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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
68 boulevard de Strasbourg ; 3 rue Roquelaine
31100 Toulouse - France
Code Insee de la commune : 31555
Haute Garonne [31] - Toulouse - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
Rue Roquelaine 31000 Toulouse
Eléments protégés :
L’hôtel particulier de Georges Pauilhac et sa cour, en totalité, ainsi que les façades et toitures de l’extension construite par Jacques Villemur en 1962 – tel que représenté en rouge sur le plan annexé à l’arrêté. Les édifices susmentionnés sont situés 68 boulevard de Strasbourg et 3 rue Roquelaine sur les parcelles figurant au cadastre section 823 AC n° 624 et 625 : inscription par arrêté du 10 décembre 2025
Description :
Les élévations de l'hôtel Pauilhac ne sont visibles que sur la cour, depuis l'entrée de la rue Roquelaine. Sur trois côtés - la façade en retour, au nord, était prolongée par les écuries, celle côté sud était mitoyenne avec la propriété voisine - elles se développent sur cinq niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages ainsi qu'un étage de comble en brisis couvert en ardoise, percé d'œils-de-bœuf à encadrements en zinc. Ce dernier niveau est bordé par une coursive avec garde-corps (les balustres, visibles sur une photographie de 1959, ont depuis été remplacés par des garde-corps métalliques). À la fin des années 1950, cet étage de comble a été surélevé sur l'ensemble de l'aile ouest et en partie sur le corps de bâtiment sud (côté boulevard). Le parement des façades alterne de la brique rouge aux étages avec un bossage continu en table de pierre au rez-de-chaussée surélevé et sur l'avant-corps sud ; cette pierre blanche se retrouve au niveau des encadrements de baies et de la corniche, complétant cette élégante polychromie. Aux multiples références au XVIIIe siècle - profusion d'éléments sculptés de style rocaille (coquilles, cartouches, clefs, guirlandes de fleurs), épaisse corniche avec postes, denticules et consoles, ferronneries des balcons...- se mêle l'influence Art nouveau dans le dessin des menuiseries en bois à verres biseautés. Les appartements occupaient principalement le corps de bâtiment sud (sur le boulevard), l'aile ouest servant de vestibule d'entrée et, à chaque étage, de galerie de liaison avec une pièce située à l'angle de l'aile nord. Une seconde entrée depuis le passage couvert du n°72 (hôtel Marsan) menait directement aux appartements de Georges Pauilhac ainsi qu'aux bureaux de l'entreprise JOB. Les deux axes de distribution de l'hôtel - hall et vestibule depuis la cour/second vestibule depuis l'entrée du n°72 - se recoupent à angle droit au niveau du grand escalier. Le hall a été recloisonné et masqué par des aménagements successifs, toutefois le décor d'origine - sol en mosaïque et plafond à large corniche moulurée - est visible dans les dégagements. Depuis le hall, on accède au vestibule donnant sur la cage d'escalier et au couloir distribuant les pièces du rez-de-chaussée. Les deux salons ouvrent au sud sur le boulevard. Leur décor, de même que celui du couloir, est marqué par l'Art nouveau : formes sinueuses des poignées et impostes des portes, motifs floraux sculptés sur les portes, les lambris, la corniche et la cheminée du petit salon. Dans le grand salon, le décor est plus sobre : on retrouve l'influence de la « ligne coup de fouet » dans les lambris bas et les encadrements de baies tandis que la cheminée adopte un style néo-Renaissance. La salle à manger, située dans l'avant-corps, donnait au nord sur la cour. De même que dans les salons, un faux-plafond y a été mis en place et les éventuels papiers peints ou tentures ont disparu. Au sous-sol, l'ancienne cuisine, située sous la salle à manger, ouvrait au nord sur une cour anglaise, de même que d'autres espaces de service. L'escalier est en marbre jaune avec un garde-corps en ferronnerie dans le goût du XVIIIe siècle. Les portes en bois sont sculptées de motifs empruntés au vocabulaire néo-classique : godrons, rangs de perles, piastres, coquilles et chutes de feuillages. Au 1er étage, l'aile ouest est occupée par une galerie ouvrant sur la cour par trois portes-fenêtres. Son sol est en mosaïque comme celui du péristyle ; elle ouvrait au nord sur une ancienne chambre (les traces de cloisons sur le parquet semblent indiquer une alcôve et une cheminée). Les chambres principales étaient probablement situées dans l'aile sud, dont la distribution a été conservée. Ces quatre pièces conservent leurs portes sculptées, volets intérieurs, parquets à chevrons, plafonds à corniches ou consoles moulurées, mais les cheminées ont disparu. Les deux salles de bains présentent des sols en mosaïque et des parois recouvertes de marbre. Le deuxième étage reprend la même distribution : la galerie, dont le sol est ici recouvert d'un parquet à chevrons, dessert au sud des chambres réparties de part et d'autre d'un couloir, et au nord une vaste pièce qui aurait servi de billard, éclairée par une verrière aujourd'hui occultée, enchâssée dans une structure en bois sculpté aux lignes Art nouveau. L'aile sud a en partie conservé son riche décor, plus raffiné que celui du 1er étage (parquets marquetés, gypseries des plafonds), indiquant peut-être une fonction de réception pour ces espaces.
