Modifier la localisation Ancienne abbaye Notre-Dame du Nid-au-Merle à Saint-Sulpice-la-Forêt

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Monument Historique Ancienne abbaye Notre-Dame du Nid-au-Merle situé à Saint-Sulpice-la-Forêt

Crédit photo : Parjann - Sous licence Creative Commons

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
35250 Saint-Sulpice-la-Forêt - France

Code Insee de la commune : 35315
Ille et Vilaine [35] - Rennes - Bretagne

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
9 L'Abbaye 35250 Saint-Sulpice-la-Forêt

Eléments protégés :
Restes de l'abbaye, sauf parties classées : inscription par arrêté du 15 décembre 1926 - Chapelle Notre-Dame-sur-l'Eau, lieudit l'Abbaye (cad. A 1412) : classement par arrêté du 26 mai 1992 - Vestiges de l'église de l'abbaye, y compris les chapiteaux, ainsi que les sols correspondant à l'emprise de cette église et du cloître (cad. A 1444, 1445, 1447) : classement par arrêté du 9 septembre 1993 rectifié par arrêté du 29 avril 1994

Description :
L´église fut construite au Sud de l´ensemble monastique, le cloître la bordait sur son flanc Nord et les différents bâtiments conventuels s´organisaient autour de celui-ci.Mélanie Cros, Enquête thématique régionale, 2006. L’ensemble abbatial ne nous est pas parvenu dans son intégralité. Une grande majorité de ses bâtiments conventuels ont été réédifiés au cours de la période moderne ou ont tout simplement disparu. Il ne reste aujourd’hui qu’une partie du cloitre et de la salle capitulaire, datés du XIIe siècle, ainsi que les édifices qui étaient réservés au chapelain et à l’abbesse, du XVIIe siècle. L’aspect originel du monastère est donc difficile à appréhender. Le site abbatial ne comporte aujourd’hui que quelques bâtiments conventuels, datant de la fin du Moyen Age et de la période moderne, et les ruines de l’église datées du XIIe et du XVIIe siècle. Des bâtiments abbatiaux, il ne reste que l’infirmerie, une partie du cloitre, un pavillon, le portail d’entrée, une ferme et un moulin. La chapelle Notre-Dame-sur-l’Eau, faisant partie du patrimoine de l’abbaye, n’est plus qu’une coquille vide et son état de conservation est préoccupant.L'infirmerie, formée d’un seul corps de bâtiment, en retour d’équerre sur le bâtiment principal, est construite en pierre et couvert d’ardoise. Aujourd’hui, elle abrite un Institut Médical d'Educatin-on. Le bâtiment comprenait un rez-de-chaussée, deux étages et des combles avec mansardes. Sa façade principale était orientée au sud, donnant sur un jardin. La façade nord a été modifiée depuis le départ des religieuses. Plusieurs petits corps de bâtiment ont été accolés à l’édifice principal. Ce bâtiment était constitué au rez-de-chaussée d'une cuisine à l’ouest, suivi d’un escalier et d’un cabinet. Vers l’est se trouvaient une pièce servant d’infirmerie, unc orridor la séparait de la salle servant de bûcher, au bout oriental. Le premier étage comprenait une chambre à l’ouest au-dessus de la cuisine et une autre pièce servant d’infirmerie à l’est, un corridor de dégagement à sa suite. Deux chambres pour l’infirmerie composaient le second étage. Un cabinet d’aisance se développait depuis le bas jusqu’en haut de l’édifice, faisant saillie sur la façade nord. Un jardin se développait au-devant de ce bâtiment et jusqu’à la façade occidentale du dortoir.Au sud de ce petit jardin se trouvait le cloître, formant un rectangle. L’aile orientale était enclavée dans le bâtiment principal; l’aile sud courait le long de la nef de l’église abbatiale. Les ailes du cloître étaient à l’origine formées d’arcades en plein cintre retombant sur des doubles colonnettes, une base d’arcade en témoigne : le départ des deux colonnettes est encore visible. Il est probable que ces colonnettes aient porté des chapiteaux. Bien que l’aile occidentale ait subsisté – occupée actuellement par le réfectoire de l’institut – les arcades aujourd’hui en place ont été largement modifiées au XVIIe siècle, sous l’abbatiat de Marguerite d’Angennes. Les arcades en plein cintre reposent alors sur des piliers carrés. Les galeries claustrales faisaient onze pieds de largeur, le sol était pavé de carreaux de terre cuite. Le cloître, placé au centre du complexe abbatial, permettait aux religieuses d’accéder au bâtiment principal. Elles empruntaient alors la porte de l’aile est qui menait directement à la salle du chapitre. Pour accéder à l’église abbatiale, le passage se faisait par la porte située au bout occidental de la nef. La galerie sud menait également au noviciat, situé contre la façade occidentale de la nef, comprenant une sacristie et un parloir. Une cour se trouvait de l’autre côté de l’aile ouest, utilisée par les domestiques et les ouvriers. Cette partie du cloitre était close mais une porte dans le coin nord-ouest en donnait l’accès. Un jardin occupait le centre du carré claustral.L’église abbatiale, présentant un plan en croix latine296, était enclavée entre le bâtiment principal et le cloître au nord, et le noviciat à l’ouest.Le pavillon s’appuyait sur le pignon occidental du noviciat aujourd’hui disparu. Il se composait d’un rez-de-chaussée et de deux étages. De plan carré, il mesurait 18 pieds de chaque côté. En-dessous de cet édifice se trouvait