Modifier la localisation Tour de Sagnes à Cardaillac

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Monument Historique Tour de Sagnes situé à Cardaillac

Crédit photo : Thierry46 - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
46100 Cardaillac - France

Code Insee de la commune : 46057
Lot [46] - Cahors - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
5551 F Le Fort 46100 Cardaillac

Eléments protégés :
Tour de Sagnes (cad. F 188) : inscription par arrêté du 10 août 1957

Description :
La tour de Sagnes est la moins haute des deux tours subsistant dans l'ancien fort de Cardaillac. Située à un peu plus de 3 m en retrait de l'enceinte, elle en commandait à distance le front nord. De plan carré (8,25 m de côté), elle ne comporte que deux niveaux, qui suffisent toutefois pour porter sa hauteur à 20 m. Ses élévations, très soigneusement parementées de grands carreaux de grès, sont recoupées extérieurement par trois lignes horizontales, un talutage biseauté, un bandeau plat et une légère retraite, sans correspondance avec les niveaux de sols intérieurs. Le bandeau plat marque en revanche la naissance de la voûte du premier niveau. C'est à ce niveau que s'opère l'accès de la tour, surélevé de 4,45 m environ au-dessus d'un épais soubassement plein et à 0,78 m au-dessus du sol intérieur. La porte d'entrée, à deux tableaux opposés, est couverte en arc brisé (voussure et arrière-voussure) comme les autres portes de la tour. Deux trous d'encastrement, percés à sa base, conduisent à restituer un escalier extérieur en charpente. Dissociée de la porte, la vis d'escalier d'accès à l'étage est logée dans une tourelle circulaire dans-oeuvre dont le volume déborde sur l'espace intérieur selon un parti identique à celui de la "turris" de Castelnau-Bretenoux. La salle du premier niveau est éclairée par une haute fente de jour à double ébrasement, en plein-cintre à l'extérieur, ouverte sous un couvrement à coussinets en ressauts à l'intérieur. Elle surmonte une niche d'évier dont l'écoulement, sur la même face que les latrines de l'étage, pourrait indiquer l'emplacement d'une venelle d'écoulement. La salle est couverte par une coupole nervée à quatre quartiers, portée par des colonnes d'angle. Les lourdes bases à tores et scotie, de même que les chapiteaux lisses à corbeilles épaisses et que les croisées de nervures de profil brut, sans clé sont exactement semblables à celles de la voûte du deuxième niveau. Les tailloirs dissociés des chapiteaux y sont reliés par un cordon d'imposte filant sur les quatre faces, lequel en continue le profil en épais quart de rond surmonté d'une bande. A défaut de colonne, dans l'angle sud-ouest, l'une des nervures s'engage dans la tourelle d'escalier. A mi-hauteur, celle-ci offre, comme à Castelnau-Bretenoux, une ouverture au niveau du cordon d'imposte suggérant l'hypothèse d'un entresol. Le principe de dissociation des accès est reconduit à l'étage où deux cages d'escalier distinctes font saillies, l'une permettant l'accès à la terrasse sommitale. Une ample fenêtre géminée ouvre sur la face est. Dépourvue de coussièges, son appui plein est souligné par un bandeau adouci par un tore, commun à la fenêtre et à la niche de placard voisine. La pile tronconique médiane a manifestement remplacé la colonnette de la fenêtre dont les deux arcs brisés s'inscrivent sous un arc de décharge prolongeant l'arc brisé segmentaire de l'embrasure. Le cordon d'appui externe, de même que les piédroits, est traité en quart de rond, les cordons d'imposte étant moulurés par un cavet que dégage un anglet. Deux crochets de bannes surmontent la baie. Une porte haute en arc brisé (voussure et arrière-voussure) ouvre face à l'agglomération, associée aux deux trous d'encastrements d'une guérite de charpente disparue. L'autre porte, également en arc brisé, correspond au caisson de latrines. Caractérisé par son couvrement pyramidal, celui-ci, est porté par deux corbeaux dont le profil reprend celui des cordons intérieurs. Une coupole nervée à quatre quartiers en arc de cloître, identique à celle de la salle basse, couvre la salle de l'étage. Les couronnements de la tour ont disparu.

Historique :
Cette tour n'est qu'un élément de l'ensemble des constructions fortifiées qui appartenaient aux seigneurs et co-seigneurs de Cardaillac. De plan carré, la tour comprend une partie pleine de 3, 60m de haut et deux étages contenant chacune une salle carrée. Il est possible que le rez-de-chaussée, qui paraît être un socle plein, contienne une salle sans issue extérieure. Les salles des étages sont couvertes de voûtes en arc de cloître, renforcées aux angles d'arcs formant croisées d'ogives à section rectangulaire, mais n'ayant pas de clé commune. Ces arcs retombent sur des colonnes avec bases et chapiteaux encastrés dans les angles. Ce système de voûte qui paraît n'avoir rien de commun avec les voûtes sur croisées d'ogives du nord de la France, rappelle les solutions de coupoles nervées de l'Espagne mozarabe. Les deux salles communiquent entre elles par une vis à marches en pierre de taille, sans voûte rampante. Une deuxième vis placée dans la salle du deuxième étage permet d'accéder à la plateforme supérieure. La porte d'entrée du premier étage semble avoir pu être en communication avec la courtine du rempart, distant de trois à quatre mètres de la face nord de la tour, au moyen d'un pont volant prenant appui dans les trous ménagés dans le mur au-dessous du seuil de la porte. La salle du deuxième étage possède également une porte sur la face sud, et une latrine rectangulaire formant saillie sur le mur ouest.
Il faut très vraisemblablement reconnaître dans la tour aujourd'hui appelée "de Sagnes" celle dite "de Lacapelle" ou "da Capellana", dont le nom suggérait qu'elle avait dû être autrefois la possession des Cardaillac de Lacapelle-Marival. Elle a probablemet été élevée dans le second quart du XIIIe siècle, après le partage de 1227.

Périodes de construction :
XIIIe siècle

Propriété de la commune