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Crédit photo : Daniel Jolivet - Sous licence Creative Commons
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Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée :
37370 Saint-Paterne-Racan - France
Code Insee de la commune : 37231
Indre et Loire [37] - Tours - Centre (Centre-Val de Loire)
Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
1 Chateau de la Roche Racan 37370 Saint-Paterne-Racan
Eléments protégés :
Le pavillon de l'aile gauche, son soubassement et sa tourelle octogonale ; les restes du pavillon de l'aile gauche (escalier de l'ancienne chapelle et ses murs) : inscription par arrêté du 6 mars 1947
Description :
De la construction initiale du XVIIe siècle subsiste le pavillon Ouest, au volume imposant, et l'escalier menant au pavillon Est. Pavillon Ouest à élévation ordonnancée à 2 étages de soubassement, à 3 étages carrés et à 1 étage de comble, orné d'une tourelle polygonale à l'Ouest. Toit à longs pans brisés et à croupe brisée pour le pavillon Ouest. Toit en terrasse pour la tourelle Nord-Ouest et pour le jardin d'hiver Sud. Fenêtres rectangulaires surmontées d'un entablement supporté par des petits bustes de femme, lucarnes pendantes surmontées d'un fronton triangulaire couronné d'une boule. La distribution intérieure est sur 5 niveaux (voir annexe). Chapelle couverte d'un toit à longs pans, située à l'Est sur le coteau. Logis à 1 étage et écuries situés à l'Est en bordure du coteau
Historique :
Le fief est connu depuis le XIVe siècle, et relevait de la prévôté d'Oe. Le château actuel fut construit en 1636 par Honorat de Bueil, baron de Racan. L'édifice comprenait deux pavillons, réunis par un bâtiment transversal dont le rez-de-chaussée était percé d'une porte reliant la cour nord à la cour d'honneur. Dans le pavillon Est se trouvait la chapelle dont l'accès se faisait par l'escalier dit du Fer à cheval. Ce pavillon Est ainsi que les deux tiers orientaux du bâtiment central ont disparu. La terrasse fut établie en 1880 sur les substructions de l'ancien château, et refaite en 1895. L'édifice actuel comprend le pavillon Est, et la partie ouest du bâtiment central. L'angle nord-ouest est accompagné d'une tourelle polygonale soutenue par un éperon de maçonnerie. A l'est, une porte limitant la cour d'honneur est percée dans le mur soutenant la terrasse supérieure, et donne accès à l'escalier du Fer à cheval. Plus au nord, une coquille sculptée dans le parement du même mur, est un vestige de la salle à manger de Racan.
Cet ancien fief de la prévôté d'Oë était connu sous le nom de Roche au Majeur, indiquant que le seigneur était le "majeur", le maire de son suzerain : le prévôt d'Oë, pour qui il avait le pouvoir de prélever les impôts. Le fief qui en 1405 appartenait à Hardouin des Fontaines passa par alliance à la famille de Bueil. En 1634, Honorat de Bueil, poète et seigneur de Racan, nom qu'il associe à la Roche, entreprend la construction d'un château à l'emplacement du "chastel et maison seigneuriale" tel qu'on le qualifiait en 1600. De cette construction primitive pourraient subsister des traces d'appareillage dans le soubassement de la tour polygonale. L'ensemble de la construction au XVIIe siècle, placée perpendiculairement au coteau est ainsi décrite dans l'aveu de 1711 : "le dit chastel consistant en un grand pavillon avec tourelle au coin de celui ci, un autre pavillon servant de chapelle, entre lequel pavillon, il y a un grand corps de logis et plusieurs autres bâtiments". Parmi les ouvriers revient souvent le nom de Jacques Gabriel, qualifié de maître maçon, puis de maître architecte en 1652. En 1745, ainsi que le rappelle une inscription gravée sur un pilier d'une salle voûtée au second étage, Antoine Pierre de