Modifier la localisation Four à chaux et débarcadère de Manapany à Saint-Joseph

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
97480 Saint-Joseph - France

Code Insee de la commune : 97412
La Réunion [974] - Saint Denis

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
12 Allee du Four a Chaux 97480 Saint-Joseph

Eléments protégés :
Le four à chaux et le débarcadère, situés au lieu-dit Manapany-les-Bains, sur une parcelle non cadastré, sur le domaine public maritime, tel que figurant en rouge sur le plan annexé : inscription par arrêté du 23 février 2026

Description :
Le four à chaux, construit en maçonnerie de moellons et basalte taillé, présente une forme cylindrique avec un foyer à quatre ouvertures. Il est en activité jusque dans les années 1890. Le chargement du corail se faisait par un gueulard situé au sommet du four, auquel les ouvriers accédaient par une passerelle. La situation du four, en contrebas de la falaise permettait en effet d'accéder plus aisément à son sommet. La chaux, ainsi fabriquée par la combustion du corail, était recueillie par les bouches situées à la base de l'édifice. Le débarcadère est construit par des murs maçonnés, aujourd'hui en partie érodés, posés sur la roche naturelle. L'ouvrage est constitué de murs de 13,40 m de long, de 4,8 m de haut et de 0,8 m d'épaisseur, avec une séparation de 6,40 entre les deux parties maçonnées, à l'origine reliées par un ponton en bois. L'ensemble mesure une longueur totale de 19 m. Il ne subsiste aujourd'hui que les parties maçonnées de cet ensemble. Le ponton en bois n'existait déjà plus sur les cartes postales de la première moitié du XXe siècle.

Historique :
Le four à chaux a été construit en 1852, également par Guy de Ferrières et Julien de Rontaunay, aussi propriétaires d'une usine sucrière à Manapany. Ceux -ci sont en effet associés depuis 1850 et ont racheté l'usine Leclerc sur la rive droite de la ravine Manapany, à laquelle ils ajoutent ensuite une guildiverie. En 1857, Julien de Rontaunay revend ses parts à Charles Guy de Ferrières et Anicet Orré qui conserve l'usine sous le nom de Caprice Orré. Le four à chaux, alimenté par le corail présent débarqué depuis les petits lagons de Grande Anse et Grands Bois, sert ainsi au fonctionnement de cette sucrerie, la chaux étant employé dans le processus de filtration du jus de canne afin d'éliminer les impuretés. Il est aussi utilisé pour la construction du débarcadère par ces mêmes entrepreneurs, ainsi que pour plusieurs bâtiments industriels et communaux à Saint-Joseph. Le milieu du XIXe siècle est marqué par la multiplication des marines le long du littoral réunionnais en raison des difficultés du transport routier avant la mise en place du chemin de fer. Ces établissements de batelages, fonctionnant grâce à des jetées en mer, permettent le transport des marchandises entre différentes rades de mouillage. La rade de Manapany sert ainsi au commerce et au ravitaillement de ce secteur du sud de La Réunion mal desservi par la route. Le débarcadère de Manapany est construit sur une pointe en contrefort rocheux fermant la baie. La création de marines devait être autorisé par le gouvernement, en raison de l'installation sur les pas géométriques. Julien de Rontaunay et Guy de Ferrières reçoivent ainsi l'autorisation de construire un embarcadère et un magasin d dépôt par arrêté du 17 mars 1853, avec permis de s'établir sur les pas géométriques. Julien de Rontaunay était déjà propriétaire d'une société de marines, il a construit le Patent Slip à Saint-Paul à partir de 1851. L'établissement de Manapany est resté peu d'années en fonction. On ne constate en effet plus de traces de cet établissement dans les rapports de relevés de marchandises de sociétés de batelages datant des années 1880. Le gouvernement colonial a depuis 1868 la volonté de supprimer des établissements de batelage afin de diminuer le nombre de rades ouvertes à la navigation. Il s'agit de centraliser les opérations maritimes dans les rades de Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. Ainsi les sucres produits de Saint-Philippe à l'Etang-Salé sont transportés par voie routière à Saint-Pierre. L'autorisation de la marine de Manapany est révoquée le 13 août 1869.

Périodes de construction :
3e quart XIXe siècle

Propriété de l’État