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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
81530 Le Masnau-Massuguiès - France
Code Insee de la commune : 81158
Tarn [81] - Albi - Midi Pyrénées (Occitanie)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
5172 Massuguies 81530 Le Masnau-Massuguiès
Eléments protégés :
Château (cad. BE 172) : classement par arrêté du 20 octobre 1995
Description :
Le château est isolé et surplombe de 700 m la vallée du Dadou. L'édifice actuel est de plan carré, cantonné de quatre tours (deux rondes et deux carrées) avec une cour centrale fermée. Les élévations sud et ouest sont bordées de fossés encore en eau. L'élévation nord, peu percée, manifeste encore son parti défensif et contient un portail d'accès qui était sans doute muni d'un pont-levis (feuillure de 10-12 cm autour du portail). Ce dernier est sommé des armes de la famille de Lacger. L'élévation est, donnant sur la terrasse jardin, ne présente pas de percements en rez-de-chaussée mais cinq croisées de pierre à l'étage, surmontées de cinq lucarnes passantes (une des fenêtres porte encore ses grilles du XVIIe siècle). Un jardin d'agrément se développait sur la terrasse qui borde cette élévation (cf. peinture murale du rez-de-chaussée). La façade sud est la plus soignée : elle est largement percée avec une travée centrale ordonnancée derrière laquelle se trouve l'escalier. Les baies jumelées en plein cintre éclairent les repos de l'escalier et le tout est sommé d'une lucarne en plein cintre avec fronton à volutes. L'élévation ouest est constituée d'un mur écran sans percements. Les tours sud-est et nord-ouest ont environ 6 m de côté. Celle du nord-ouest porte encore ses mâchicoulis sur lesquels repose maintenant la toiture. Plus anciennes, ces deux tours portent des archères cruciformes et des portes à arc brisé chanfreiné alors que les tours rondes, sans doute du XVIIe siècle, ont des trous de tir ronds surmontés d'un "viseur" en T. Trois corps de bâtiments se développent autour de la cour au nord, à l'est et au sud. Un puits avec margelle en pierre se trouve au milieu de la cour. Les façades sur cour ont un enduit de faux bossage à table fouillée gris et blanc, peu courant dans la région. L'élévation intérieure du mur ouest présente un ressaut en étage et des trous d'ancrage de poutres. Les portes murées de la tour nord-ouest ainsi qu'une porte et une fenêtre également murées à l'extrémité sud attestent la présence d'une structure disparue : sans doute des galeries de circulation en bois dans les parties supérieures avec peut-être une galerie d'agrément maçonnée en rez-de-chaussée. L'aile est comporte trois travées et abrite en rez-de-chaussée des dépendances (remises et écuries). L'aile sud est aussi composée de trois travées régulières. La porte à pilastres ioniques avec fronton triangulaire brisé porte à sa clef un mascaron et une pierre sculptée aux armes des Lacger (bûchée) sommée d'un petit fronton cintré. Les deux obélisques en amortissement ont perdu leurs boules sommitales. L'aile nord présente un bâtiment qui n'occupe qu'une partie de la longueur de l'élévation.Ce bâtiment est relié à la tour d'angle carrée par une passerelle couverte au premier étage. La tour carrée débordant sur la muraille a vu ses niveaux entièrement remaniés. Elle a conservé des portes en arc brisé chanfreiné. Elle présente une cheminée à arc surbaissé avec conduit dans l'épaisseur du mur ainsi que des petites fenêtres à coussièges. Lors de travaux dans le sous-sol des canalisations de briques ont été mises à jour. Des lauzes, retrouvées dans le grenier, semblent témoigner de leur utilisation sur la couverture avant la mise en place des ardoises.
