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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
20 rue des Perdreries
22220 Tréguier - France
Code Insee de la commune : 22362
Côtes d'Armor [22] - Saint Brieuc - Bretagne
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
2 Rue Saint-Tugdual 22220 Tréguier
Eléments protégés :
Porte de l'ancien évêché : classement par arrêté du 23 décembre 1924 ; Façades et toitures de l'ancien évêché (cad. AB 91) : inscription par arrêté du 22 mars 1973
Description :
Hôtel à façade principale sur rue, construit en moellon de granite, de schiste et de grès. L'édifice est composé d'un grand corps de logis à deux étages, et d'une aile arrière en retour sur la cour. La surface habitable de la demeure est estimée à 580 m2. La façade sud du grand corps de logis possède un remarquable portail gothique encadré de pinacles, surmonté d'une archivolte et d'armoiries bûchées, peut-être celles de chanoines qui ont vécu dans cette vaste demeure. Le jour situé à gauche du portail éclaire le vestibule d'entrée. Si la volumétrie des fenêtres de la façade a été modifiée, des baies conservent des traces de meneaux et traverses ainsi que des fixations de grilles au premier étage. La porte secondaire est une création tardive. Sur la façade nord donnant sur la cour arrière, les baies éclairent l'escalier et les pièces annexes.Le plan présente un vaste vestibule traversant qui dessert la cuisine, puis la porte limitant l'accès à l'escalier et à la cour arrière. Derrière la cuisine vient se greffer une pièce annexe, sorte d'arrière-cuisine aussi profonde que la cage d'escalier. L'escalier en vis dans-oeuvre, en granit, dessert les pièces des deux étages et le grenier du comble. Un premier passe-plat ménagé dans l'angle de la cuisine vers l'escalier permet de monter les repas dans la salle haute, via un second passe-plat percé dans le mur qui la sépare d'une pièce de service au nord. Autres éléments de confort, les coussièges aménagés dans l'embrasure des fenêtres : celles de la salle haute et de la chambre du second étage, et celles des trois grandes fenêtres de l'escalier qui permettaient de s'assoir pour jouir d'une vue imprenable sur le Guindy, avant que des constructions et des arbres ne viennent boucher l'horizon.L'aile nord sur cave est construite en retour contre le grand corps de logis avec lequel elle communique. Elle abrite trois grandes pièces superposées, desservies par une tour d'escalier quadrangulaire en hors-oeuvre. Sur l'élévation ouest, la porte d'entrée est flanquée par une petite ouverture de tir aménagée dans le mur nord de la tour d'escalier. Dans l'angle nord-est, une fenêtre ouverte dans le pan coupé, offre un point de vue latéral sur le Guindy. Elle était autrefois surmontée d'une lucarne d'angle dont on trouve la trace dans l'étage en surcroît. La grande salle du rez-de-chaussée dispose de nombreux aménagements de confort : cheminée monumentale ornée d'un blason muet, placards muraux, crédence-lavabo accostée de cavités profondes. Au premier étage, la cheminée présente des piédroits galbés, à cannelures et motifs floraux.
Historique :
De l'ancien évêché du XVe siècle (bâti vers 1432) , détruit en 1594 pendant les guerres de la Ligue, ne subsiste que le portail sculpté. Au XVIIe siècle, l'hôtel a été construit à l'emplacement des dépendances de l'ancien palais épiscopal.
