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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
32200 Gimont - France
Code Insee de la commune : 32147
Gers [32] - Auch - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
5910 Cahuzac 32200 Gimont
Eléments protégés :
La chapelle Notre-Dame de Cahuzac, ainsi que le portail d'entrée du bâtiment accolé au sud de la chapelle, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. AB 91, 94) : inscription par arrêté du 2 octobre 2017
Description :
La chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac est construite en brique avec des assises de pierres de taille par endroits, selon un plan à nef unique bordée de chapelles latérales. Elle est terminée par un chevet à cinq pans accolé de deux chapelles absidiales et d’une sacristie au centre. Elle fait partie d’un ensemble comprenant l’ancienne résidence des chapelains, le bâtiment de 1766, le bâtiment accolé à l’aile ouest et à la tour-clocher de la chapelle (cf. notice Mérimée IA32000749). La partie inférieure de l’élévation méridionale est cachée par le corps de bâtiment de l’ancienne résidence des chapelains accolée à la chapelle. Le mur pignon est percé d’une rosace et est surmonté de statues. Il est difficile de comprendre davantage cette élévation à cause du manque de visibilité. L’élévation sud, avec les élévations de la nef percées de fenêtres hautes en arc brisé, appartiennent vraisemblablement à l’époque de construction de la chapelle. Le porche, situé sur l’élévation sud-est, est postérieur à la construction de la chapelle. La maçonnerie de briques contemporaines se distingue de celle de l’élévation est. Les briques ne sont pas liées au contrefort et à la maçonnerie de briques qui fait l’angle avec l’ancienne résidence des chapelains. L’arc brisé d’entrée est encadré par deux petits contreforts réunis aux piédroits de l’arc. Le porche et la statue, semblent ainsi avoir été réalisés au XIXe siècle avec des éléments de décor flamboyant en réemploi, probablement à l’initiative des prêtres auxiliaires qui entreprirent une grande campagne de restauration autour de 1860-1870. A l’intérieur, le porche est voûté d’ogives retombant sur des culots sculptés. Les briques de la voûte d’ogives se distinguent des murs intérieurs, qui correspondent à la maçonnerie d’origine. On observe des bandeaux de pierres bûchées dans la partie supérieure des murs intérieurs ouest et nord. Le mur intérieur sud est composé de maçonneries de briques fines serrées, de briques plus larges et de moellons. On peut supposer que l’actuel porche remplace un porche détruit dont le décor aurait été en partie réemployé et dont les pierres auraient été bûchées. Le porche abrite le portail d’entrée flamboyant de la chapelle. Outre le vocabulaire flamboyant du décor, la finesse de la sculpture confirme la datation du portail d’entrée vers le XVe ou XVIe siècle. L’élévation orientale de la nef est épaulée par deux larges contreforts et par deux contreforts plus modestes aux angles de l’élévation sud et du chevet. L’abbé Casterède (p. 38) indique la présence d’un portique soutenu par cinq colonnes le long de l’élévation est. Aucun indice ne confirme la présence de cet élément. Une chapelle s’insère entre les deux larges contreforts de l’élévation est. Elle est percée d’une fenêtre en arc brisé à remplages. La maçonnerie de briques liée à celle des contreforts confirme la date de construction, contemporaine de la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac. La datation de la seconde chapelle latérale est plus difficile à déterminer. Elle se situe dans la continuité de la première chapelle mais se distingue par la fenêtre en plein-cintre. Les chapelles absidiales sont construites en alternant des niveaux d’assises de briques et de pierres. Les blocs de pierres inégaux semblent utilisés en réemploi. Entre la seconde chapelle latérale et la première chapelle absidiale, l’élévation orientale est ornée de bas-reliefs représentant des blasons. D’après l’abbé Casterède (p. 21), il s’agirait des écussons appartenant aux marguilliers à l’origine de la chapelle de Cahuzac. En effet, les armes ne proviennent pas du vocabulaire héraldique habituel. Les chapelles absidiales sont datées par la bibliographie de la fin du XVIe siècle. Cependant, les pierres en réemplois portent l’inscription de 1596. Il est donc probable que cette partie de l’édifice