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Crédit photo : Effraie81 - Sous licence Creative Commons
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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
81140 Vieux - France
Code Insee de la commune : 81316
Tarn [81] - Albi - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
6 Rue de la Mairie 81140 Vieux
Eléments protégés :
Eglise : classement par arrêté du 24 février 1906
Description :
De plan allongé, l'église est composée d'un vaisseau unique de cinq travées couvert d'une charpente sur arcs diaphragmes. Le toit est à longs pans. En avant de l'élévation occidentale, le clocher-tour, disposant de deux niveaux de baies campanaires, est couvert par un toit à croupe polygonale. Il est desservi pour le premier niveau par un escalier installé dans un bâtiment attenant, couvert d'un toit en appentis, et par une tourelle d'escalier en vis. La chapelle latérale, située au rez-de-chaussée et ouvrant sur la nef est voûtée d'ogives à cavets retombant sur des culots effilés. Elle accueille un décor peint (étudié dans la base Palissy). L'arc d'entrée est mouluré par des cavets, avec retombée à pénétration sur une colonne à la base polygonale mais dont les talons sont adoucis. Au-dessus, se trouve une salle voûtée d'ogives effilée par des cavets. Au nord, deux chapelles latérales sont ouvertes entre les contreforts des deux dernières travées de la nef. Au sud, trois chapelles latérales sont ouvertes au niveau des trois dernières travées de la nef. Au niveau de la dernière travée, la chapelle est couverte d'une voûte d'ogives alors que les précédentes sont couvertes d'une voûte en berceau segmentaire. Le choeur, voûté d'ogives à l'origine, est composé d'une travée droite et d'une abside pentagonale. L'arc doubleau du choeur retombe sur une colonne à chapiteau feuillagé alors que celui de l'abside est supporté par un culot sculpté d'un musicien jouant de la viole. Les arcs diagonaux de l'abside retombaient sur des colonnettes à chapiteaux sculptés de deux rangs de feuilles. L'abside est couverte d'une croupe polygonale. Les deux chapelles latérales sont voûtées d'ogive dont la réception est assurée par des culots feuillagés. L'ancien portail nord, en arc brisé, est couronné d'une archivolte torique à listel alors que l'intrados est parcouru d'un simple tore. Le portail sud est couvert d'un arc segmentaire effilé par un cavet et rehaussé de pinacles sculptés. Une rose à deux rayons est percée dans la partie supérieure de l'élévation. Les élévations maçonnées sont constituées d'un moyen appareil de calcaire, l'encadrement des baies ainsi que les remplages et réseaux sont en pierre de calcaire.
Historique :
Edifice du XIVe siècle qui se compose d'une nef à six travées, d'un clocher situé sur l'axe de la nef, à l'ouest, d'une abside polygonale et de plusieurs chapelles s'ouvrant dans un certain nombre de travées au nord et au sud de la nef. La nef et l'abside sont voûtées avec arcs doubleaux et arêtiers, ainsi que les deux chapelles de la sixième travée et le rez-de-chaussée du clocher. Le premier étage du clocher forme une salle voûtée de la même manière. Les autres chapelles sont voûtées en berceau. Au-dessus du premier étage, les autres étages du clocher sont sur plan octogonal et paraissent remonter au XVIIe siècle. La chapelle des fonts placée au rez-de-chaussée du clocher, était ornée de peintures du XIVe siècle. Ces peintures sont réparties sur trois faces de la chapelle et se divisent en panneaux illustrant des scènes représentant la passion et les vertus théologales.