Historique :
Zacharie Pauilhac, associé de Jean Bardou chargé de la distribution des papiers à cigarettes JOB, établit en 1838 son magasin d'expédition au nord-est du centre-ville de Toulouse, au 2, boulevard de Strasbourg. Son frère Léon, qui lui succède dans l'entreprise JOB à son décès, emménage en 1866 plus au nord du boulevard, au n°64, puis achète peu à peu les propriétés voisines. En 1890, sa veuve, Claire Pauilhac, prend la tête de l'entreprise avec son fils et son gendre Antoine Calvet, et divise la propriété du boulevard de Strasbourg entre ses enfants, Georges, Geneviève et Juliette. Jean Job Jacques Georges Pauilhac (Toulouse, 1871 - Paris, 1959) reprend les affaires de son père en tant que directeur commercial de JOB. Peu investi dans la société, on lui doit cependant l'idée de créer des calendriers, affiches et cartes postales à vocation publicitaire. En 1913, il est nommé administrateur de la société JOB, fonction qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1958. Il commence dès son adolescence à collectionner les armes anciennes, ce qui l'amène à voyager dans l'Europe entière. En 1898, sa mère lui fait édifier par l'architecte Barthélémy Guitard un hôtel particulier sur la parcelle dont il a hérité. L'hôtel prend place au n°70, à côté de l'hôtel familial du 72, boulevard de Strasbourg où vivent Geneviève et son mari Jules Marsan. Juliette et son époux Antoine Calvet font édifier vers 1910 l'hôtel à l'angle du boulevard et de la rue de la Concorde (n°76). Les trois propriétés communiquent entre elles : l'hôtel de Georges Pauilhac a une de ses entrées par le passage couvert de l'hôtel Marsan et l'hôtel Calvet donne accès à l'hôtel Marsan par une porte au 1er étage. Les jardins et les cours sont communs et la cour de l'hôtel Marsan abrite un musée pour la collection d'armes anciennes de Georges Pauilhac. En plus de la partie habitation, des bureaux, des magasins de vente et d'expédition ainsi que des ateliers sont installés dans les hôtels qui communiquent avec l'usine Claire-Pauilhac ouverte en 1920 (dédiée à la fabrication de papiers à cigarettes). Les trois hôtels sont l'œuvre de Barthélémy Guitard (Toulouse, 1859-1937), élève de Henry Bach à l'école des arts de Toulouse puis de l'École des Beaux-Arts de Paris (diplômé en 1887). Il est notamment l'auteur à Toulouse de la Chambre de commerce, de la Société générale, de l'hôpital de Purpan, de l'imprimerie Sirven rue de la Colombette, de l'hôtel de La Dépêche du Midi rue Bayard et du Grand hôtel rue de Metz. En 1910, à la suite de son divorce, Georges Pauilhac s'installe à Paris. L'hôtel est vendu en 1946, puis est acquis en 1956 par l'université de Toulouse pour y installer le Centre Régional de Documentation Pédagogique : l'aile des écuries et de la conciergerie est détruite et remplacée par un nouveau corps de bâtiment. Le CRDP, le premier créé en France, est inauguré le 5 mars 1959. Il est agrandi en 1962 selon des plans dressés par l'architecte Jacques Villemur, après l'achat de la propriété Castaing voisine, située sur la parcelle d'angle. L'élévation de Guitard sur le boulevard, qui était similaire à celle de l'hôtel Marsan, est bûchée, chemisée et surélevée d'un niveau pour s'harmoniser avec ce nouveau bâtiment : elle est recouverte d'un placage de briques (les deux derniers niveaux sont en béton) et les baies reçoivent des encadrements en ciment et des menuiseries métalliques. Un dernier corps de bâtiment est ajouté sur la rue Roquelaine (n°5), permettant de fermer la cour et relié à celui construit vers 1956 à l'emplacement des anciennes écuries.
Périodes de construction :
4e quart XIXe siècle
Architecte ou maître d'oeuvre :
GUITARD Barthélémy (architecte), VILLEMUR Jacques (architecte)
Propriété de l’État