soit postérieure à la fin du XVIe siècle. A l’ouest, une chapelle s’insère entre le contrefort et la tour-clocher et semble contemporaine de la première chapelle latérale orientale. La deuxième chapelle latérale est également construite en briques sur un soubassement en pierres. Cependant la maçonnerie n’est pas liée au contrefort et la fenêtre est en plein-cintre. La datation est difficile à déterminer. Les six chapelles semblent avoir été bâties en deux étapes. La tour-clocher polygonale est bâtie sur une base carrée construite en brique et est flanquée d’une tour d’escalier. On distingue une ancienne fenêtre en arc brisé sur la partie ouest de la tour-clocher. Ces éléments datent de l’époque de construction de la chapelle. La partie supérieure de la tour-clocher en pierre de taille, la flèche, ainsi que les pinacles datent du XIXe siècle. A l’intérieur, la nef, ainsi que les six chapelles sont voûtées d’ogives. Sous la tribune d’orgue, un arc brisé correspond à l’ouverture entre l’ancienne résidence et la chapelle. Les murs sont entièrement revêtus de peintures murales. Le mur sud de la chapelle absidiale occidentale est percé d’une niche, en partie bouchée et ornée de peintures murales, en brique et pierre. Il s’agit probablement d’un lavabo eucharistique datant de la construction de la chapelle et bouché au moment des travaux de restauration, entre 1860 et 1870. A l’intérieur de la tour-escalier en brique, la maçonnerie de pierres de taille de l’escalier en colimaçon comportent des traces d’outils qui semblent confirmer la construction à l’époque moderne. Le retable du chœur abrite l’original ou la copie de la statue de la Pieta, à l’origine de la chapelle, dans une niche au-dessus du tabernacle.
Historique :
Edifice du début du seizième siècle, la chapelle de Cahuzac fut érigée après lapparition à un berger, en 1513, dune représentation de la Vierge de pitié dans un ormeau. Lieu de pèlerinage depuis le XVIe siècle, son architecture de transition entre lart gothique et la Renaissance est de belle qualité ainsi que son décor peint et sculpté. Son mobilier, protégé au titre des objets, est remarquable. Le portail du bâtiment au sud-est de la chapelle témoigne de larchitecture et de la sculpture de la Renaissance toulousaine.
La chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac est aussi connue sous le vocable de Notre-Dame-de-l’Orme (Duclos, 1686, p. 21) ou de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (Casterède, 1930, p. 3). D’après Jean Duclos (1686, p. 22), chapelain et premier historien de la chapelle, celle-ci aurait été bâtie à la suite de la découverte d’une statue de Notre-Dame-de-Pitié dans un ormeau en 1513. Aymeric de Bidos, abbé de l’abbaye de Planselves, près de Gimont, aurait fait élever une chapelle provisoire (Casterède, 1930, p. 8), puis une seconde (Brugelès, 1746, p. 449) pour abriter la statue. L’achat du terrain en 1513 (Duclos, 1686, p. 24) par les marguilliers de Gimont (Cazauran, 1903, p. 33) permet la construction de la chapelle entre 1515 et 1528 (Cazauran, 1903, p. 34). La consécration aurait eu lieu en 1530 (Casterède, 1930, p. 9). La chapelle comportait à l’origine deux chapelles latérales (Balagna, 1999, p. 423). Les quatre chapelles rayonnantes auraient été bâties à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, si l’on se réfère à la bibliographie et à l’inscription lapidaire de 1596 sur l’élévation est. L’archevêque d’Auch, Léonard de Trappes, aurait consacré les nouvelles chapelles à l’occasion de sa visite en 1610 (Casterède, 1930, p. 15). En 1686, Jean Duclos (p. 26) cite six chapelles et une sacristie. D’après l’abbé Cazauran, l’origine de la chapelle de Cahuzac serait antérieure au XIIe siècle (p. 17). Dans la charte de fondation de l’abbaye de Planselves en 1142, une église rurale à Cahuzac est citée. Cependant, celle-ci pourrait davantage correspondre à la chapelle Saint-Sauveur (Brugelès, 1746, p. 449 ; Casterède, 1930, p. 20). Il s’agit probablement de l’édifice cultuel visible près de la chapelle de Cahuzac sur le plan cadastral de 1832 et détruit entre 1890 (Cazauran, 1903, p. 150) et 1903. La chapelle de Cahuzac semble liée à l’abbaye de Planselves. L’abbé Aymeric de Bidos aurait été en partie à l’origine de l’érection de la chapelle. Dans les premiers temps, le développement du pèlerinage se fait sous l’autorité de l’abbaye (Casterède, 1930, p. 