Château de Beaumont à Beaumont-Louestault

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Monument Historique Château de Beaumont situé à Beaumont-Louestault

Crédit photo : Joecoolandcharlie - Sous licence Creative Commons

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Logo Monument HistoriqueMonument Historique

Adresse renseignée dans la base Mérimée :
1-3 rue du 8 Mai 1945
37360 Beaumont-Louestault - France

Code Insee de la commune : 37021
Indre et Loire [37] - Tours - Centre (Centre-Val de Loire)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
1 Rue du Huit Mai 1945 (Beaumont-la-Ronce) 37360 Beaumont-Louestault

Eléments protégés :
Le donjon et la tourelle attenante (cad. B 25) : inscription par arrêté du 14 septembre 1949 ; L'ensemble du domaine clos de murs, à savoir les éléments bâtis (les parties non déjà protégées du château et toutes ses dépendances), et non bâties (anciens jardins et parc) ainsi que les sols, tel que délimité sur le plan annexé à l'arrêté et situé 1-3 rue du 8 Mai 1945, sur les parcelles n° 24, 635, 636, 637, 638 et 992, figurant au cadastre section B : inscription par arrêté du 3 mai 2022

Historique :
Beaumont fut d'abord une châtellenie relevant de Maillé et dont le premier seigneur est cité en 1108. D'un château du XIIIe siècle subsiste un donjon carré découronné de son chemin de ronde et de son étage supérieur en 1780. Chaque angle possédait une tourelle en encorbellement, dont il ne subsiste que celle du nord. Au XVIe siècle, les murs Est et sud furent percés de fenêtres accostées de pilastres. En même temps fut élevée une tour octogonale en briques. Le logis d'habitation se développe au nord du donjon. La façade a été refaite au XVIIIe siècle. De 1874 à 1880, il a été prolongé par une construction de style Louis XII.

Périodes de construction :
XIIIe siècle, XVIe siècle, XVIIIe siècle, XIXe siècle

Propriété privée

Informations pratiques de visite ou services :

Terrasse devant le château ouverte à la visite publique, de juillet a septembre, entre 10h00 a 17h00, du mardi au vendredi et pour les journées du patrimoine.

Autres photographies :

Château de Beaumont - Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire)

Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune.

Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016).

Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce :

Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur.

Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie.

Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc.

L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine)

Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793.

Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur.

A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées.

Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon,  et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal.

En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté  pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII.

Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal)

Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique.

La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire.

Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard.

Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...),  attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement.

Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille.

L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard.

www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...
Château de Beaumont à Beaumont-Louestault

Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire) Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune. Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016). Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce : Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur. Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie. Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc. L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine) Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793. Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur. A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées. Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon, et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal. En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII. Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal) Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique. La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire. Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard. Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...), attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement. Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille. L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard. www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...


Crédit : Daniel Jolivet
2016-09-20
Château de Beaumont - Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire)

Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune.

Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016).

Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce :

Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur.

Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie.

Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc.

L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine)

Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793.

Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur.

A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées.

Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon,  et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal.

En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté  pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII.

Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal)

Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique.

La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire.

Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard.

Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...),  attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement.

Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille.

L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard.

www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...
Château de Beaumont à Beaumont-Louestault

Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire) Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune. Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016). Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce : Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur. Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie. Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc. L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine) Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793. Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur. A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées. Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon, et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal. En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII. Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal) Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique. La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire. Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard. Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...), attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement. Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille. L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard. www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...


Crédit : Daniel Jolivet
2016-09-20
Château de Beaumont - Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire)

Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune.

Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016).

Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce :

Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur.

Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie.

Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc.

L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine)

Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793.

Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur.

A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées.

Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon,  et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal.

En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté  pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII.

Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal)

Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique.

La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire.

Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard.

Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...),  attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement.

Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille.

L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard.

www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...
Château de Beaumont à Beaumont-Louestault

Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire) Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune. Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016). Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce : Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur. Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie. Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc. L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine) Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793. Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur. A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées. Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon, et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal. En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII. Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal) Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique. La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire. Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard. Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...), attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement. Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille. L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard. www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...


Crédit : Daniel Jolivet
2016-09-20
Château de Beaumont - Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire)

Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune.

Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016).

Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce :

Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur.

Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie.

Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc.

L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine)

Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793.

Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur.

A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées.

Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon,  et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal.

En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté  pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII.

Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal)

Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique.

La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire.

Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard.

Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...),  attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement.

Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille.

L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard.

www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...
Château de Beaumont à Beaumont-Louestault

Beaumont-la-Ronce (Indre-et-Loire) Le château domine vallée de La Choisille, il se dresse actuellement au coeur de la commune. Le propriétaire actuel est affilié aux Ronsard : « C'est depuis les Daillons, Fromentières, Bueil, que ma famille est affiliée aux Ronsard, raconte Pierre de Beaumont. Le point d'orgue étant le mariage en 1534 de mon aïeule avec Philippe de Ronsard, maître des terres de Beaumont-la-Ronce et cousin du poète». (La Nouvelle République du 3/6/2016). Pierre-de-Ronsard raconte dans son premier poème dédié à Marie de Bourgueil, «Les amoureux ou le Voyage de Tours», son passage au château de Beaumont-la-Ronce : Thoinet* au mois d’Avril passant par Vandomois, Me mena voir à Tours Marion que j’aimois, Qui aux nopces estoit d’une sienne cousine : Et ce Thoinet aussi alloit voir sa Francine, Qu’Amour en se jouant d’un trait plein de rigueur, Luy avoit pres le Clain escrite dans le coeur. Nous partismes tous deux du hameau de Coustures, Nous passasmes Gastine* et ses hautes verdures, Nous passasmes Marré, et vismes à mi-jour Du pasteur Phelipot* s’eslever la grand tour, Qui de Beaumont la Ronce honore le village Comme un pin fait honneur aux arbres d’un bocage. Ce pasteur qu’on nommoit Phelippot tout gaillard, Chez luy nous festoya jusques au soir bien tard. De là vinsmes coucher au gué de Lengenrie*, Sous des saules plantez le long d’une prairie. Après avoir appartenu, au XIIe à un certain Giraud, puis aux familles Maumoine, Fromentières, Ronsard, Launay, Montigny, Levasseur, la seigneurie et le château de Beaumont-la-Ronce sont acquis par Claude Bonnin de La Bonninière en 1691, qui l’ajoute ainsi aux seigneuries de sa famille, les Beaumont, déjà seigneurs de Beauvais, des Châtelliers, du Fresne-Savary à Beaumont-la-Chartre etc. L’ensemble sera érigé en marquisat en 1757*. (Conseil Général d'Indre et Loire - Fond de Beaumont - Isabelle Girard Attachée de conservation du patrimoine) Tous les titres de féodalité, d’érection en marquisat ont été brûlés en 1793. Le donjon carré, en pierres et en briques, couronné de machicoulis et de créneaux, fut achevé par le sieur Giraud vers 1108. Il était entouré de fossés et deux ponts-levis en permettaient l’entrée. Une échaugette ornait chaque angle. Le donjon avait quatre étages et était surmonté d’une guérite de pierre, dite chambre du nain, percée de quatre petites fenêtres dirigées chacune vers un des points cardinaux, et destinée au guetteur. A la suite du donjon, existait un corps de logis couronné par une courtine à machicoulis qui reliait entre elles plusieurs tours aujourd’hui rasées. Au XVIe siècle, on fit de grands changements. On ajouta une tour d’escalier octogonale, accolée au donjon, et surmontée d'un toit aigu. Elle existe encore. Les baies et ouvertures furent remaniées et agrandies. On perça des fenêtres de deux pieds carrés et garnies de barreaux de fer. Dans la cour intérieure, on trouvait d’abord les étables, puis la boulangerie, le fournil,… Il y avait un puits dans cette cour. Le château communiquait avec la basse-cour par un des ponts-levis, plus petit que celui qui donnait accès au donjon. Dans la basse-cour, il y avait une grande étable, un pressoir, une grange, une fuie ou colombier féodal. En 1786 on modifia beaucoup le vieux manoir. Pour obéir au goût de l’époque, le propriétaire commença à démolir le donjon dont il abattit les machicoulis, les créneaux et un étage. La démolition fut arrêté pendant la Terreur ce qui sauva le reste de la tour. Le maître maçon local Gripouilleau remania la façade nord dans le style Louis XVIII. Au XIXe