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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
46700 Montcabrier - France
Code Insee de la commune : 46199
Lot [46] - Cahors - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
5101 Pestillac 46700 Montcabrier
Eléments protégés :
Eglise et château de Pestillac (ruines) : inscription par arrêté du 16 février 1926
Description :
Les ruines de l'ancienne chapelle castrale de Pestilhac occupent l'extrémité sud de l'éperon rocheux sur lequel le site castral de Pestilhac fut implanté. Elle s'interpose entre la plate forme supérieure du castrum et un enclos triangulaire dont elle barre l'accès et qui occupe la pointe de l'éperon. La fonction de ce réduit n'est pas connue. La chapelle, à deux nefs, résulte en fait de l'accolement de deux églises distinctes, de dimensions et d'époques différentes. La plus ancienne des deux églises est établie à l'est. Il s'agit d'un édifice de dimensions modestes dont la nef ouvrait directement sur une abside semi-circulaire par l'intermédiaire d'un arc triomphal retombant sur deux épais piliers couronnés par des impostes chanfreinées. Les maçonneries sont parementées de moellons grossièrement équarris liés par de larges joints soulignés au fer tandis que les chaînes d'angles et les encadrements de baies en pierre de taille layée sont dotés de joints rubanés en saillie. Trois fenêtres subsistent, l'une dans l'axe de l'abside, l'autre dans l'élévation orientale de la nef, la troisième dans l'élévation occidentale. Leur encadrement extérieur, à arêtes brutes, est couvert par un linteau échancré en plein cintre, sur lequel a été gravé un faux clavage. Dans l'abside subsistent les vestiges de plusieurs couches d'enduit portant des traces de décor peint dont les plus anciens datables du XIIe siècle au moins recouvrent les joints soulignés au fer de la maçonnerie de moellons. L'ancien portail de l'église, percé dans l'élévation nord de la nef est en grande partie arraché. Il a assuré dans un second temps la communication entre l'édifice primitif et l'adjonction rapportée sur la face nord. Une autre porte, de moindres dimensions, était percée dans l'élévation ouest sous un une baie libre en plein-cintre résultant apparemment d'un repercement. Adossée à l'ancienne élévation sud de la chapelle primitive, la seconde église, plus grande, se distingue nettement de la construction primitive par la très grande qualité de ses parements réglés. Le chour en hémicycle allongé par une travée droite, se prolonge par la nef sans décrochement. Il reproduit assez précisément les dispositions de l'abside majeure de Duravel, jusqu'au détail des bases ornées de grecques et de chevrons. L'arcature reposant sur la banquette, déjà endommagée par un incendie, a malheureusement été amputée de ses chapiteaux les plus ornés, arrachés assez récemment. Ceux de l'arc triomphal manquent également mais sont connus par des photographies anciennes. Seul subsiste un cordon d'imposte orné de rinceaux de volutes, dans le style des sculptures de La Sauve-Majeure. Un clocher-mur triangulaire, contemporain de l'édifice roman était établi à la jonction du choeur et de la nef, au-dessus de l'arc triomphal. Le chevet, épaulé par des contreforts, comportait une ligne de trous de boulins assimilables aux métopes perforées fréquente dans les églises romanes de la région. Les pilastres orphelins à l'amorce de la nef montrent que celle-ci a résulté d'une seconde campagne de construction accompagnée d'un changement de parti. Éclairée par des fenêtres étroites mais largement ébrasées, elle était certainement couverte par une charpente. Le portail, ouvre dans l'élévation nord dans un épaississement. L'interruption de son archivolte à damiers, au tiers de l'ouvrage, constitue une anomalie qui pourrait correspondre à un phasage de chantier dont les traces subsistent également dans l'élévation intérieure de la nef. Les trois voussures du portail sont cantonnées de tores dégagés par une baguette en anglet semblable à celles qui ornent également l'embrasure d'une fenêtre haute et la grande arcade de la tribune. L'intrados de l'une des voussures porte un décor d'étoilures en creux. Cette modénature est semblable à celle que l'on observe aux portails des églises de Cassagnes et de Guiral (Saint-Martin-le-Redon). L'élévation ouest de la nef est toute entière occupée par la tribune seigneuriale à laquelle accédait un escalier de pierre. Au-dessus d'un ample arc d'applique mouluré, une série de modillons concaves indique le niveau primitif de l'ouvrage qui devait être surmonté par une claire-voie de charpente. À l'étage, les élévations nord et ouest était occupées par une arcature aveugle, surmontée par des fenêtres et accostée d'une porte. Celle-ci donnait accès à une galerie de charpente défensive surplombant les escarpements. Cette galerie était accessible indépendamment de l'église par une porte haute dont subsiste l'amorce du couvrement. Sous la tribune, un passage voûté libre, traversant l'édifice, assurait la jonction entre le corps de la place et le réduit de sa pointe sud selon un principe analogue à celui des chapelles sur portes. Lors d'une réfection qui pourrait dater du XIVe siècle, la tribune fut surmontée d'un étage supplémentaire et isolée de la nef par un mur de refend ouvert par une grande arcade en plein cintre. Le deuxième étage était lui-même ouvert sur la nef par une fenêtre et était doté d'une cheminée.
Historique :
Les seigneurs de Pestilhac sont repérés dans la documentation depuis les années 1030-1060. À cette époque, on les voit s'associer à leur parent Gauzbert, abbé séculier de Moissac, pour fonder les prieurés de Duravel et de Pescadoires. On peut en déduire que le castrum éponyme existait à cette époque. Durant la croisade des Albigeois (1209-1229), les seigneurs de Pestilhac semblent avoir déserté le castrum pour suivre les comtes de Toulouse dans leurs pérégrinations. C'est sans doute vers le milieu du XIIIe siècle qu'ils purent récupérer leur domaine, saisi par l'évêque de Cahors depuis 1215. En 1298, les Pestilhac conclurent un paréage avec le roi de France pour une partie de leurs domaines. En donnant naissance à la bastide de Montcabrier, ce paréage leur procura une source de revenu conséquente et permit l'extension de l'ancien castrum. Après le milieu du XIVe siècle, il semble que le castrum ait été en grande partie déserté. La chapelle castrale du château, comme c'était le cas à Fumel et sans doute aussi à Cazals et Luzech était considérée comme le chef-lieu de l'archiprêtré. Les caractères stylistiques de l'édifice constituent les seuls indices de datation et conduisent à distinguer quatre campagnes de construction. À partir d'un édifice primitif attribuable à la seconde moitié du XIe siècle fut établi un nouveau vaisseau édifié en deux campagnes dans la seconde moitié ou vers la fin du XIIe siècle, lui-même prolongé par un massif occidental un peu plus récent. La modénature du portail nord renvoie à des édifices du Périgord méridional représentatifs d'un "style 1200" de tradition angevine (Saint-Amand-de-Coly, Paunat, lanterne des morts de Sarlat).
Périodes de construction :
XIIe siècle
Propriété privée
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Fiche Mérimée : PA00095172
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-05-26
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