Bueil vend le château à Michel Rolland des Escotais. A la Révolution, il est acquis par Etienne René Méhabert.. Lors de la vente en 1818, à Michel Mathurin Mabille, il n'est fait mention que du grand pavillon, il est possible que la partie centrale reliant les 2 pavillons et la chapelle du pavillon Est ait été démolie entre 1794 et 1817. Un four à chaux et à tuile est construit en 1820 à l'Est des communs, ainsi qu'une manufacture de faïence connue par un inventaire de 1837. Déclarés en ruine en 1860, ils sont remplacés par une serre. C'est également du 1er tiers du XIXe siècle que doivent dater les bâtiments situés en bordure de coteau, à droite de la grille d'entrée, car ils figurent déjà sur le cadastre napoléonien. Différents propriétaires se succèdent au XIXe siècle : Aimé Bodin de 1830 à 1845, Alphonse Huet pendant 30 ans de 1845 à 1875 remet le château et le parc en état. Francis Arthur de Civrieux, propriétaire de 1875 à 1888 a dû en 1879, d'après le registre cadastral, agrandir le pavillon Ouest par la construction d'une cuisine en rez-de-chaussée, à l'Ouest. Il a fait démolir le moulin, situé en contrebas et installe en 1887 un bélier hydraulique Bollée. Pierre Gauthier, propriétaire de 1888 à 1919, aménage en 1896 la terrasse supportée par une série de grandes arcades, fait construire des logements séparés par de grandes arcades, placés sous la seconde terrasse et agrandissent, sur la façade Sud, le rez-de-chaussée du château par la construction d'un jardin d'hiver. En 1911, construction d'un logis à 1 étage, à l'Est cour des communs. Après la succession de 3 propriétaires au XXe siècle, le château de la Roche appartient depuis 1963 à M. Marcel Brakers de Hugo, qui a su l'entretenir et le conserver avec passion.
Périodes de construction :
2e quart XVIIe siècle
Propriété privée
Tous les jours du 1er juillet au 31 aout de 9h 30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30
Tarifs : 8 euros / gratuit moins de 12 ans / famille nombreuses et étudiants 6 euros
Visites du 15 mars au 31 octobre pour groupe de plus de 20 personnes sur rendez-vous au tarif de 7 euros par personne
English: Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire) Château de la Roche-Racan. Château de la Roche Racan (2e quart 17e siècle) Le château construit à partir de 1634, domine la vallée de l'Escotais. La terrasse fut établie en 1880 et refaite en 1895. L'ensemble est ainsi décrite dans l'aveu de 1711 : "le dit chastel consistant en un grand pavillon avec tourelle au coin de celui-ci, un autre pavillon servant de chapelle, entre lequel pavillon, il y a un grand corps de logis et plusieurs autres bâtiments". Le fief, connu depuis le début du XVe siècle, sous le nom de la Roche majeur*, relevait de la prévôté d'Oë. Le fief qui en 1405 appartenait à Hardouin des Fontaines* passa par alliance à la famille de Bueil. Le château actuel fut construit à partir de 1634 par Honorat de Bueil*, baron de Racan. Parmi les ouvriers auxquels Honorat de Bueil, commanda la construction on remarque Jacques Gabriel*, maître maçon, puis maître architecte en 1652. Il ne reste plus du corps de logis prolongé de deux pavillons que l'aile ouest et une partie du bâtiment central. Le 2 novembre 1745, Antoine Pierre de Bueil vend La Roche Racan à Michel Rolland des Escotais, seigneur de Chantilly, en Anjou. Michel des Ecotais (Escotais) chercha en vain à faire nommer le domaine "La Roche des Ecotais"; en revanche, le ruisseau qui arrose le vallon prit alors le nom de "l'Ecotais" qu'il a gardé. La famille des Ecotais émigra en 1791; ses bien furent saisis et vendus. A la Révolution, le château est acquis, en adjudication, par Etienne René Méhabert. La veuve de René céda le château le 7 mars 1818 au sieur Michel Mathurin Mabille, qui