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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
14 avenue du Pic-du-Midi
65690 Barbazan-Debat - France
Code Insee de la commune : 65062
Hautes Pyrénées [65] - Tarbes - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
14 Avenue du Pic du Midi 65690 Barbazan-Debat
Eléments protégés :
En totalité, l'atelier construit par l'architecte Edlond Lay, y compris les soubassements de la partie inachevée de l'atelier, avec le sol de la parcelle sur lequel est implanté, situé 14 avenue du Pic du Midi, lieu-dit Lasbats, sur la parcelle n°462 de la section D du cadastre, tel que délimité sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 30 novembre 2020
Description :
Le traitement des façades est très contrasté : sur deux côtés, à l'est et au nord, il s'agit de murs très massifs, presque aveugles, aux puissantes assises régulières, où le béton est animé d'une polychromie à la fois riche et discrète par l'inclusion de petits éléments carrés de céramique rouge et bleu sombre. Ces côtés sont éclairés seulement par d'étroites baies vitrées filantes. Le côté nord se distingue, par le rythme régulier en partie basse de deux niveaux de longues ouvertures, alternant avec des blocs de béton du même module. Au sud et à l'ouest, ce sont de grandes parois vitrées. En partie centrale émerge comme une tour tronquée, couvert d'ardoises et de bardeaux de bois, le niveau supérieur qui n'occupe qu'une faible partie de l'ensemble et abrite le bureau de l'architecte. À l'arrière, côté sud, de puissants contreforts à gradins retiennent le terrain en pente, seuls vestiges de la construction projetée de ce côté. Deux ailes en équerre enveloppent un grand espace en contrebas, la "fosse". Sur les deux côtés restés libres, cette vaste pièce est éclairé par les parois vitrées évoquées plus haut, inclinées vers l'extérieur et raidies par des pièces métalliques, comme pour la maison. Bordant au nord ce grand volume libre de tout cloisonnement, la position dominante du bureau de l'architecte est d'autant plus mise en valeur. On retrouve dans les cloisonnements la richesse des parements de béton rencontrés à l'extérieur avec l'inclusion de céramiques. Au béton, travaillé en surface et qui n'est pas traité de manière brutaliste comme à la maison, mais évoque plutôt des blocs de pierre de taille soigneusement appareillés, s'allient le bois utilisé en parement des parties porteuses et des cloisonnements, mais aussi en couvrement, ainsi que le verre et le métal. L'entrée se fait sur le côté est, déportée vers le nord. Elle donne accès, vers l'ouest, à lU1e sorte d'atrium, éclairé de manière zénithale par lU1e grande ouverture triangulaire. Vers le sud, un couloir dessert, en partie est, divers bureaux et espaces de rangement qui sont reliés par des escaliers aux niveaux inférieurs et à l'étage de l'atelier. Revenant à l'atrium, s'ouvre la longue perspective d'une coursive qui dessert à droite (côté nord) des bureaux fermés par des cloisons lambrissées, à gauche, le volume en rectangle allongé de la "fosse", qu'elle domine et à laquelle on accède, dans un angle, par un escalier dont le plan pourrait évoquer un tronçon de pyramide. Seule rupture dans l'orthogonalité générale de la construction, au nord-ouest, un bureau s'avance en éperon vers l'extérieur. Le couloir qui longe le mur nord est éclairé par trois niveaux de baies allongées, dont les deux inférieurs jouent sur une alternance entre baies et blocs de béton de même module. Fermée à l'est par une cloison opaque, dominée au nord par la coursive, la "fosse" est largement ouverte sur l'extérieur à l'ouest et au sud par de grandes parois vitrées inclinées vers l'extérieur, telles qu'on les trouve à la façade sud de la maison. Ce vaste espace très ouvert et très lumineux offre un grand contraste avec le cloisonnement et la semi-pénombre régnant dans les autres volumes de l'édifice. À l'est elle est dominée en balcon par l'étage où se trouve le bureau de l'architecte. Ce dernier, couvert par un plafond lambrissé à deux pentes, bénéficie côtés est et sud d'un éclairage généreux. Si la distribution traditionnelle des bureaux reflète bien la fonction de l'édifice et si son orthogonalité l'éloignent de l'esprit d'une architecture-sculpture qui règne dans la maison, un point commun peut cependant être trouvé dans le traitement du grand espace central, lieu de travail, mais aussi, par l'interpénétration de l'extérieur et de l'intérieur, l'intrusion de la lumière grâce aux grandes parois vitrées, témoin d'une approche moins rigide de l'architecture.
Historique :
Au début des années 1960, à son retour des États-Unis, l'architecte Edmond Lay installe sa résidence à Barbazan-Debat, près de Tarbes, puis son atelier. C'est là que, entouré d'une équipe qui compta jusqu'à 12 employés, l'architecte, lauréat du grand prix national d'architecture en 1984, conçoit ses projets. L'édifice est formé d'un vaste quadrilatère tapi au ras du sol. Fermé sur la route par des plaques de béton réalisées de la main de l'architecte, il s'ouvre largement sur le paysage. Les espaces intérieurs couverts de béton et de bois sont sobres et rationnels. Par son esthétique, l'atelier témoigne de l'introduction en Europe d'une modernité venue des États-Unis. Les références à divers courants de l'architecture américaine de l'après-guerre s'accompagnent d'une liberté formelle et constructive inédite en Midi-Pyrénées.
En 1965, alors que le chantier de la maison de la famille Lay est en cours au lieu-dit Piétat à Barbazan-Debat, l’architecte dépose un permis pour la construction de son atelier, à quelques centaines de mètres de là. Ce projet ambitieux de plus de 500 mètres carrés, intégrant un bureau d’ingénieurs, devait accompagner l’activité croissante de l’agence. La bâtisse étant auto-construite avec l’aide ponctuelle d’étudiants en architecture et d’employés, l’installation se fera tardivement, en 1977. Dès lors, la proximité de l’agence et du domicile crée une ambiance de travail familiale, presque communautaire, à l’image des studios-écoles de F. L.?Wrigth et de Paolo?Soleri.
Périodes de construction :
XXe siècle
Architecte ou maître d'oeuvre :
Lay Edmond (architecte)
Propriété privée