Une première église accueillit à Vieux au milieu ou au début du 3e quart du IXe siècle les reliques de saint Eugène, saint Amarand et sainte Carissime. La date du transfert des reliques depuis l'environnement immédiat d'Albi n'est pas connue mais l'église est mentionnée en 861, ainsi que les reliques, dans un legs de la comtesse de Rouergue, Sénégonde (Biget, 1990, p. 20). L'église est alors sous le vocable Saint-Aubin. Aux IXe et Xe siècles, un abbé était à la tête d'un chapitre de quatre chanoines. En 931, il est mention de reliques de deux autres saints, saint Longin et saint Vindémial (de Lacger, 1922, p. 222). L'église acquiert un rayonnement certain au Xe siècle, elle bénéficie des libéralités testamentaires des comtes de Toulouse-Rouergue. A la fin du Xe siècle, un prévôt remplace l'abbé (de Lacger, 1922, p. 228). La sauveté de Vieux est créée entre 1037 et 1041 (Biget, 1990, p. 27) et en 1078, le prieuré est uni à l'abbaye d'Aurillac par l'évêque Frotard. Ce n'est qu'en 1204 que l'évêque d'Albi put conclure un accord avec l'abbaye d'Aurillac pour retrouver l'église Saint-Eugène. L'église fut reconstruite selon toute vraisemblance dans le 1er quart du XIVe siècle, sur le plan d'une vaste église à vaisseau unique de cinq travées couvert d'une charpente, clôturé par un choeur voûté d'ogives à une travée droite, bordée au sud et au nord d'une chapelle latérale voûtée d'ogives, et une abside polygonale. En 1340, la dignité de prévôt est supprimée et le chapitre cathédral institue en cette église un vicaire perpétuel et quatre donats (Rossignol, 1865, p. 323). En 1494, l'évêque Louis d'Amboise fit transférer les reliques de Vieux à la cathédrale d'Albi mais une partie des reliques furent laissées à Vieux ( Rossignol, 1865, p. 332). La limite du XVe et du XVIe siècle correspond aussi à une intervention importante dans l'église Saint-Eugène. Les élévations de la première travée de la nef sont reprises lors de la construction d'un clocher-tour occidental, desservi par une tourelle d'escalier en vis pour les parties hautes, et un escalier intérieur donnant à la première salle, situé contre le revers de l'élévation occidentale. A sa base est élevée une chapelle latérale voûtée d'ogives bénéficiant d'un décor peint sur les murs sud, ouest et nord ainsi que sur la voûte. Un portail et une rose sont percés dans l'élévation sud de la deuxième travée. Deux chapelles latérales sont élevées au nord des deux dernières travées de la nef et trois chapelles, au sud des trois dernières travées de la nef. L'arcade de la chapelle nord du chour est alors fermée pour partie sur le chour, ménageant une petite porte en arc brisé et une salle voûtée en berceau est élevée à l'est. Une porte en arc segmentaire chanfreiné relie les deux parties. La chapelle sud est également fermée et abrite depuis la sacristie. En 1706, des aménagements sont entrepris dans la salle orientale de la chapelle nord du chour pour accueillir un retable et les reliques des saints (Rossignol, 1865, p. 332). Elle est dénommée alors "tombeau des saints". En 1810, des réfections sont apportées au plafond et à la toiture de l'église. En 1862, la cloche de l'église est refondue par Hypolite Boutet, fondeur à Albi (AD Tarn, 2 O 316/1). Entre 1867 et 1872, date de réception définitive des travaux réalisés sous la direction de l'architecte Rivet, une voûte en brique creuse est installée sur la nef et le chour (AD Tarn, 2 O 316/1). L'intérieur de l'église est plâtré en 1872 (AD Tarn, 2 O 316/1). Une partie de la charpente est refaite en 1894 (AD Tarn, 2 O 316/1). Entre 1880 et 1894, de nouveaux vitraux du maître verrier H. Fauré sont placés dans les baies du chour et des chapelles latérales de la nef. Probablement au début du XXe siècle, à la suite de la démolition de l'escalier intérieur, un nouvel escalier est installé dans une construction attenante au nord et relié à l'escalier en vis. L'église est classée Monument historique le 24 février 1906. La charpente est refaite en 1908 ainsi que les voûtes de brique et un fossé est creusé sur le pourtour de l'église pour la protéger de l'humidité. Le niveau du sol intérieur est exhaussé (CRMH, dossier). En 1941, le pourtour de l'église est assaini à nouveau (CRMH, dossier). En 1955, les trois premiers arcs diaphragmes de la nef sont consolidés par adjonction de béton et les voûtes en brique des premières travées de la nef sont démolies (CRMH, dossier). Les voûtes en brique des autres travées de la nef et du chour ont été démolies les années suivantes.
Périodes de construction :
XIVe siècle, XVIIe siècle
Propriété de la commune