démolit le pavillon en contre-haut de la chapelle et qui établit dans les cuisines et les écuries une fabrique de poterie. Au sieur Mabille succéda le 27 février 1828 le sieur Philarète Bardon de l'Héraudière. Après celui-ci vint le comte Jacques Antoine de Chalot, avec son épouse veuve de Talma*. Le 10 novembre 1830, le château, en fort mauvais état, fut acquis par Aimé Bodin, professeur de rhétorique au lycée de Tours* et membre du conseil d'arrondissement de Tours. Paralysé par le choléra en 1832, il se retira au château en se livrant à ses études littéraires, en continuant l'exploitation de la fabrique de poterie. En octobre 1845, M. Bodin vendit le château entièrement délabré à M. Alphonse Huet, avocat à Paris, qui le restaura. Il établit dans la vallée un bélier hydraulique qui envoie l'eau quarante mètres plus haut, dans le parc, qu'elle arrose en cascades et en ruisseaux. En 1874, M. Huet fut obligé de revenir à Paris, où il mourut deux ans plus tard. Le 17 juin 1875, M. Huet avait vendu le château à M. Francis Arthur Larreguy de Civrieux, officier de la Légion d'Honneur, ancien Président de section au Conseil de Préfecture de la Seine*. Il fit restaurer l'intérieur du château, il fit également détruire le vieux moulin à eau et assainir le ruisseau. Il du se rapprocher de Paris pour des raisons de famille et revendit le château en 1888 à M. Pierre Gauthier, négociant et propriétaire d'un magasin de confection à Paris. Pierre Gauthier fera une somptueuse restauration de la terrasse, en coupant beaucoup d'arbres, il développera les vignes sur le côteau, vignes qui donneront un vin "Clos de la Roche-Racan". Après la succession de 3 propriétaires au 20e siècle, le château de la Roche est racheté en 1963 par M. Marcel Brakers de Hugo, gérant de sociétés, et c'est depuis son décès, sa fille qui en est la propriétaire. Cet ancien fief était connu sous le nom de la Roche au Majeur, indiquant ainsi que le seigneur était le "majeur" de son suzerain. Le seigneur majeur a pour rôle d'assurer l'intégralité du service du fief au suzerain. Le seigneur majeur ne possède pas forcément la coseigneurie la plus importante. On peut un peu voir le seigneur majeur comme un syndic de copropriété. Hardouin de Fontaine, sire de Fontaine-Guérin, est chevalier dans la compagnie de Pierre de Bueil dont il épousera la fille alors âgée de moins de onze ans, en 1389. Le couple aura deux fils, dont Jean qui sera l'ancêtre du poète Racan. Honorat de Bueil (1589-1670), seigneur de Racan, nom qu'il associe à la Roche, est aussi poète, sous le nom de "Racan". Orphelin à 13 ans, il fut recueilli par des parents qui le placèrent comme page à la cour d'Henri IV. Il s'intéressa d'abord à la poésie, mais aussi à la musique et les mathématiques. En 1605, il fut présenté à Malherbe qui allait pour lui un maître et un ami. Il laissera une grande œuvre, les "Bergeries" (1619), une pastorale dramatique de près de 3?000 vers. Oeuvre jamais jouée en entier, mais qui fut un succès de librairie avec une douzaine de rééditions en 10 ans. Les plus beaux passages, comme les «Plaintes du vieil Alcidor», furent récités à l'hôtel de Rambouillet et dans tous les salons. Ses obligations militaires, il prit part aux guerres contre les protestants, l'éloignèrent de la cour et il finit par se retirer dans son château, mais en continuant d'entretenir une correspondance ses amis parisiens, Chapelain, Conrart et Ménage. Il sera un des premiers académiciens, nommés à la fondation de l'Académie Française par Richelieu (1634), il y fera le douzième discours. Il laissera des Mémoires pour la Vie de Malherbe (1651). Jacques II Gabriel est un maître maçon, issu d'une dynastie d'architectes normands. Il a été baptisé à Argentan le 16 octobre 1605. Il s'est ensuite