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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
25000 Besançon - France
Code Insee de la commune : 25056
Doubs [25] - Besançon - Franche Comté (Bourgogne-Franche-Comté)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
6 Place Granvelle 25000 Besançon
Eléments protégés :
Le palais : classement par liste de 1862 - La cheminée du XVIIe siècle avec plaque en fonte armoriée provenant de la salle à manger à rez-de-chaussée de l'Hôtel Saint-Paul sis 11, rue Battant à Besançon : inscription par arrêté du 26 janvier 1928
Description :
Bâtie sur un sous-sol voûté en berceau, la partie principale du palais est constituée de quatre corps de bâtiment d'inégale hauteur disposés autour d'une cour entourée d'un portique surmonté d'une galerie, au centre de laquelle était située une fontaine (étudiée). Le corps de logis sur rue contenait la grande salle. Le passage d'entrée est voûté d'arêtes. Dans l'aile gauche se trouve l'escalier d'honneur, contenu dans une tour carrée engagée. Le dernier étage de celle-ci était occupé par un oratoire. Au rez-de-chaussée de l'aile sud était située l'orangerie donnant sur le jardin d'agrément prolongé par un verger, transformé en jardin public (étudié). Les annexes du palais, situées à sa gauche, étaient organisées autour de deux cours et comprenait deux corps de bâtiments parallèles, où étaient situés communs, remise, écurie prolongés côté jardin par une aile perpendiculaire abritant l'écurie principale, dite la grande écurie. Le puits dans la première cour, appuyé contre la face latérale gauche du palais, subsiste en partie. Dans le deuxième corps de bâtiment de la basse-cour a été installé un temps l'ancien théâtre de la Ville. Une banque (étudiée) est adossée contre la face latérale droite du palais. Une école primaire (étudiée) a été construite sur l'emprise de l'édifice à la frange de l'ancien jardin transformé en jardin public.
Historique :
Palais construit de 1534 à 1540 par Nicolas Perrenot de Granvelle, premier conseiller d'Etat et garde des sceaux de l'empereur Charles-Quint. Après la conquête française, le palais devient la résidence du gouverneur de la province. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, installation d'une salle de théâtre et de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts. Vendu comme bien national à la Révolution, il devient immeuble de rapport pendant une grande partie du XIXe siècle. Il est acheté par la municipalité en 1864 et devient musée d'histoire après la seconde guerre mondiale.
Nicolas Perrenot de Granvelle achète sept parcelles entre 1531 et 1535 en plus d'une maison qu'il possède déjà sur les lieux pour permettre la construction de son palais qui démarre en 1533 et s'achève, pour le gros-oeuvre, en 1542 par l'érection d'une tour percée d'un passage voûté au-dessus de la ruelle des Carmes (aménagée en 1534, après cession par la Ville d'une bande de terrain pour faire ruelle le long du palais) , permettant de relier le palais à l'église des Carmes, où Nicolas P. de Granvelle se fait aménager une chapelle funéraire en 1549. Des chronogrammes jalonnent la progression du chantier : celui de 1534 est gravé sur une fenêtre du rez-de-chaussée sur rue, ceux de 1539 et 1540 sur deux chapiteaux de la galerie sur cour. La devise en latin des Granvelle (ainsi l'ont voulu les dieux) est également apposée en rez-de-chaussée sur rue et sur un chapiteau de la galerie. Le monogramme IOA situé sur l'un des chapiteaux du premier étage sur cour a été interprété sans preuve comme le nom de l'architecte (Jacques Oyen Architecte). A la mort de Nicolas en 1550, le palais revient à son fils Thomas, puis passe par héritage à la famille de la Baume Saint-Amour qui le possédait en 1676 lorsque la Ville loue l'édifice pour y installer le gouverneur de Franche-Comté. En 1712, Charles-François de la Baume Saint-Amour le vend finalement à la Ville, alors qu'une partie de l'ancien verger avait déjà été cédé en 1710 au conseiller Belin pour y construire son hôtel (voir dossier : hôtel Belin, 47 rue Mégevand). Dans le courant du XVIIIe siècle, le palais outre des fonctions résidentielles a aussi abrité un théâtre à partir de 1728, puis en 1752 l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts et en 1756 l'école de dessin et l'académie de musique. En 1782, la tour reliant le palais au couvent des Carmes est détruite pour agrandir la ruelle des Carmes (actuelle rue de la Préfecture). En 1793, la Ville n'en ayant plus l'usage, revend le palais à des particuliers puis le rachète en 1863. Sa partie gauche comprenant communs, remises, écuries appelé "le petit Granvelle", qui avait été revendu par les acquéreurs du palais le 7 vendémiaire an 4, est progressivement détruit ou transformé dans le courant du XIXe siècle : le bâtiment sur rue est reconstruit au début du XIXe siècle pour servir d'habitation, les grandes écuries ayant été démolies en 1897 pour agrandir la promenade Granvelle (voir sous-dossier : jardin public dit Promenade Granvelle). Entre 1872 et 1890, l'architecte en chef des Monuments historiques, Edouard Bérard, restaure le palais et propose un projet de réhabilitation pour installer les musées de la Ville en complétant l'édifice primitif par deux ailes sur la rue de la Préfecture et la promenade Granvelle (projet non réalisé). En 1868, l'aile sud du palais où se trouvait l'ancienne orangerie est louée pour y implanter une brasserie. Celle-ci, achetée en 1932, est transformée, en 1933, par l'architecte en chef des Monuments historiques, Julien Polti. Dans la 2ème moitié du XIXe siècle, une école de filles est érigée sur l'emprise d'une partie du petit Granvelle (voir sous-dossier : école primaire). En 1932, le long de la face latérale droite du palais, une banque est construite (voir sous-dossier : banque) , en remplacement de corps de bâtiments disparates à usage d'habitation. A partir de 1950, le palais est converti en musée d'Histoire, puis transformé en musée du Temps à la fin du XXe siècle. La première tranche de travaux achevée a permis la réouverture partielle des lieux en juin 2002.
Périodes de construction :
2e quart XVIe siècle, XVIIe siècle, 1ère moitié XVIIIe siècle
Propriété de la commune