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Monument Historique Église situé à Manduel

Crédit photo : Marianne Casamance - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
30129 Manduel - France

Code Insee de la commune : 30155
Gard [30] - Nîmes - Languedoc Roussillon (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
1 Place Saint-Genest 30129 Manduel

Eléments protégés :
L'église paroissiale en totalité (cad. AB 310) : inscription par arrêté du 25 octobre 2016

Description :
L’église néo-romane Saint-Genest d’Arles se situe dans le centre de la commune de Manduel à proximité de la mairie. Elle fait face au cours Jean-Jaurès aménagé à la même période. Contrairement au lieu de culte primitif situé au même emplacement, l’église actuelle est dirigée vers le nord.Elle est composée d’un corps central de plan allongé, de bas-côtés s’achevant par des chapelles et est divisée en cinq travées égales. Deux sacristies à l’est et à l’ouest complètent l’ensemble. La nef voûtée d’ogive s’achève par un chevet échelonné formé de trois absides semi-circulaire voûtées en cul-de-four. Dans le massif, un escalier en vis en maçonnerie dessert la tribune. La façade de l’église est surplombée d’un clocher carré à abat-voix portant une flèche hexagonale en pierre ajourée.Les devis et cahiers des charges dressés par l’architecte détaillent les matériaux d’origine : pierre de taille de Beaucaire pour le gros-œuvre accompagné de moellons et mortier de chaux, briques à crochets pour les voûtes et les arcs et dallage en bards calcaire. La charpente est en bois de sapin et la couverture en tuiles creuses. Les matériaux de l’ancienne église sont réemployés dans les contreforts.Les décors des chapiteaux reprennent des motifs associés aux litanies de la Vierge comme la tour de David ou la cité de Dieu et des calices. Des décors identiques sont présents dans l’église de Milhaud agrandie par Révoil en 1865. Le tympan du portail central comprend une croix pattée entre deux oiseaux et des entrelacs végétaux surplombant la mention « in hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras). Deux statues figurant la Vierge et saint Geniès sont nichées sur les murs gouttereaux. Elles ont été placées respectivement en 1856 et 1891.Les travaux menés par Claire-Lise Creissen avancent l’hypothèse d’une attribution aux sculpteurs Paul Hubert Colin (1801-1873), professeur à l’école des Beaux-Arts de Nîmes, et Pierre Michel (1841-1893) ou à Pierre Pocheville (1829-1895), plâtrier stucateur présents sur d’autres chantiers de l’architecte à la même période.

Historique :
Le bâtiment actuel remplace un édifice encore visible sur le cadastre de 1809. L'église néo-romane se compose d'une nef centrale et de deux bas-côtés avec des absides semi-circulaires. Elle comprend cinq travées et un transept saillant. Le portail reprend le motif, très simplifié, de celui de Saint-Trophime d'Arles. A l'intérieur, l'église a conservé ses peintures décoratives, sauf les colonnes de la nef. Le choeur est plus richement orné avec un motif de caissons et la voûte en cul-de-four est peinte en bleu avec ogives feintes pour s'harmoniser avec la nef. La croisée du transept est historiée avec la représentation des quatre évangélistes. Ces peintures sont l'oeuvre de Bernard Gentilini, d'après celles du Dominicain à Saint-Andrea-della-Valle à Rome.
La réponse à un questionnaire administratif de 1837 nous renseigne sur l’état de l’église primitive. Celle-ci, construite peu avant les conflits religieux, est orientée, insuffisante pour la population locale, et pose des problèmes structurels (lézarde sur la longueur de la voûte, escalier en mauvais état, tribune menaçant ruine…). Le nombre de fidèles augmentent depuis l’ouverture de la ligne de chemin de fer, le conseil municipal délibère son agrandissement le 11 mai 1856.  Un premier projet d’allongement de l’église existante prévoit de reculer le chœur et d’ajouter trois chapelles. Gaston Bourdon propose à son tour un plan figuratif en 1858. Une reconstruction ex-nihilo, avec réorientation de l’édifice, est préférée afin d’ouvrir sur le nouveau cour Jean Jaurès.Henri Révoil réalise un devis en 1857 s’élevant à 76 190,48 francs. Les plans et coupes correspondantes n’ont pas été conservés. La commune est autorisée par décret impérial à souscrire un emprunt pour le financement des travaux. Après établissement du cahier des charges, le coût total est ajusté (95 644,81 francs). L’adjudication en faveur des entrepreneurs Guérin et Fabre est passée le 26 juin 1859 ; la première pierre est posée le 3 novembre.Un devis supplémentaire de 2 615, 55 francs est émis pour la construction d’un beffroi au clocher. Les travaux concernant le gros œuvre semblent être réceptionnés en octobre 1861. L’architecte impose aux entrepreneurs le choix de certains artisans pour l’ornementation intérieure. Elle est consacrée par Mgr Plantier le 10 avril 1862. Le 13 mai 1866, une délibération du conseil municipal de Manduel fait état des dépenses, hors décoration et mobilier, pour la reconstruction de 103 561, 87 francs. Un désaccord oppose l’architecte aux entrepreneurs à partir de 1861 au sujet des coûts de construction. La préfecture réalise une enquête en 1862 : Joseph Maurice Bègue représente la commune, Alphonse Cordonnier les entrepreneurs. Les parties s’accordent sur un montant des travaux effectués par les entrepreneurs, hors honoraires de l’architecte, de 99 300,25 francs. En 1863, Guérin et Fabre saisissent le Conseil d’État et obtiennent 548, 20 francs supplémentaires, versés au printemps 1866.Des restaurations ont lieu entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle : travaux d’étanchéité par Charles Etienne en 1866 (1000 francs), reprise du dallage de la sacristie par François Mazoyer en 1889 (500 francs), réfection du sol au niveau de l’abside en mosaïque en 1891, réparations diverses par l’agent voyer cantonal A. Bourguet (3 743,76 francs), réfection de la toiture en 1920 par l’architecte Poitevin pour 15 625 francs (Paul Gache maçon de Manduel, Dayon, zingueur de Cabrières et Jules Letourneau, charpentier de Nîmes).Les verrières d'origine sont réalisées par Frédéric Martin d’Avignon en 1862 pour la somme de 5 300 francs (les 9 verrières historiées ont disparu). Les vitraux soufflés par des bombardements pendant la seconde guerre mondiale sont remplacés en 1950. Frédéric Fayard restaure la baie jumelée de la façade et certaines verrières du chœur en 1998 (23 242, 63 francs).Après quatre ans de restauration, l'église de Manduel a été inaugurée par Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes, le 1er octobre 2023.

Périodes de construction :
XIXe siècle

Architecte ou maître d'oeuvre :
Revoil Henri (architecte), Gentilini Bernard (peintre)

Propriété de la commune