établi à Saint-Paterne vers 1636, où il serait mort en 1662. L'un de ses enfants, Jacques V Gabriel (1667-1742), aura une production architecturale importante: Construction de l'hôtel de ville de Blois et du pont Jacques-Gabriel, des hôtels particuliers place Vendôme à Paris, construction des bâtiments de la Compagnie des Indes à Lorient, etc... En 1826, la comédienne Charlotte (dite Caroline) Vanhove, veuve du tragédien le plus célèbre de son temps, Talma, épouse le comte de Chalot, un cavalier ami de longue date, qui meure rapidement. Elle meurt à 90 ans, en 1860, dans son hôtel parisien. Aimé Bodin, professeur de rhétorique à Tours, commettra quelques ouvrages "Conciones Religieux et Monarchiques, ou Matières de discours français et latins pour la rhétorique, tirée de l'histoire sacrée et de l'histoire de France", ou encore "Distiques Moraux, et Sentences d'Ovide" avec la traduction en vers français... Un critique, du Mémorial Catholique, probablement un confrère, fera remarquer : "Les sujets de discours français et latins que M. Bodin publie pour la classe de rhétorique ne sont pas toujours présentés avec toute l'exactitude et la précision qu'on pourroit désirer...". Alphonse Huet, avocat, en 1850 proposera quelques modifications à la loi électorale, pour y apporter de la "stabilité" : - Les électeurs de 21 à 25 ans auront chacun une voix. - Les électeurs de 26 à 35 ans, chacun deux voix. - Ceux de 36 ans et au-dessus, chacun trois voix. Et cet honorable juriste fait remarquer : "N'est-il pas contraire à la morale, à la raison, à la justice, qu'un jeune homme de 21 ans ait, dans l'ordre politique, la même autorité, le même pouvoir que son père ?" Et il en prend pour preuve que ce même jeune homme ne pourra pas se marier avant 25 ans, sans le consentement de son père. Et il insiste : "la société ne doit pas donner l'autorité aux plus jeunes, aux plus inexpérimentés, à peine de voir bientôt sombrer le vaisseau de l'État". Au passage, il relève le principal défaut du suffrage universel: Sa mobilité. Et pour preuve, il souligne que les élections de 1848, "toutes démocratiques et socialistes"; et celles de 1849, "presque toutes dans le sens opposé". Les Conseils de Préfecture étaient des organes de justice administrative. Les contentieux fiscaux représentaient une part très importante de leurs activités, et en particuler sur la patente et la contribution mobilière. Les Conseils de Préfecture furent supprimés en septembre 1926. Voir : "Louis Arnould - Racan (1589-1670) Histoire anecdotique et critique de sa vie et ses oeuvres - Slatkine Reprints - Genève 1970"
English: Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire) Château de la Roche-Racan. Château de la Roche Racan (2e quart 17e siècle) Le château construit à partir de 1634, domine la vallée de l'Escotais. La terrasse fut établie en 1880 et refaite en 1895. L'ensemble est ainsi décrite dans l'aveu de 1711 : "le dit chastel consistant en un grand pavillon avec tourelle au coin de celui-ci, un autre pavillon servant de chapelle, entre lequel pavillon, il y a un grand corps de logis et plusieurs autres bâtiments". Le fief, connu depuis le début du XVe siècle, sous le nom de la Roche majeur*, relevait de la prévôté d'Oë. Le fief qui en 1405 appartenait à Hardouin des Fontaines* passa par alliance à la famille de Bueil. Le château actuel fut construit à partir de 1634 par Honorat de Bueil*, baron de Racan. Parmi les ouvriers auxquels Honorat de Bueil, commanda la construction on remarque Jacques Gabriel*, maître maçon, puis maître architecte en 1652. Il ne reste plus du corps de logis prolongé de deux pavillons que l'aile ouest et une partie du bâtiment central. Le 2 novembre 1745, Antoine Pierre de Bueil vend La Roche Racan à Michel Rolland des