Historique :
Du premier château-fort, daté de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle, ne subsistent que deux tours carrées. L'édifice actuel est de plan carré avec une cour centrale. Des tours de flanquement protègent les angles. L'élévation nord, défensive, est percée d'un portail d'accès, sans doute muni d'un pont-levis. L'élévation Est est percée de cinq croisées de pierre à l'étage, surmontées de cinq lucarnes. La travée centrale ordonnancée de l'élévation sud abrite l'escalier dont les repos sont éclairés par des baies jumelées. Les tours sud-est et nord-ouest portent des archères cruciformes et s'ouvrent par des portes à arc brisé chanfreiné. Trois corps de bâtiments se développent autour de la cour, au nord, à l'est et au sud. Les façades sont couvertes d'un enduit de faux bossage. L'intérieur conserve des plafonds à solives. La pièce aux décors de stuc rocaille servit peut-être de salon à musique, instruments de musique et partitions y étant représentés. Une pièce conserve des peintures murales qui s'articulent en huit panneaux verticaux délimités par des rinceaux. Dans une nature allégorique se succèdent une scène de chasse, un cornemuseux dans la campagne, un navire dans un port fortifié, une vue des Tuileries, une fontaine, une scène de banquet campagnard, la représentation du Masnau et une forteresse. Ce décor a pu être réalisé entre 1653 et 1670.
En 1391, Guillaume de Rabastens, vicomte de Paulin, hommage pour la seigneurie et le château de Massugiès mentionné, semble-t-il, pour la première fois. En 1392, Pierre Aymeric, archevêque de Bourges et évêque d'Albi achète à Guillaume de Rabastens "le lieu et château de Massuguiès". Du premier château fort construit à la fin du XIVe siècle, il ne reste que les deux tours carrées. Au XVe siècle, s'engage une série de procédures et de transactions entre la famille d'Aymeric, seigneurs de Massuguiès, et les habitants du lieu. Ainsi, en 1484-1485, une enquête sur la "coutume des réparations du château, seul refuge des habitants" rappelle aux consuls "que les habitants doivent curer les fossés, environner le château de palengs, bâtir la barbacane et faire le guet". En 1571, Françoise d'Aymeric, seule héritière, épouse François de Caumont qui le lègue en 1596 à son fils aîné, Jean. Celui-ci, très endetté, vend une première fois en 1605 avec un pacte de rachat la "place de Massuguiès" au sieur de Vezians. Il la rachète en 1606 pour la céder définitivement le 31 octobre 1606 à Jean de Lacger. Ce dernier appartient au milieu des hommes de robe protestant. Conseiller au Parlement de Toulouse et à la chambre de l'Edit de Castres, il calque son mode de vie sur les féodaux locaux. Très riche et soucieux d'une nouvelle représentativité, on lui attribue la reconstruction du château, abîmé au siècle précédent par les guerres de religion. Cette hypothèse est confirmée par la présence du blason des Lacger sur le portail d'entrée, sur la porte dans la cour intérieure et sur la cheminée de la cuisine. Les archives du notaire Vales contiennent l'analyse d'un prix fait entre Jean de Lacger et Pierre Teyssier fontainier de Saint-Affrique "pour amener l'eau de la fontaine de Lartigue au coin du jardin du château" daté du 6 juillet 1620. Ce document prouve que le jardin représenté sur la peinture murale est alors en place. On peut donc proposer de dater les remaniements de l'édifice entre 1606 et 1620. En 1667, la seigneurie est passée entre les mains d'Isabeau, fille de Jean, qui la cède le 6 janvier à son gendre Pierre de Carlot. Les Carlot hommagent pour le château au XVIIIe siècle et conservent la seigneurie jusqu'en 1850. Ils interviennent peu sur l'édifice ; on ne peut leur attribuer le décor que de deux éléments : les stucs rocaille et la cheminée Louis XVI au premier étage.
Périodes de construction :
2e moitié XIVe siècle, 1ère moitié XVIIe siècle
Propriété privée
Ouvert ou fermé à la visite, location de salle, chambres d'hôtes ?
Fiche Mérimée : PA00135478
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-05-23
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