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Label Architecture Contemporaine Remarquable
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
avenue Christian-Bourquin
66600 Salses-le-Château - France
Code Insee de la commune : 66190
Pyrénées Orientales [66] - Perpignan - Languedoc Roussillon (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
Avenue Christian Bourquin 66600 Salses-le-Château
Description :
Le camp Joffre occupe encore un très vaste espace au nord de la commune de Rivesaltes, dans un site détaché de la ville. Le mémorial a été construit à l'extrémité est du camp. Le bâtiment du musée-mémorial est installé face de l'îlot F, dans un vaste ensemble où ne subsistent que les ruines des bâtiments d'internement ; cependant il occupe un espace libre de l'ancien camp militaire : la place d'armes. En effet, l'îlot Fet ses alignements de baraques en dur, inscrit au titre des monuments historiques, ne permettait aucune destruction. La particularité du bâtiment est d'être enterré : le grand monolithe de béton de 240 m de long surgit à peine de la terre ocre qui l'entoure et qui est laissée sur un large pourtour. Sa toiture, en très légère pente vers l'est, est seulement percée de quelques ouvertures de forme géométrique. L'architecte a voulu un bâtiment à la fois "silencieux et pesant". Dans cet environnement très plat, il est invisible à quelques dizaines de mètres. Les visiteurs entrent dans le site par le coin sud-ouest, là où le toit est au ras du sol et peut être vu comme faisant partie du paysage. On y entre par une rampe partiellement enterrée qui mène à une cour ouverte. Sous le toit en débord (ombre et lumière, brise-soleil), les séparations entre les grands vitrages verticaux, doublées d'un poteau en relief, amènent l'idée d'une colonnade. Celle-ci apporte une solennité à cet espace très sobre (sol en terre cuite, ocre des couleurs, bleu du ciel). Trois patios sont les seuls points d'entrée de la lumière naturelle. Ils sont entièrement recouverts (sols et murs) par des briques disposées en motifs de chevrons. Ils structurent l'organisation du musée : salles d'exposition, lieux d'accueil et bureaux. Les salles consacrées au mémorial sont entièrement aveugles. Un immense couloir aveugle également court tout le long de la structure. Il est éclairé par des lumières au sol, qui dessinent un long cheminement de pointillés, alors que la rampe de lumière au plafond, au-dessus du mur, donne une lumière indirecte. Le visiteur n'a donc aucune vue sur l'extérieur, excepté sur le ciel. Les murs sont faits de grands plaques de béton brut. Les rares ouvertures rectangulaires sur les murs rappellent les formes très simples des baraquements, murs lisses enduits et petites fenêtres rectangulaires ou carrées. Les murs et la toiture de l'ensemble sont faits d'un béton relativement lisse, de couleur ocre rosé, avec inclusion de cailloux, qui se fond dans le paysage environnant (très caillouteux et comportant très peu de végétatio) et en rappelle l'austérité. Un auditorium est positionné près de l'entrée. Dans cet espace également, c'est la sobriété qui domine (murs lisses, dessin des rangs de sièges, des marches). Selon Ricciotti, "le mémorial compressé entre la terre et le ciel, entre le passé et la mémoire, est situé exactement dans le présent et représente la vie elle-même".
Historique :
Dans l'entre-deux-guerres, la plaine de Rivesaltes a été repérée par les autorités militaires comme zone adaptée à l'entraînement et aux exercices de manoeuvres et de tir; C'est un site de 640 hectares. On prévoit également d'y construire une caserne, qui voit le jour à l'aube de la seconde guerre mondiale. En 1940, 9 îlots sont attribués au ministère de l'intérieur pour y créer un centre d'hébergement ; les premiers convois y arrivent en janvier 1941. Le site se partage donc entre camp militaire et site d'internement. En effet, le 12 novembre 1938, le décret sur l'internement administratif des "étrangers indésirables". A ceux-ci s'ajoutent un grand nombres de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile. De nombreux camps doivent donc être ouverts pour interner tout le monde. Ce mouvement s'accélère avec la généralisation de la politique d'exclusion des étrangers sous le régime de Vichy. Rivesaltes devient le "centre inter-régional de rassemblement des Israélites", le "Drancy de la zone sud". Après-guerre, ces sont les sympathisants du FLN puis les Harkis qui y sont enfermés. Le camp de transit de Rivesaltes ferme officiellement en décembre 1964. Quelques familles y restent jusqu'en mars 1965. puis il retourne à sa vocation militaire puisqu'il accueille des familles de soldats guinéens, puis Nord-Vietnamiens. Ce sont 60 000 personnes qui ont vécu dans ce camp, témoin de l'histoire du XXe siècle, de ses conflits et de ses guerres. L'architecte Rudy Ricciotti remporte le concours pour le Mémorial en 2006. Il a été inauguré le 16 octobre 2015. Le musée du mémorial a été finaliste pour le Prix Mies van der Rohe 2017.
Architecte ou maître d'oeuvre :
Ricciotti Rudy (architecte), Passelac Romain (architecte), Roques François (architecte)
Datation de l'édifice :
2015
Année d'obtention du label Architecture Contemporaine Remarquable :
2025
Fiche Mérimée : ACR0002037
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-07-03
Consultez le programme des Journées du Patrimoine pour le bâtiment Architecture Contemporaine Remarquable Mémorial du camp de Rivesaltes situé à Salses-le-Château en consultant le programme officiel des JEP 2026.