une cave qui se prolongeait le long de l’aile occidentale du cloître, jusqu’au milieu de celle-ci. Le rez-de-chaussée était composé d’un petit appartement servant de parloir et d’une cage d’escalier. Le premier étage comportait une chambre placée au-dessus du parloir et un corridor de dégagement pour communiquer aux greniers en entresol du bâtiment voisin, le noviciat. Une autre chambre composait le second étage, un corridor de dégagement conduisait aux deux chambres du noviciat. Deux fenêtres hautes ouvrent au nord, six au sud. Il a été édifié au XVIIe siècle, après le raccourcissement de la nef. Toujours visible aujourd’hui, il sert à présent de cuisine pour l’institut Il devait servir pour les pensionnaires. Vers l’ouest et à la suite du pavillon était un autre corps de logis, de la premièremoitié du XVe siècle. Construit en pierre et couvert d’ardoise, il faisait 24 pieds de largeur du nord au sud et 85 pieds de longueur de l’ouest à l’est. Du côté ouest de la porterie, au rez-de-chaussée, se trouvaient deux appartements dont l’un était divisé en deux par une cloison et servait de débarras. Du côté est se trouvait une autre pièce servant de saloir. L’abbesse aurait logé au premier étage. Celui-ci était composé à l’ouest d’une chambre et d’un cabinet. Ce dernier, précédé d’une antichambre, était utilisé comme parloir par l’abbesse. A la suite vers l’est, un petit cabinet, la chambre de l’abbesse et un autre petit cabinet. Les combles servaient de greniers. Le bâtiment a subsisté mais a subi certains changements. Le passage, qui permettait de passer dans la cour à l’intérieur du monastère, a été comblé d’un mur de pierre, une fenêtre y a été ensuite percée. Les deux fenêtres de chaque côté du portail sur la face sud ont été agrandies ; une autre a été ouverte au-dessus, empiétant sur l’arc brisé du portail, et deux portes ont été ajoutées à gauche et à droite du passage, celle à gauche portant sur son linteau la date de 1809. La façade occidentale possédait auparavant deux grandes fenêtres qui ont été obstruées par un mur en moyen appareil, une base de fenêtre est encore visible. Le portail d’entrée est formé d’un arc brisé à deux voussures qui retombent sur de fines colonnettes engagées reposant sur un socle. La colonnette placée vers l’intérieur du bâtiment supporte quant à elle une moulure qui souligne le tympan en un arc surbaissé. Ces six colonnettes sont surmontées de petits chapiteaux, par groupe de trois de chaque côté, ornés d’un motif végétal. Seuls deux d’entre eux (à gauche) proposent le même motif : des feuilles à longues tiges sont intercalées avec des feuilles de plus petite taille. A droite, les chapiteaux possèdent un décor de feuilles plus stylisées : de grosses feuilles remplissant l’ensemble de la corbeille pour le premier, des feuilles à longues tiges très épurées pour le second et un feuillage exotique pour le troisième. Un fin cordon au-dessus des corbeilles vient faire le lien entre les chapiteaux de chaque côté du portail. L’astragale, très épais, offre deux versions différentes : une moulure biseautée ou formée de deux cordons. Des masques sont également sculptés entre les premier et deuxième chapiteaux dans un espace correspondant à l’interstice des voussures. Le personnage représenté à gauche est barbu, sa barbe est figurée par quatre rainures verticales et courbes. Les yeux sont globuleux, les lèvres charnues, donnant à l’ensemble un aspect schématique. Le second masque à droite présente des traits moins marqués dans la pierre : les yeux sont grands, la bouche ouverte laisse apparaitre la dentition, la pierre sous le menton pourrait signifier une barbe. Le thème végétal est souvent repris dans le décor sculpté de l’abbaye et offre ici différentes manières de représenter un même motif. Bien que ce portail ait été exécuté au début du XVe siècle, la sculpture garde un archaïsme certain. Le tympan est sommaire et ne porte d’autre décoration que les armes de l’abbesse à l’origine de la construction de ce bâtiment, Guillemette de Taillis. Ses armoiries, martelées à la Révolution, présentaient un parti d’azur et d’or à un lion dressé de l’un en l’autre, soutenu par une crosse d’évêque posée en pal. Ces armes sont entourées d’une inscription indiquant la date de construction de ce portail : « L’an MCCCCXXIII dae G de Talie fist faire ceste port ». Un cadran solaire a également été ajouté sur ce tympan, les chiffres romains marqués en rouge sont encore visibles. Ce portail est lui-même placé dans une sorte d’encadrement, formant un double arc brisé. Ce passage devait être voûté en berceau ou en berceau brisé à l’origine. L’essentiel du décor de cet édifice se trouve sur cette façade sud, le mur nord en est totalement dépourvu, quelques fenêtres ont été ouvertes dans sa partie supérieure. D'après des sources datées de 1790, relatant l'inventaire de l'abbaye suite à sa vente, nous avons connaissance d'autres bâtiments, aujourd'hui disparu. Ainsi, l'abbaye comptait un dortoir ou bâtiment communautaire, une laverie, un noviciat, plusieurs logements (pour les ouvriers, les domestiques, les chapelains, les domestiques), des greniers, une grange, une boulangerie, une boucherie, et d'autres bâtiments annexes dont on ignore la fonction.

