Modifier la localisation Fort de la Platte (Fort 2000) à Bourg-Saint-Maurice

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
73700 Bourg-Saint-Maurice - France

Code Insee de la commune : 73054
Savoie [73] - Chambéry - Rhône Alpes (Auvergne-Rhône-Alpes)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :

Eléments protégés :
Le Fort de la Platte (Fort 2000) en totalité, incluant le bâti et la parcelle n° 1130, figurant au cadastre section D : inscription par arrêté du 3 juillet 2024

Description :
Edifié sur le versant adret à l'aplomb de la ville de Bourg-Saint-Maurice, et offrant un belvédère exceptionnel au-dessus de la haute vallée de l'Isère, face à la station de ski des Arcs, le fort de la Platte est établi entre 1985 et 2000 mètres d'altitude - ces derniers correspondant à la hauteur de la terrasse du bâtiment de casernement central, ou blockhaus, qui justifie l'appellation de « Fort 2000 » à cet ouvrage défensif. L'ensemble s'étend sur 1,12 ha clos de murs, construits sur la dénivellation du terrain, et protégés par un pont-levis. On peut y distinguer deux parties : celle, construite sur la partie haute, contenant une entrée fortifiée avec corps de garde, deux casemates (abri voûté et anciennes latrines) et un bâtiment érigé au centre de type « fort Boyard » ou « réduit central » réservé aux soldats et aux officiers ; et le reste du fort, dans le prolongement de la partie haute, se déroulant vers le bas sur le dénivelé de la pente : y sont logés une enveloppe comprenant quatre plates-formes d'artillerie pour autant de canons de 80 mm, le tout entièrement entouré d'un mur défensif qui, dans sa partie la plus basse, est remplacé par une grille, conforme aux nouveautés développées pour les forts Séré troisième génération, et qui permet également l'évacuation de l'eau lors de la fonte des neiges en fin d'hiver. Le terrain est recouvert de gazon. Des ouvertures de tir et, sur la partie haute, un crénelage, complètent la description.

Historique :
Après le désastre de la guerre de 1870, le général Séré de Rivières (1815-1895) est chargé de développer un nouveau système de fortifications, rompant avec celui des bastions hérités de Vauban, qui s'appuiera sur le principe de forts polygonaux établis en rideaux défensifs. Ces forts subiront rapidement des modernisations à la suite de la crise de l'obus-torpille afin de les rendre plus résistants notamment par l'emploi systématique du béton, l'ajout de grilles au lieu de murs d'escarpements, et d'autres modifications structurelles (forts Séré dits de troisième génération) ; en montagne, face à la menace de l'Italie entrée dans la Triplice ou Triple-Alliance aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, ils seront adaptés par un étagement incluant dans la vallée, près des villes, un ouvrage d'interdiction destiné à défendre la vallée, un peu plus haut un ouvrage de protection à tir dominant pour protéger l'ouvrage d'interdiction, et enfin au sommet un ouvrage de surveillance destiné à verrouiller les accès invisibles des deux autres types d'ouvrage. Ce système avait été tout d'abord mis en place dans la vallée de La Maurienne, pour être ensuite développé dans la Tarentaise, et en particulier autour d'Albertville, et pour finir autour de Bourg-Saint-Maurice afin de verrouiller l'accès au Petit-Saint-Bernard : à partir des années 1890 seront construits la batterie de Vulmix en tant qu'ouvrage d'interdiction, puis le fort du Truc comme ouvrage de protection, et enfin le « Fort 2000 » ou « Fort de la Platte » comme ouvrage de surveillance. La construction de ce dernier, qui s'étend entre 1893 et 1896, est la synthèse de plusieurs années de réflexions, ce qui explique sa conception originale, incluant à la fois des éléments défensifs plus anciens, comme la présence d'un blockhaus (type d'édifice que l'on trouve par exemple autour d'Albertville, en position isolée), mais aussi une enceinte et une batterie d'artillerie présentant des éléments de la troisième génération. Destiné à abriter une centaine d'hommes, très peu modernisé, n'ayant jamais réellement servi lors des conflits postérieurs à sa construction, il est vendu à des particuliers dans les années 1960.

Périodes de construction :
4e quart XIXe siècle

Propriété privée