait peut-être dû à la reconstruction de la majeure partie de la nef. Les piles occidentales de la croisée sont cruciformes et présentent des colonnes engagées sur leurs faces, sauf du côté des collatéraux, alors même qu'une colonne engagée reçoit l'arc sur le mur sud. Les deux bras du transept sont voûtés en plein cintre, comme la croisée dont le couvrement n'est peut-être pas d'origine. Le deuxième niveau du clocher (le premier est masqué par les toitures) qui la surmonte est ouvert par des baies jumelées où se trouvent, côté nord, des chapiteaux en marbre de la fin de l'Antiquité. Le choeur, profond, est plus large que la nef et que la croisée dont l'arc triomphal a cependant la dimension. Le berceau plein cintre de la travée droite est séparé du cul-de-four de l'abside par un arc doubleau. Un décor d'arcature anime tout le pourtour du choeur, en intégrant les fenêtres de l'abside. A l'extérieur, les contreforts sont interrompus au niveau de la corniche disparue dont on distingue encore les modillons bûchés. L'absidiole sud a quant à elle conservé sa corniche à métopes perforées et modillons sculptés. Elle offre à l'intérieur deux arcatures superposées qui multiplient les chapiteaux et le décor sculpté. La chapelle qui a remplacé l'absidiole nord, dont seule subsiste l'arc d'entrée, est couverte d'une croisée d'ogives dont le profil à cavets et les culots appartiennent au style 1500. Une crypte est aménagée sous la croisée. On y accédait à l'origine par deux escaliers latéraux coudés qui débouchaient dans les collatéraux. De plan carré, elle comporte trois vaisseaux de trois travées chacun, dont les voûtes d'arêtes, sans doubleaux, retombent au centre sur quatre colonnes libres, et en périphérie sur des colonnes engagées, excepté dans les angles nord-est et sud-est. Les fenêtres, condamnées, visibles dans les élévations nord et sud laissent penser que l'on a peut-être là les vestiges d'un premier édifice, ce que confirmerait la différence de facture entre les chapiteaux du pourtour de la crypte et ceux des colonnes libres. L'église conserve un important décor sculpté roman où peuvent être distingués plusieurs ensembles. A côté de chapiteaux à grandes feuilles d'eau ou à couronnes de feuilles lisses dérivés du corinthien, la crypte offre des corbeilles en tronc de cône et parallélépipède sculptées en méplat, dont deux représentent des paons et d'autres sont à motifs végétaux et entrelacs, avec, pour l'une, l'inscription BERNARDUS et un mot illisible, où l'on a parfois proposé de reconnaître la signature du sculpteur. Les chapiteaux des piles occidentales de la croisée du transept sont dans cette dernière lignée, le décor de tiges végétales auxquelles se mêlent des lions et des oiseaux restant en méplat, mais avec un épannelage et une facture différents ; deux chapiteaux cependant s'inspirent assez directement des modèles corinthiens romains. C'est un tout autre style qui apparaît dans le choeur. Sur un épannelage corinthien, lions ou oiseaux affrontés et réseaux végétaux reproduisent des motifs apparus à la fin du XIe siècle. Un seul chapiteau est historié, représentant des personnages sous une arcature dont l'identification est incertaine. L'atelier qui intervient dans l'absidiole sud multiplie au contraire chapiteaux historiés et figurés : saint Pierre délivré par l'ange, martyres de saint Pierre et de saint Paul, l'avare en proie aux démons, une âme emportée dans une mandorle par deux anges... Les corbeilles ont cette particularité d'être pliées pour s'adapter aux angles du pentagone. C'est peut-être au même sculpteur qu'il faudrait attribuer les modillons extérieurs où sont figurés un lézard, plusieurs têtes d'animaux, des têtes humaines... et dont le décor de palmettes de la corniche est en outre tout à fait semblable à celui de l'archivolte du portail sud.

Historique :
L'origine de l'église remonte à 1055. Construit à la fin du XIe siècle, l'édifice a été endommagé à diverses reprises, notamment en 1369 lors du siège de Duravel, puis au cours des guerres de Religion. A cette époque, la voûte de la nef ainsi que l'absidiole nord furent démolies puis reconstruites dans le style de la fin du XVe siècle. Les parties intactes remontant à l'origine sont : la crypte, l'abside, le transept, le premier étage du clocher et l'absidiole sud. Les chapiteaux sont décorés de façon naïve, avec du feuillage ou des figures symboliques. Dans l'absidiole sud se trouvent des scènes représentant les supplices de l'enfer et ceux du purgatoire. D'autres dépeignent le bonheur des élus et les joies du paradis. Dans l'abside se trouvent des représentations de personnages bibliques et de scènes religieuses. Le premier étage du clocher, qui s'élève au-dessus de la croisée du transept, est percé sur chaque face d'une série de quatre arcatures dont les arcs plein cintre retombent sur des colonnettes aux chapiteaux sculptés. En 1898, la nef a été surélevée pour la dégager entièrement des bas-côtés. Cette surélévation fut ensuite réalisée dans le choeur et le transept.
L'église est donnée en 1055 par Gausbert et Seguin de Pestilhac aux abbayes de Cluny et de Moissac et devient alors prieuré de l'abbaye quercynoise. D'un premier édifice des environs de 1070 subsistent les murs de la crypte et peut-être le plan de la nef. Le chantier se poursuit au début du XIIe siècle (chapiteaux à entrelacs et palmettes en faible relief de la croisée) et dans le deuxième quart du XIIe siècle (abside) et s'achève avec l'absidiole sud qui ne peut être antérieure à la seconde moitié du siècle. Dans le clocher sont remployés des chapiteaux de la fin de l'Antiquité. Au cours de la guerre de Cent ans, peut-être vers 1369, la nef est surélevée ainsi l'abside, pour servir de refuge, et une tour aurait été construite sur le bras nord du transept ; le portail ouest pourrait dater de la même époque. C'est peut-être à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle (plutôt qu'au XVIIe siècle) que l'absidiole nord est remplacée par une chapelle de plan carré, dont l'un des culots porte sans doute les armes, non identifiées, du commanditaire. Lors de la prise de la ville par les protestants en 1596, la nef est endommagée et elle sera en partie reconstruite au début du XVIIe siècle, en même temps peut-être qu'une partie du transept. La sécularisation du prieuré intervient en même temps que celle de l'abbaye de Moissac, en 1626. D'importants travaux de restauration sont réalisés à la fin du XIXe siècle, auxquels appartiennent en particulier les couvertures et leurs pignons, et le dernier niveau du clocher ; les peintures de l'intérieur de l'église qui avaient été exécutées par Paul Pizzi dans les années 1837-1843 sont refaites par Cyprien Calmon en 1884.

Périodes de construction :
XIIe siècle, XVe siècle

Propriété de la commune