Escotais, seigneur de Chantilly, en Anjou. Michel des Ecotais (Escotais) chercha en vain à faire nommer le domaine "La Roche des Ecotais"; en revanche, le ruisseau qui arrose le vallon prit alors le nom de "l'Ecotais" qu'il a gardé. La famille des Ecotais émigra en 1791; ses bien furent saisis et vendus. A la Révolution, le château est acquis, en adjudication, par Etienne René Méhabert. La veuve de René céda le château le 7 mars 1818 au sieur Michel Mathurin Mabille, qui démolit le pavillon en contre-haut de la chapelle et qui établit dans les cuisines et les écuries une fabrique de poterie. Au sieur Mabille succéda le 27 février 1828 le sieur Philarète Bardon de l'Héraudière. Après celui-ci vint le comte Jacques Antoine de Chalot, avec son épouse veuve de Talma*. Le 10 novembre 1830, le château, en fort mauvais état, fut acquis par Aimé Bodin, professeur de rhétorique au lycée de Tours* et membre du conseil d'arrondissement de Tours. Paralysé par le choléra en 1832, il se retira au château en se livrant à ses études littéraires, en continuant l'exploitation de la fabrique de poterie. En octobre 1845, M. Bodin vendit le château entièrement délabré à M. Alphonse Huet, avocat à Paris, qui le restaura. Il établit dans la vallée un bélier hydraulique qui envoie l'eau quarante mètres plus haut, dans le parc, qu'elle arrose en cascades et en ruisseaux. En 1874, M. Huet fut obligé de revenir à Paris, où il mourut deux ans plus tard. Le 17 juin 1875, M. Huet avait vendu le château à M. Francis Arthur Larreguy de Civrieux, officier de la Légion d'Honneur, ancien Président de section au Conseil de Préfecture de la Seine*. Il fit restaurer l'intérieur du château, il fit également détruire le vieux moulin à eau et assainir le ruisseau. Il du se rapprocher de Paris pour des raisons de famille et revendit le château en 1888 à M. Pierre Gauthier, négociant et propriétaire d'un magasin de confection à Paris. Pierre Gauthier fera une somptueuse restauration de la terrasse, en coupant beaucoup d'arbres, il développera les vignes sur le côteau, vignes qui donneront un vin "Clos de la Roche-Racan". Après la succession de 3 propriétaires au 20e siècle, le château de la Roche est racheté en 1963 par M. Marcel Brakers de Hugo, gérant de sociétés, et c'est depuis son décès, sa fille qui en est la propriétaire. Cet ancien fief était connu sous le nom de la Roche au Majeur, indiquant ainsi que le seigneur était le "majeur" de son suzerain. Le seigneur majeur a pour rôle d'assurer l'intégralité du service du fief au suzerain. Le seigneur majeur ne possède pas forcément la coseigneurie la plus importante. On peut un peu voir le seigneur majeur comme un syndic de copropriété. Hardouin de Fontaine, sire de Fontaine-Guérin, est chevalier dans la compagnie de Pierre de Bueil dont il épousera la fille alors âgée de moins de onze ans, en 1389. Le couple aura deux fils, dont Jean qui sera l'ancêtre du poète Racan. Honorat de Bueil (1589-1670), seigneur de Racan, nom qu'il associe à la Roche, est aussi poète, sous le nom de "Racan". Orphelin à 13 ans, il fut recueilli par des parents qui le placèrent comme page à la cour d'Henri IV. Il s'intéressa d'abord à la poésie, mais aussi à la musique et les mathématiques. En 1605, il fut présenté à Malherbe qui allait pour lui un maître et un ami. Il laissera une grande œuvre, les "Bergeries" (1619), une pastorale dramatique de près de 3?000 vers. Oeuvre jamais jouée en entier, mais qui fut un succès de librairie avec une douzaine de rééditions en 10 ans. Les plus beaux passages, comme les «Plaintes du vieil Alcidor», furent récités à l'hôtel de Rambouillet et dans tous les salons. Ses obligations militaires, il prit part aux guerres contre les protestants, l'éloignèrent de la cour et il finit