Historique :
L'abbaye Notre-Dame-du-Nid-au-Merle, née du renouveau monastique du XIIe siècle, fut fondée par Raoul de la Fustaye, disciple de Robert d'Arbrissel, qui lui donna la règle de Fontevraud. Du XIVe siècle à la Révolution, l'histoire de l'abbaye n'est qu'une succession de destructions et de restaurations. De nos jours, du vaste ensemble que constituait autrefois l'abbaye, ne restent plus que l'église abbatiale et quelques bâtiments en grande partie dénaturés. L'abbatiale, construite au XIIe siècle, était à plan roman en trident, et l'une des très rares églises à passages de Bretagne. Il n'en subsiste que quelques murs en élévation : le croisillon sud à peu près intact, le mur est du croisillon nord, les murs sud et ouest de la nef. La perfection de l'appareillage, la simplicité et l'harmonie de la décoration témoignent de l'importance de cette église dans l'art roman de la Bretagne.
Fondée au début du XIIe siècle sur une terre ducale par l'ermite Raoul, disciple de Robert d'Arbrissel l'abbaye de Saint-Sulpice essaime rapidement d'une trentaine de prieurés en Bretagne et dans la vallée de la Loire en moins d'un demi siècle. L'ensemble monastique originel reprend la constitution originale du moûtier de Fontevrault : un monastère double dirigé par une abbesse auquel était annexé un prieuré d'hommes dits frères Condonats et sans doute d'autres prieurés de moniales. Un champs dit de la Magdeleine, atteste probablement de l'existence d'une léproserie, tandis que les chapelles disparus de Saint-Nicolas et de Saint-Joseph étaient vraisemblablement les églises conventuelles de ces établissement secondaires. Les vestiges de l'abbatiale demeurent les seuls témoins de l'époque de la fondation, conservés sans doute avec la vénération qui entoure les lieux consacrés, d'autant que les dépouilles de saint Raoul et de son compagnon Aubert y reposaient Les bâtiments conventuels ont sans doute été remis au goût du jour à plusieurs reprises. L'abbesse Guillemette de Taillis fait ainsi réédifier la porterie du monastère en 1423, tandis que Marguerite d'Angennes, abbesse de 1609 à 1662 entreprend la reconstruction du cloître et des bâtiments qui le bordent, dévastés par un incendie en 1556, et derechef en 1651. L'oeuvre de cette réformatrice sévère est encore visible pour partie : l'aile ouest du cloître, l'infirmerie et la partie est de la porterie avec le pavillon.Xavier Gilbert, Olivier Guérin, Inventaire préliminaire, 2001. Ancienne abbaye de bénédictines. L´abbaye à ses débuts était un établissement double, abritant une communauté de femmes et une communauté d´hommes établie à environ 500 mètres de la première. Les moniales et frères condonats étaient placés sous l´autorité de l´abbesse. Au 14 ou XVIe siècle, la communauté d´hommes disparaît. Notre-Dame du Nid-au-Merle est l'une des quatre abbayes féminines que comptait la Bretagne à l´époque médiévale avec celles de Saint-Georges à Rennes, Locmaria à Quimper et la Joie à Hennebont. Rattachées à l´ordre de Fontevrault, les moniales suivaient la règle bénédictine. A quelques centaines de mètres du bourg actuel, l´ancienne abbaye borde la route menant à Liffré. Cet établissement religieux fut fondé en plein coeur de la forêt rennaise. Les anciens bâtiments conventuels sont aujourd´hui occupés par l´association les Papillons Blancs. Etant donné les destructions d´archives occasionnées par les incendies dont eut à souffrir l´abbaye, nous ne conservons pas d´acte de fondation. Les historiens ont ainsi fourni plusieurs hypothèses, Dom Anger plaçait la fondation en 992 lorsque Conan Ier régnait sur la Bretagne. Dom Morice proposait quant à lui la date de 1115. A. de la Borderie la fixait en 1120. Il est impossible de trancher entre ces différentes propositions. On sait par contre de manière certaine qu´en 1117 