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Crédit photo : P.poschadel - Sous licence Creative Commons
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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
20 rue de Chaâge
77100 Meaux - France
Code Insee de la commune : 77284
Seine et Marne [77] - Melun - Ile de France (Ile-de-France)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
20 Rue de Chaage 77100 Meaux
Eléments protégés :
Chapelle, en totalité (cad. BW 242) : inscription par arrêté du 9 avril 1998
Description :
L'ancienne abbaye Notre-Dame de Chaage a été implantée extra muros, au nord de la ville. Elle occupe une vaste parcelle aujourd'hui bordée par le chemin de fer, la rue de Chaageet la rue Georges-Lugol, ainsi que par des maisons particulières. La partie ouest de cette parcelle est l'ancien jardin de l'abbaye, et sert aujourd'hui de cour et de terrains de sport, avec un gymnase moderne. Les bâtiments abbatiaux sont quant à eux construits sur la partie orientale, le long de la rue de Chaage. Ils s'organisent principalement autour du cloître. Les ailes nord et ouest, où se trouvaient les cellules des moines, abritent des salles de classes et le réfectoire. L'aile sud est formée par la chapelle du séminaire, en grande partie transformée en bibliothèque diocésaine, et par d'anciennes chambres de séminaristes, transformées en salles de classe. L'aile orientale abrite l'ancienne chapelle des visitandines, convertie en locaux administratifs. Plus au sud s'élèvent les vestiges de l'église abbatiale : l'ancienne sacrisitie et la chapelle du Rosaire, transformée en orangerie au XIXe siècle.
Historique :
En 1907, le Grand Séminaire de Meaux s'installe dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Chaâge morcelée et vendue par lots depuis la Révolution. En 1936, un projet d'agrandissement du Grand Séminaire aboutit à la construction du bâtiment en béton armé qui abrite la chapelle. L'architecte Henri Faucheur est chargé de sa réalisation ; il s'inspire notamment des édifices construits par l'architecte bénédictin Dom Bellot, spécialisé dans l'utilisation de la brique en ressaut. La peinture du choeur est l'oeuvre de George Desvallières. C'est une peinture "encadrée" réalisée sur une toile marouflée d'une tonalité générale jaune et grise. La chapelle est éclairée par un ensemble de vitraux de très grande qualité réalisés dans l'atelier de Louis Barillet, en étroite collaboration avec Jacques Le Chevallier et Théodore Hanssen. Le mobilier est élaboré sous la direction d'Henri Faucheur par les ateliers Boulanger à Meaux, qui ont exécuté les stalles des séminaristes aujourd'hui cachées par les rayonnages de la bibliothèque, les chaises et les fauteuils liturgiques, les portes de la chapelle. L'autel et le tabernacle sont conçus par Henri Faucheur et réalisés par la marbrerie Lelu. Après le départ du Grand Séminaire en 1960, la chapelle est utilisée comme bibliothèque, la salle en sous-sol comme réserve de livres et les chambres des séminaristes situées au-dessus de la chapelle comme salles de classe pour le lycée Sainte-Marie. Sa réaffectation au culte ne pourrait que mettre en valeur cet ensemble exceptionnel et encore intact de l'art religieux des années 1930
Les origines de l'abbaye sont mal connues, on sait seulement qu'elle fut transformée en 1135 en établissement de chanoines réguliers, affilié à l'ordre victorin. Il ne reste rien de l'édifice médiéval, l'abbaye ayant été très affectée par la guerre de Cent Ans, puis par les guerres de religion. L'église fut reconstruite et consacrée en 1616. En 1781, la chapelle du Rosaire fut transformée par le maître-maçon meldois Jean François Scellier pour former le bas-côté au sud de l'église. A la Révolution, l'ensemble abbatial fut vendu au titre des biens nationaux et divisé entre plusieurs propriétaires. L'église fut alors détruite, à l'exception de l'ancienne chapelle du Rosaire. En 1807 les anciens bâtiments conventuels furent rachetés sur l'ordre de Mgr de Faudoas, évêque de Meaux. S'y installèrent le grand et le petit séminaire, puis en 1833, la congrégation enseignante des soeurs de la Visitation qui fit élever une chapelle (1846), adjoindre deux ailes au nord et au sud aux bâtiments du cloître (1864) et surélever l'aile orientale (1884). En 1848, une partie de la propriété fut expropriée en faveur de la société des Chemins de Fer pour la construction de la ligne Paris-Strasbourg, entraînant la disparition de l'hôtel abbatial. En 1902, les Visitandines quittèrent Meaux pour Namur. En 1908, les bâtiments conventuels furent achetés par Amédée Dassy puis loués à l'Ecole Supérieure de Théologie, nouvelle appellation du Grand séminaire. En 1934, Monseigneur Lamy fit construire une nouvelle chapelle par l'architecte meldois Henry Faucheur, disciple de Dom Bellot ; son décor fut exécuté par Desvallières (peintures murales, dossier IM77000302) et par l'atelier Barillet (vitraux, dossier IM77000301). Cette chapelle fut consacrée en 1937. Depuis 1972, l'ancien ensemble conventuel abrite un établissement d'enseignement privé : l'école Sainte-Marie, aujourd'hui Lycée technique et professionnel Jean Rose. Des bâtiments abbatiaux anciens ne subsistent que deux éléments : la chapelle du Rosaire réaménagée en orangerie puis en salle de cours et l'aile orientale du cloître dont le gros-oeuvre date probablement du début du XVIe siècle mais a été rhabillé au XVIIe siècle et surélevé en 1884. Les autres bâtiments remontent aux Visitandines (ancienne chapelle de 1846, actuellement bâtiment de l'administration) ou à la campagne de 1936-1937 (aile sud du cloître y compris la chapelle).
Périodes de construction :
2e quart XXe siècle
Architecte ou maître d'oeuvre :
FAUCHEUR Henri (architecte), DESVALLIERES Georges (peintre), BOULANGER (menuisier), LELU (marbrier), BARILLET Louis (peintre-verrier), LE CHEVALLIER Jacques (peintre-verrier), HANSSEN Théodore (peintre-verrier)
Propriété d'une association cultuelle