par se retirer dans son château, mais en continuant d'entretenir une correspondance ses amis parisiens, Chapelain, Conrart et Ménage. Il sera un des premiers académiciens, nommés à la fondation de l'Académie Française par Richelieu (1634), il y fera le douzième discours. Il laissera des Mémoires pour la Vie de Malherbe (1651). Jacques II Gabriel est un maître maçon, issu d'une dynastie d'architectes normands. Il a été baptisé à Argentan le 16 octobre 1605. Il s'est ensuite établi à Saint-Paterne vers 1636, où il serait mort en 1662. L'un de ses enfants, Jacques V Gabriel (1667-1742), aura une production architecturale importante: Construction de l'hôtel de ville de Blois et du pont Jacques-Gabriel, des hôtels particuliers place Vendôme à Paris, construction des bâtiments de la Compagnie des Indes à Lorient, etc... En 1826, la comédienne Charlotte (dite Caroline) Vanhove, veuve du tragédien le plus célèbre de son temps, Talma, épouse le comte de Chalot, un cavalier ami de longue date, qui meure rapidement. Elle meurt à 90 ans, en 1860, dans son hôtel parisien. Aimé Bodin, professeur de rhétorique à Tours, commettra quelques ouvrages "Conciones Religieux et Monarchiques, ou Matières de discours français et latins pour la rhétorique, tirée de l'histoire sacrée et de l'histoire de France", ou encore "Distiques Moraux, et Sentences d'Ovide" avec la traduction en vers français... Un critique, du Mémorial Catholique, probablement un confrère, fera remarquer : "Les sujets de discours français et latins que M. Bodin publie pour la classe de rhétorique ne sont pas toujours présentés avec toute l'exactitude et la précision qu'on pourroit désirer...". Alphonse Huet, avocat, en 1850 proposera quelques modifications à la loi électorale, pour y apporter de la "stabilité" : - Les électeurs de 21 à 25 ans auront chacun une voix. - Les électeurs de 26 à 35 ans, chacun deux voix. - Ceux de 36 ans et au-dessus, chacun trois voix. Et cet honorable juriste fait remarquer : "N'est-il pas contraire à la morale, à la raison, à la justice, qu'un jeune homme de 21 ans ait, dans l'ordre politique, la même autorité, le même pouvoir que son père ?" Et il en prend pour preuve que ce même jeune homme ne pourra pas se marier avant 25 ans, sans le consentement de son père. Et il insiste : "la société ne doit pas donner l'autorité aux plus jeunes, aux plus inexpérimentés, à peine de voir bientôt sombrer le vaisseau de l'État". Au passage, il relève le principal défaut du suffrage universel: Sa mobilité. Et pour preuve, il souligne que les élections de 1848, "toutes démocratiques et socialistes"; et celles de 1849, "presque toutes dans le sens opposé". Les Conseils de Préfecture étaient des organes de justice administrative. Les contentieux fiscaux représentaient une part très importante de leurs activités, et en particuler sur la patente et la contribution mobilière. Les Conseils de Préfecture furent supprimés en septembre 1926. Voir : "Louis Arnould - Racan (1589-1670) Histoire anecdotique et critique de sa vie et ses oeuvres - Slatkine Reprints - Genève 1970"
English: Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire) Château de la Roche-Racan. Château de la Roche Racan (2e quart 17e siècle) Le château construit à partir de 1634, domine la vallée de l'Escotais. La terrasse fut établie en 1880 et refaite en 1895. L'ensemble est ainsi décrite dans l'aveu de 1711 : "le dit chastel consistant en un grand pavillon avec tourelle au coin de celui-ci, un autre pavillon servant de chapelle, entre lequel pavillon, il y a un grand corps de logis et plusieurs autres bâtiments". Le fief, connu depuis le début du XVe siècle, sous le nom de la Roche majeur*, relevait de la prévôté d'Oë. Le fief qui en 1405 appartenait à Hardouin des