14) et les chapelains sont issus de l’abbaye (Brugelès, 1746, p. 449). Peu à peu, l’influence de l’abbaye de Planselves décline au profit de l’archevêché d'Auch. Il est difficile de déterminer à quelle paroisse la chapelle était rattachée avant la Révolution. En effet, la bibliographie rapporte des luttes d’influences entre l’abbaye, les diocèses d’Auch et de Lombez, et les marguilliers. Il semble qu’elle ait été rattachée, avant l’établissement de chapelains (Brugelès, 1746, p. 449), à la chapelle Saint-Sauveur, érigée en église paroissiale de Cahuzac et annexée à la paroisse de Marrox (Cazauran, 1903, p. 92). En 1642, trois chapelains agréés par le diocèse d'Auch sont nommés. Sous l’archiépiscopat d’Henri de la Mothe-Houdancourt (1661-1684), quatre chapelains sont présents à Cahuzac (Casterède, 1930, p. 20). Sous la Révolution, la chapelle ainsi que la résidence des chapelains, les dépendances et le jardin sont achetés par Guillaume Bonnemaison le 23 juin 1796 pour le compte de Jeanne Labedan (Dubord, 1874, p. 536). Il semble que l’ensemble ait connu plusieurs propriétaires jusqu’en 1821 (Cazauran, 1903, p. 138) avant d’être cédé à la commune de Gimont. Par le Concordat de 1801, la chapelle de Cahuzac est réunie à paroisse de Gimont (Casterède, 1930, p. 35), mais la chapelle est occupée par l’abbé Verdier, membre des « Illuminés de Lombez », un groupe de prêtres réfractaires anticoncordataires (Cazauran, 1903, p. 136). Le culte est rétabli dans la chapelle en 1821 et l’abbé de Cahuzac devient le nouveau chapelain jusqu’à sa mort en 1855 (Casterède, 1930, p. 30). En 1826, la tour-clocher est dotée d’une flèche en zinc, remplacée en 1888 par une flèche en cuivre (Casterède, 1930, p. 50). À sa mort, il lègue 40 000 francs (Bulletin des lois de la République française, décrets impériaux n° 12, 338) pour l’entretien de la chapelle et des chapelains. En 1859, le pèlerinage est rétabli et des prêtres auxiliaires du diocèse (Cazauran, 1903, p. 7), appelés aussi missionnaires, s’installent dans la résidence des chapelains. Un décret impérial de 1861 établi la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac comme chapelle de secours dans la section de la commune de Gimont (décret n°11, 877). De 1866 à 1870 (Casterède, 1930, p. 38), des travaux ont lieu à la chapelle. La restauration intérieure est entreprise. Les peintures murales auraient été restaurées par M. Durand (Canéto, 1862, p. 132), peintre-décorateur à Maubourguet, sous la direction de l’architecte Léopold Gentil. Les verrières auraient été restaurées par M. Goussard (Canéto, 1862, p. 132). D’après l’abbé Casterède (1930, p. 48), les prêtres missionnaires auraient fait percer l’élévation ouest de la nef de fenêtres hautes. Il décrit également un préau soutenu par cinq colonnes en pierre flanquant l’élévation est et qui aurait été détruit lors de cette campagne de travaux (Casterède, 1930, p. 38). Il fournit à la fin de son ouvrage une vue de l’ « Eglise Saint-Sauveur et N.-D. de Cahuzac avant 1866 » où l’on observe ce qui pourrait être le portique à cinq colonnes. Des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram succèdent aux prêtres auxiliaires du diocèse en 1922. En 1930, la chapelle est confiée aux Assomptionnistes jusque dans les années 1960. La datation de la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac est incertaine, bien que la bibliographie indique une construction au début du XVIe siècle. La construction de la chapelle pourrait être reliée à Aymeric de Bidos et aux travaux effectués à l’abbaye de Planselves sous son abbatiat (1510-1556). L’identification du blason sur le portail permettrait de préciser la date de construction de la chapelle. La présence de la crosse confirme l’implication d’un évêque ou d’un abbé dans la construction de la chapelle. S’il s’agit des armes de la famille de Lévis, il faudrait alors dater la chapelle sous l’archiépiscopat de Philippe Ier ou Philippe II de Lévis, entre le deuxième quart et le troisième quart du XVe siècle. Les premières chapelles latérales est et ouest sont contemporaines de la chapelle. Les deuxièmes chapelles latérales est et ouest sont plus difficiles à dater. Les chapelles absidiales seraient plus tardives si l’on se réfère à la date de 1596 inscrite sur les pierres utilisées en réemplois de l’élévation est.
Propriété de la commune ; propriété d'un établissement public communal