siècle, côté église, fut ajouté une aile de style renaissance à revêtement de briques, et une construction augmentée d’une chapelle, imitation renaissance, remplaça une partie de l’aile nord qui commençait à se fissurer. Ces deux adjonctions sont l’œuvre des grands architectes tourangeaux Guérin père et fils. (Commune de Beaumont-la-Ronce site communal) Thoinet : Jean-Antoine de Baïf, poète et ami de Ronsard, membre de la Pléiade. Il est né à Venise, étant fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise au moment de sa naissance. Joachim Du Bellay le qualifiera de "Docte doctieur et doctime Baif", ce qui n'était pas ironique. La forêt de Gastines était une forêt du Nord de la Touraine. Il en reste la forêt de Beaumont-la-Ronce et le bois de Gâtines à Montrouveau (Loir-et-Cher), près de Montoire. Il s'agit du cousin Philippe de Ronsard, seigneur de Beaumont, qui eut d'un premier lit deux fils, Jean et Jean-Baptiste. Ce sont les deux fils de Philippe, qui manigancèrent avec leurs cousins, Nicolas-Horace et Gabriel, l'assassinat de Magdelaine-de-Monceaux, originaire d'Auvergne, qui avait épousé Guillaume-de-Ronsard. Guillaume, héritier de la Denisière, avait épousé, le 6 février 1559, Madeleine de Monceaux avant de mourir sans postérité en 1567; il laissait l'usufruit de ses biens à sa veuve. Mécontents, Nicolas-Horace et Gabriel s'assurèrent, avec promesses de partage, la complicité de deux autres parents, Jean et Jean-Baptiste, ainsi que d'un fermier de Magdelaine, René Doré, en vue de liquider l'obstacle à leurs ambitions. Les conjurés choisirent un moment où celle-ci n'avait pas d'autre compagnie que quelques domestiques, le jeudi 14 mai 1573 dans la nuit. A l'exception de Nicolas-Horace resté prudemment au Mans, ils s'introduisirent en armes à La Denisière, et commencèrent par massacrer les gens de maison, avant de s'en prendre à Magdeleine. A force de violences, ils lui extorquèrent la cachette de son argent, puis, ils la tuèrent. De retour à Beaumont, ils partagèrent le butin. Quand l'assassinat fut public, ils feignirent la plus grande douleur et prévinrent les deux frères de la victime, et tout le monde accourut à La Denisière. Faute de piste, l'affaire aurait pu rester non élucidée ou être attribuée à quelque rôdeur. René Doré tombé gravement malade, craignant pour son âme, avoua alors sa participation au crime. Finalement guéri, on l'éloigna au Mans, mais celà ne fut pas suffisant pour étouffer les bruits qui commencèrent à courrir. La famille de Monceaux usa de sa forte influence pour relancer l'enquête et faire rechercher les coupables. On arrêta Jean, l'aîné des Beaumont et un certain Beauclerc qui avaient gardé les chevaux pendant le forfait; ils furent exécutés, avec René Doré, place du Martroi à Orléans le 15 février 1574. Les trois autres principaux coupables, en fuite, condamnés à la roue par contumace, ne furent exécutés qu'en effigie. Nicolas-Horace (le poète; il était paraît-il "excellent pour la musique au jeu du luth...), attendit dix ans pour être rattrapé, en 1584, et eut la tête tranchée en place de Grève à Paris. Jean-Baptiste, le cadet des Beaumont, fut également rejoint par la Justice. Seul Gabriel, le clerc, aurait réussi à s'échapper. La Denisière et ses dépendances furent enlevées aux Ronsard pour être remises aux Monceaux à titre de dédommagement. Maintenant Langennerie, près de Chanceaux-sur-Choisille. L’union et l'érection en marquisat des terres et seigneuries de Beaumont-la-Ronce et des Châtelliers ont été accordées par lettres patentes du mois d’août 1757 en la faveur de Jean-Baptiste-Claude de Beaumont. Celui-ci possédait également les terres de Saunay, Fontenay, Les Matras, Guigny et Le Plessis-Bouchard. www.beaumontlaronce.fr/historique/le-chateau/archives.cg37.fr/UploadFile/GED/SerieJ/1252058813.pdfwww.lemille-pattes.com/2015/07/les-crimes-des-ronsard-sui...


Crédit : Daniel Jolivet
2016-09-20
Château de Beaumont -
Château de Beaumont à Beaumont-Louestault


Crédit : Joecoolandcharlie
2007-07-13


Fiche Mérimée : PA00097578

Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-05-27

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