Situé à l’entrée occidentale de la ville à la fin du Moyen Age, l'hôtel marque le début de la rue des Perderies qui se poursuit jusqu’à la cathédrale Saint-Tugdual via la rue Colvestre. La demeure offre à la fois un panorama sur la ville et sur le Guindy situé au nord. Elle était environnée à l'ouest d'une cour bordée de hauts murs et d'un portail voûté. De grandes parcelles au nord formaient un vaste jardin. Dans le procès-verbal de 1791, elle est dénommée "prébende Laënnec"" du nom de son dernier détenteur, Michel Laënnec de Penticou, chanoine du chapitre de Tréguier de 1787 à la Révolution.Le grand corps de logis sur rue est probablement construit au début du XVIe siècle pour un dignitaire du chapitre, voire pour deux dignitaires, à en juger sa taille initiale et la présence de deux blasons martelés sculptés au-dessus du portail d'entrée. L'hôtel était en effet plus grand à l'origine, sa moitié est - salle et chambres au-dessus - ayant été détruite après 1834 (cf. cadastre ancien). Sur une poutre du logis, on peut voir un blason ""de sable fretté d'or de six pièces"" identifié comme celui de la famille de Guermeur (de Kermeur). Sur l'angle sud-ouest, un autre blason (bûché), soutenu par deux petites têtes humaines, est orienté vers l'entrée de la rue des Perderies. Il n’est pas exclu que le portail gothique puisse provenir de l’ancien manoir épiscopal détruit pendant les Guerres de la Ligne, ce qui expliquerait l'appellation de ""Vieil évêché"" donné à tort à l'édifice.Dans le premier quart du XVIIe siècle, l'hôtel est agrandi d'une aile en retour au nord, flanquée d'une tourelle d'escalier à l'ouest, autrefois surmontée d'une pièce haute en pan de bois revêtue d'ardoise (cf. procès-verbal de 1791). Cette aile est probablement commanditée par le chanoine trésorier Philippe du Halgouët, cousin de l’évêque, dont le nom est inscrit à cet emplacement sur le plan de la pompe de Tréguier daté 1605 : la conduite d'eau de la pompe passait en effet par le ""Verger de messire du Halegoat come chanoene"". Sur l'élévation est, la porte en plein cintre, donnant sur la cour nord, est surmontée d'un blason muet, peut-être celui de Philippe du Halgouët. Vendu comme bien national à la Révolution, l'hôtel est acheté par Jean-Marie Le Bouder en 1795. Selon les états de section du cadastre ancien, il appartient en 1835 pour moitié à ""Roquefeuil Jérôme, la veuve à Tréguier"" et à ""Le Pape François, la veuve"". Il est constitué des parcelles n° 93, n° 94 et n° 95. Léocadie de Roquefeuil hérite et épouse le comte Gustave Le Borgne de La Tour (1814-1893), militaire, député sous le second Empire puis maire de Tréguier. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, celui-ci démolit la moitié est de l'hôtel pour construire les communs de son nouvel hôtel, dit ""de la Tour"". La vente des biens de la famille ""La Tour"" à la ville de Tréguier est conclue les 13 et 21 avril 1961 : elle comprend deux immeubles à logements situés respectivement aux 20 et 18 rue des Perdreries, à savoir le ""Vieil évêché"" (sic) et l'""Hôtel de La Tour"" ainsi que plusieurs parcelles de terrain pour une superficie totale d’environ 12 000 m2. En 1968, la rue Saint-Tugdual est creusée dans la cour et le jardin de la prébende Laënnec pour rejoindre la rue Saint-François depuis la rue des Perderies. Dix immeubles à logements sociaux, dits La Tour, sont construits dans les jardins par l'architecte F. Rousseau. Ces aménagements dénaturent profondément l'environnement de l'édifice. C'est cependant dans ce contexte que façades et toitures de l'hôtel sont inscrites au titre des Monuments historiques en 1973.Dans une ville longtemps restée centrée autour de son évêque, cette maison prébendale représente un intérêt historique majeur qu’une restauration de qualité accompagnée d’une requalification des abords pourrait venir sublimer.
Périodes de construction :
XVe siècle
Propriété de la commune
Ouvert ou fermé à la visite, location de salle, chambres d'hôtes ?
France Bretagne Côtes d'Armor Tréguier Photographie prise par GIRAUD Patrick
Fiche Mérimée : PA00089705
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-06-07
Consultez le programme des Journées du Patrimoine pour le Monument Historique Hôtel de la Tour situé à Tréguier en consultant le programme officiel des JEP 2026.