l´établissement était fondé puisque une charte datée de cette même année atteste de multiples donations d´églises et prieurés faites à l´abbaye nouvellement fondée. C´est en ce début de XIIe siècle que deux des compagnons de Robert d´Arbrissel, Raoul de la Fustaye et Aubert quittent leur monastère de Saint-Jouin de Marne dans le Poitou pour venir fonder sous la règle fontevriste l´abbaye de Saint-Sulpice ou Nid de Merle. Le nouvel établissement suit donc le modèle adopté à Fontevrault, c´est-à-dire qu´il existait à Saint-Sulpice deux monastères distincts, l´un pour les femmes, le second pour les hommes ou frères condonats. Ces deux communautés étaient distantes d´environ 500 mètres et les moines étaient établis au lieu dit la Butte aux moines. Les deux communautés étaient placées sous l´autorité de l´abbesse et les hommes ainsi soumis aux religieuses. Ces deux communautés suivaient la règle de Saint-Benoît. On ne conserve aujourd’hui aucune trace matérielle de l´existence du monastère masculin. L´abbaye est placée sous la protection des ducs Conan III et IV qui contribuent à la prospérité de la communauté par de nombreuses donations. Les possessions de Saint-Sulpice s´étendaient en Bretagne, Pays de Loire et jusqu´en Angleterre. A partir du XIVe siècle l´abbaye connaît des difficultés, à commencer par les conséquences néfastes de la guerre de succession de Bretagne. L´abbaye est détruite puis pillée à plusieurs reprises. Les moniales n´échappent pas non plus à l´épidémie de peste noire de 1583, qui les oblige même à quitter le monastère durant un certain temps. Par la suite, ce sont les incendies à répétition qui posent souci aux religieuses. En 1556 un premier feu détruit les bâtiments ; en 1616 une tempête endommage l´église. En 1651 un second incendie ruine à nouveau les bâtiments n´épargnant que l´église abbatiale. Enfin, en 1701, l´abbaye affronte un ouragan puis un nouvel incendie source de problèmes financiers importants pour la communauté. La réforme Mauriste est introduite à Saint-Sulpice par l´abbesse Marguerite d´Angennes au XVIIe siècle. Cette dernière participe également à la restauration complète des bâtiments. Suite à la Révolution, les religieuses sont contraintes de quitter l´abbaye mise en vente en 1792. Puis se succèdent de nombreux propriétaires et, au cours du XIXe siècle, le monastère sert de carrière de pierre. C´est en 1970 que l´association Les Papillons Blancs rachète l´ensemble des édifices puis cède en 1989 les ruines de l´ancienne abbatiale au Conseil Général d´Ille-et-Vilaine. Une première inscription à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques a lieu en décembre 1926 concernant les vestiges de l´abbaye. La chapelle Notre-Dame-sur-l´Eau est classée en 1992, les vestiges de l´église et les sols de celle-ci et de l´ancien cloître sont également classés en 1993. Notons enfin qu´une campagne de fouilles s´est déroulée sur le site en 1982 et que durant plusieurs années une importante campagne de consolidation et de restauration des vestiges de l´ancienne abbatiale a été menée sur le site, aujourd’hui ouvert au public. De l'époque médiévale on conserve les ruines de l´ancienne abbatiale datée du XIIe siècle ; la chapelle Saint-Raoul qui lui est accolée au Sud du transept ; la porterie du XVe siècle ; un moulin banal de la fin XIVe début XVe siècle ainsi que la chapelle Notre-Dame-sur-l´eau du XVe siècle. D´autres bâtiments monastiques sont encore en place aujourd’hui mais datent des 17 ou XVIIIe siècle : il s´agit d´un pavillon situé à l´est du bâtiment de la porterie et de l´ancienne infirmerie servant de locaux à l´association.Mélanie Cros, Enquête thématique régionale, 2006.

Périodes de construction :
XIIe siècle, 2e quart XVe siècle

Propriété du département ; propriété d'une association ; propriété privée