Fontaines* passa par alliance à la famille de Bueil. Le château actuel fut construit à partir de 1634 par Honorat de Bueil*, baron de Racan. Parmi les ouvriers auxquels Honorat de Bueil, commanda la construction on remarque Jacques Gabriel*, maître maçon, puis maître architecte en 1652. Il ne reste plus du corps de logis prolongé de deux pavillons que l'aile ouest et une partie du bâtiment central. Le 2 novembre 1745, Antoine Pierre de Bueil vend La Roche Racan à Michel Rolland des Escotais, seigneur de Chantilly, en Anjou. Michel des Ecotais (Escotais) chercha en vain à faire nommer le domaine "La Roche des Ecotais"; en revanche, le ruisseau qui arrose le vallon prit alors le nom de "l'Ecotais" qu'il a gardé. La famille des Ecotais émigra en 1791; ses bien furent saisis et vendus. A la Révolution, le château est acquis, en adjudication, par Etienne René Méhabert. La veuve de René céda le château le 7 mars 1818 au sieur Michel Mathurin Mabille, qui démolit le pavillon en contre-haut de la chapelle et qui établit dans les cuisines et les écuries une fabrique de poterie. Au sieur Mabille succéda le 27 février 1828 le sieur Philarète Bardon de l'Héraudière. Après celui-ci vint le comte Jacques Antoine de Chalot, avec son épouse veuve de Talma*. Le 10 novembre 1830, le château, en fort mauvais état, fut acquis par Aimé Bodin, professeur de rhétorique au lycée de Tours* et membre du conseil d'arrondissement de Tours. Paralysé par le choléra en 1832, il se retira au château en se livrant à ses études littéraires, en continuant l'exploitation de la fabrique de poterie. En octobre 1845, M. Bodin vendit le château entièrement délabré à M. Alphonse Huet, avocat à Paris, qui le restaura. Il établit dans la vallée un bélier hydraulique qui envoie l'eau quarante mètres plus haut, dans le parc, qu'elle arrose en cascades et en ruisseaux. En 1874, M. Huet fut obligé de revenir à Paris, où il mourut deux ans plus tard. Le 17 juin 1875, M. Huet avait vendu le château à M. Francis Arthur Larreguy de Civrieux, officier de la Légion d'Honneur, ancien Président de section au Conseil de Préfecture de la Seine*. Il fit restaurer l'intérieur du château, il fit également détruire le vieux moulin à eau et assainir le ruisseau. Il du se rapprocher de Paris pour des raisons de famille et revendit le château en 1888 à M. Pierre Gauthier, négociant et propriétaire d'un magasin de confection à Paris. Pierre Gauthier fera une somptueuse restauration de la terrasse, en coupant beaucoup d'arbres, il développera les vignes sur le côteau, vignes qui donneront un vin "Clos de la Roche-Racan". Après la succession de 3 propriétaires au 20e siècle, le château de la Roche est racheté en 1963 par M. Marcel Brakers de Hugo, gérant de sociétés, et c'est depuis son décès, sa fille qui en est la propriétaire. Cet ancien fief était connu sous le nom de la Roche au Majeur, indiquant ainsi que le seigneur était le "majeur" de son suzerain. Le seigneur majeur a pour rôle d'assurer l'intégralité du service du fief au suzerain. Le seigneur majeur ne possède pas forcément la coseigneurie la plus importante. On peut un peu voir le seigneur majeur comme un syndic de copropriété. Hardouin de Fontaine, sire de Fontaine-Guérin, est chevalier dans la compagnie de Pierre de Bueil dont il épousera la fille alors âgée de moins de onze ans, en 1389. Le couple aura deux fils, dont Jean qui sera l'ancêtre du poète Racan. Honorat de Bueil (1589-1670), seigneur de Racan, nom qu'il associe à la Roche, est aussi poète, sous le nom de "Racan". Orphelin à 13 ans, il fut recueilli par des parents qui le placèrent comme page à la cour d'Henri IV. Il s'intéressa d'abord à la poésie, mais aussi à la musique et les mathématiques. En 1605, il fut présenté à Malherbe qui allait pour