Modifier la localisation Ensemble immobilier dit de la « tour de Palmata » à Gaillac

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Monument Historique Ensemble immobilier dit de la « tour de Palmata » situé à Gaillac

Crédit photo : PANDA 81 - Sous licence Creative Commons

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Adresse renseignée dans la base Mérimée :
10 rue Cavaillé-Coll
81600 Gaillac - France

Code Insee de la commune : 81099
Tarn [81] - Albi - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
12 Rue du Mercat 81600 Gaillac

Eléments protégés :
L’ensemble immobilier dit de la « tour de Palmata », en totalité, avec sa parcelle d’implantation, situé 10, rue Cavaillé-Coll sur la parcelle n°16 de la section BY du cadastre, tel que figuré en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 23 mars 2022

Description :
La tour a sa façade principale à l'est, sur la rue du Mercat : elle ouvre sur celle-ci à par une porte au tracé brisé encore lisible malgré les reprises. Les piédroits conservés montrent la présence sur le pourtour d'un large chanfrein. Au-dessus du premier étage, deux petits jours sous linteau de pierre, largement ébrasés sur l'intérieur, éclairent l'escalier. Au niveau supérieur, les piédroits encore lisibles permettent de restituer la fenêtre géminée qui s'y trouvait, identique à celle des trois autres faces. Un bâtiment à un étage s'appuyait contre l'élévation nord de la tour à laquelle le relie une porte en plein cintre au premier étage : elle faisait ainsi communiquer la tour avec ce qui semble avoir été la salle de l'hôtel. La fenêtre géminée du second étage est conservée : elle repose sur un appui constitué par trois assises de briques moulées en quart de rond, traitement qu'on retrouve sur les impostes. La colonnette de grès, le chapiteau sculpté et la base sont conservés. Le rez-de-chaussée de l'élévation ouest est ouvert par une grande arcade en tiers-point qui n'est muni d'aucun système de fermeture : l'empreinte de toit à deux pans au-dessus du premier étage confirme l'hypothèse d'un second corps de bâtiment à un étage accolé à l'ouest de la tour. La fenêtre géminée du niveau supérieur est conservée mais est aveugle. Elle se différencie de la fenêtre nord par son appui dont la mouluration est moins développée. Le rez-de-chaussée de l'élévation sud est percé d'un petit jour rectangulaire largement chanfreiné, avec appui et linteau en grès qui éclaire la salle basse de la tour. Le premier niveau conserve les vestiges d'une fenêtre géminée : ils indiquent que cette fenêtre était de taille plus importante que les fenêtres du niveau supérieur, signalant la pièce principale de la tour. Un petit jour à linteau de grès éclaire l'escalier qui donne accès à la salle haute, ouverte également de ce côté par une fenêtre géminée. Cette dernière se caractérise par l'emploi de grès pour les moulures et de marbre pour la colonnette. Le rez-de-chaussée est divisé par une dalle de béton : en 1865, Elie Rossignol décrivait une pièce "voûtée en ogives". La pièce du premier étage conserve sa voûte sur croisée d'ogives : les culots qui portaient les arcs ont disparu. L'escalier débute au premier étage et se développe sur trois volées dans l'épaisseur des murs nord, est et sud. Les parties hautes de la salle du second étage ont été modifiées lors de la modification de la toiture. L'amincissement des murs à ce niveau indique néanmoins qu'il était le dernier, avant le couronnement et éventuellement les combles. L'élévation sur la rue Mercat conserve au rez-de-chaussée une large ouverture qui correspond à une baie de déchargement : elle présente des piedroits chanfreinés en brique et un linteau en bois que surmonte une imposte de même structure mais légèrement plus étroite.

Historique :
Construction du XIIIe siècle comprenant un sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont voûtés. Le deuxième étage, aujourd'hui tronqué, était plus élevé et devait se terminer par un comble à quatre pentes. Un escalier pratiqué dans l'épaisseur de la muraille relie le premier au second étage. Les quatre lunettes de la salle voûtée au premier conservent des traces de peintures décoratives où se distinguent, dans des médaillons, des chevaliers galopant l'épée haute, dans l'attitude du combat. Le second conserve deux baies géminées dont les deux arcs retombent sur une colonnette en pierre avec chapiteau sculpté où se retrouve le coq de Gaillac. La tour est presque entièrement construite en briques.
Le chapiteau armorié de la salle haute de la tour correspond à la famille de Gaillac, dont la présence dans la ville est attestée dès les premières années du XIIIe siècle. Au XVIe siècle, la tour est désignée comme étant la possession de Paul Matha, riche bourgeois qui lui aurait donné son nom. A la fin du 16e, l'édifice est réquisitionné pour servir de prison : c'est là que furent enfermés et assassinés, dans la nuit du 5 octobre 1572, les 24 protestants arrêtés à Gaillac par le capitaine Mons. En 1814, Jean Guinolas acquiert à l'emplacement de la tour une partie de maison qu'il complète en 1824 par les deux tiers de la maison des héritiers Crouzet : cela sous-entend que l'hôtel avait précédemment été modifié de façon à pouvoir être occupé par deux propriétaires différents. La rue Cavaillé-Coll a été percée lors de la construction du pont suspendu sur le Tarn en 1840. Le Conseil Municipal vote alors l'acquisition de plusieurs immeubles destinés à être détruits. La tour échappe de justesse à ce projet mais une partie de l'immeuble auquel elle appartenait est rasé : il comptait 400 m2 dont un tiers fut acheté par la ville pour le percement de la rue. La tour a été achetée en 1919 par la cave de l'abbaye Saint-Michel : elle a alors tout d'abord été aménagée pour servir de magasin où la cave déposait et distribuait les engrais et les produits anticryptogamiques destinés à ses membres. Dès 1920 elle sert également à stocker les eaux-de-vie et est par la suite choisie pour abriter la cave expérimentale. Lors de l'inscription en 1927, la cave a pour projet de participer à la restauration du monument pour y attirer les touristes et les transformer en clients.

Périodes de construction :
XIIIe siècle

Propriété de la commune