lui un maître et un ami. Il laissera une grande œuvre, les "Bergeries" (1619), une pastorale dramatique de près de 3?000 vers. Oeuvre jamais jouée en entier, mais qui fut un succès de librairie avec une douzaine de rééditions en 10 ans. Les plus beaux passages, comme les «Plaintes du vieil Alcidor», furent récités à l'hôtel de Rambouillet et dans tous les salons. Ses obligations militaires, il prit part aux guerres contre les protestants, l'éloignèrent de la cour et il finit par se retirer dans son château, mais en continuant d'entretenir une correspondance ses amis parisiens, Chapelain, Conrart et Ménage. Il sera un des premiers académiciens, nommés à la fondation de l'Académie Française par Richelieu (1634), il y fera le douzième discours. Il laissera des Mémoires pour la Vie de Malherbe (1651). Jacques II Gabriel est un maître maçon, issu d'une dynastie d'architectes normands. Il a été baptisé à Argentan le 16 octobre 1605. Il s'est ensuite établi à Saint-Paterne vers 1636, où il serait mort en 1662. L'un de ses enfants, Jacques V Gabriel (1667-1742), aura une production architecturale importante: Construction de l'hôtel de ville de Blois et du pont Jacques-Gabriel, des hôtels particuliers place Vendôme à Paris, construction des bâtiments de la Compagnie des Indes à Lorient, etc... En 1826, la comédienne Charlotte (dite Caroline) Vanhove, veuve du tragédien le plus célèbre de son temps, Talma, épouse le comte de Chalot, un cavalier ami de longue date, qui meure rapidement. Elle meurt à 90 ans, en 1860, dans son hôtel parisien. Aimé Bodin, professeur de rhétorique à Tours, commettra quelques ouvrages "Conciones Religieux et Monarchiques, ou Matières de discours français et latins pour la rhétorique, tirée de l'histoire sacrée et de l'histoire de France", ou encore "Distiques Moraux, et Sentences d'Ovide" avec la traduction en vers français... Un critique, du Mémorial Catholique, probablement un confrère, fera remarquer : "Les sujets de discours français et latins que M. Bodin publie pour la classe de rhétorique ne sont pas toujours présentés avec toute l'exactitude et la précision qu'on pourroit désirer...". Alphonse Huet, avocat, en 1850 proposera quelques modifications à la loi électorale, pour y apporter de la "stabilité" : - Les électeurs de 21 à 25 ans auront chacun une voix. - Les électeurs de 26 à 35 ans, chacun deux voix. - Ceux de 36 ans et au-dessus, chacun trois voix. Et cet honorable juriste fait remarquer : "N'est-il pas contraire à la morale, à la raison, à la justice, qu'un jeune homme de 21 ans ait, dans l'ordre politique, la même autorité, le même pouvoir que son père ?" Et il en prend pour preuve que ce même jeune homme ne pourra pas se marier avant 25 ans, sans le consentement de son père. Et il insiste : "la société ne doit pas donner l'autorité aux plus jeunes, aux plus inexpérimentés, à peine de voir bientôt sombrer le vaisseau de l'État". Au passage, il relève le principal défaut du suffrage universel: Sa mobilité. Et pour preuve, il souligne que les élections de 1848, "toutes démocratiques et socialistes"; et celles de 1849, "presque toutes dans le sens opposé". Les Conseils de Préfecture étaient des organes de justice administrative. Les contentieux fiscaux représentaient une part très importante de leurs activités, et en particuler sur la patente et la contribution mobilière. Les Conseils de Préfecture furent supprimés en septembre 1926. Voir : "Louis Arnould - Racan (1589-1670) Histoire anecdotique et critique de sa vie et ses oeuvres - Slatkine Reprints - Genève 1970"
Français : Château de la Roche des Escotais (Indre-et-Loire)
Fiche Mérimée : PA00098095
Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2026-04-10
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